Le 27 décembre 2024, l’armée israélienne a arrêté arbitrairement le docteur Hussam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal Adwan à Mashrou Beit Lahiya, dans le gouvernorat de Gaza-Nord, ainsi que d’autres membres du personnel hospitalier et des patients qui recevaient des soins. Ce raid a mis hors service l’hôpital, qui était le dernier grand établissement encore opérationnel dans la région.
Auparavant, en octobre 2024, les forces israéliennes avaient fait une descente dans l’hôpital et arrêté des membres du personnel médical et des patients. Le 12 décembre 2023, les forces israéliennes avaient déjà mené un raid contre cet hôpital, arrêtant des membres du personnel et des patients.
De janvier à septembre 2024, l’hôpital a reçu des blessés venant du nord de Wadi Gaza, y compris de la ville de Gaza, qui ne pouvaient pas recevoir de soins médicaux ailleurs puisque l’armée israélienne avait établi le « corridor de Netzarim », qui a coupé en deux la bande de Gaza occupée.
Le personnel hospitalier a soigné des personnes blessées lors de ce que les Palestinien·ne·s appellent les « massacres de la farine », des attaques israéliennes menées contre des personnes affamées qui faisaient la queue pour obtenir de la farine et une aide, ou lors d’autres frappes et bombardements.
L’hôpital a également reçu et soigné des enfants et des nourrissons souffrant de malnutrition aigüe et de déshydratation. Durant toute cette période, le docteur Hussam Abu Safiya et ses collègues ont fourni à des organisations humanitaires et de défense des droits humains des informations fiables sur la situation sanitaire de la population dans le nord de Gaza.
Dans le cadre du génocide mené contre les Palestinien·ne·s à Gaza, Israël a arrêté arbitrairement et soumis à une disparition forcée des centaines de membres du personnel de santé de Gaza, sans inculpation ni procès. Ils sont victimes de torture et de mauvais traitements, détenus au secret ou soumis à des conditions s’apparentant à des disparitions forcées.
Comme de nombreux professionnel·le·s de santé avant lui, Hussam Abu Safiya a été arrêté alors qu’il s’occupait de ses patient·e·s et accomplissait sa mission médicale. Le 28 avril 2026, un tribunal de district israélien a approuvé la prolongation de sa détention arbitraire en vertu de la Loi relative aux combattants irréguliers, sans l’inculper d’aucune charge. Le 16 juin, la Cour suprême israélienne a rejeté le recours déposé par Hussam Abu Safiya demandant sa libération immédiate, et confirmé son maintien en détention arbitraire au moins jusqu’en octobre prochain.
Hussam Abu Safiya est détenu à l’isolement depuis le 3 juin, durée qui excède la limite de 15 jours consécutifs autorisés en vertu des Règles Nelson Mandela, et viole l’interdiction de la torture et de toute forme de mauvais traitements. Le Service pénitentiaire israélien lui refuse les soins dont il a besoin pour ses problèmes de santé.
Les attaques menées par les forces israéliennes ont gravement touché le personnel de santé et les établissements médicaux, et détruit le système de santé dans la bande de Gaza occupée. Tous les grands hôpitaux du gouvernorat de Gaza-Nord se trouvent à l’intérieur de la « ligne jaune », actuellement sous contrôle opérationnel total des forces israéliennes et des gropues armés locaux qu’elles soutiennent.