Écrire Il faut libérer la militante des droits humains Nassima al Sada

En mars 2021, la cour d’appel de Riyadh a confirmé la décision de justice à l’encontre de la défenseure saoudienne des droits humains Nassima al Sada, rendant définitive sa condamnation à une peine de cinq ans d’emprisonnement suivie d’une interdiction de voyager de cinq ans.

Nassima al Sada avait fait appel de sa condamnation en date du 25 novembre 2020, qui reposait sur la législation relative à la cybercriminalité mais ne précisait pas les infractions que la militante était censée avoir commises.

Nassima al Sada est détenue uniquement pour avoir milité pacifiquement en faveur des droits civils et politiques, et pour avoir plaidé en faveur des droits des femmes et de la suppression du système répressif de tutelle masculine.

Nassima al Sada, qui est militante, éducatrice aux droits humains et mère de trois enfants, a fait campagne en faveur des droits civils et politiques, des droits des femmes et des droits de la minorité chiite dans la province de l’Est, en Arabie saoudite, pendant de nombreuses années. Elle a présenté sa candidature pour les élections municipales en 2015, mais on lui a interdit d’y participer. Elle a également fait campagne pour que les femmes aient le droit de conduire et pour que le système répressif de tutelle masculine soit aboli.

Nassima al Sada a été maintenue en détention sans inculpation ni jugement de juillet 2018 jusqu’à sa première comparution devant un tribunal, en juin 2019. Elle a aussi été maintenue en détention à l’isolement de février 2019 jusqu’au début de l’année 2020. Au bout de plusieurs mois d’ajournements et de détention prolongée sans jugement, et en raison de pressions internationales croissantes, les procès de militantes incarcérées, dont Nassima al Sada, ont repris le 25 novembre 2020.

Les autorités saoudiennes continuent à détenir arbitrairement sans inculpation et à juger des personnes n’ayant fait qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et mener des activités en faveur des droits humains Parmi ces personnes figurent Mohammed al Bajadi, membre fondateur de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA) et éminent défenseur des droits humains, qui est détenu sans inculpation ni jugement depuis mai 2018, et Salman al Awda, un dignitaire religieux réformiste qui encourt la peine de mort pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions.

J'agis

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Sire,

En mars 2021, la cour d’appel de Riyadh a confirmé la décision de justice à l’encontre de la défenseure saoudienne des droits humains Nassima al Sada, rendant sa condamnation définitive, ce qui signifie que les voies de recours ouvertes à cette militante sont désormais épuisées. Cette condamnation, prononcée par le tribunal pénal de Riyadh le 25 novembre 2020, consistait en une peine de cinq ans d’emprisonnement (assortie d’un sursis partiel de deux ans), suivie d’une interdiction de voyager de cinq ans. Le jugement avait été rendu à l’issue d’un procès entaché de graves violations du droit de Nassima al Sada à une procédure régulière, notamment le maintien prolongé de cette femme à l’isolement, assimilable à une forme de torture.

Le calvaire de Nassima al Sada a commencé en juillet 2018. Elle a alors été arrêtée arbitrairement, puis détenue sans inculpation ni jugement pendant près de 12 mois. Au bout d’un an, elle a été inculpée au titre de la législation sur la cybercriminalité, mais sans que les infractions concernées soient précisées. Cela montre clairement que Nassima al Sada était poursuivie uniquement en raison de ses activités pacifiques de défense des droits humains, à savoir son plaidoyer en faveur des droits civils et politiques et du droit des femmes de conduire, avant que l’interdiction de conduire imposée aux femmes ne soit levée en juin 2018.

Nassima al Sada est une Saoudienne courageuse qui a consacré sa vie à mener des activités en faveur d’un changement pacifique. On le lui fait payer en lui infligeant une séparation douloureuse d’avec sa famille, un maintien à l’isolement et des violations persistantes de ses droits. Elle n’aurait jamais dû être privée de liberté - sa place est avec sa famille, ses trois enfants, son époux souffrant, plus que jamais pendant le ramadan.

Je vous prie instamment de veiller à ce que Nassima al Sada soit libérée immédiatement et sans condition, et à ce que sa déclaration de culpabilité et sa peine soient annulées, car elle a été placée en détention et jugée uniquement pour avoir plaidé pacifiquement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Je vous appelle également à respecter le droit de circuler librement de Nassima al Sada en levant l’interdiction de voyager qui lui a été imposée pour les cinq prochaines années.

Je prie Votre Majesté d’agréer l’expression de ma très haute considération,

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