Écrire Il faut mettre fin à la détention arbitraire de deux hommes expulsés

Le 4 juillet, Nyo Myint et Enrique Arias Hierro ont été expulsés depuis une base militaire américaine de Djibouti vers Djouba, au Soudan du Sud, dans le cadre de la campagne d’expulsions de masse menée par le gouvernement des États-Unis, et sont depuis lors arbitrairement maintenus en détention dans un lieu tenu secret.

Si certaines sources crédibles indiquent qu’ils se trouvent sous la garde du Service national de la sûreté, aucune information officielle concernant le lieu où se trouvent actuellement ces deux hommes n’a été partagée avec leurs avocats.

Amnesty International demande aux autorités sud-soudanaises de révéler immédiatement où sont détenus Nyo Myint and Enrique Arias Hierro, de leur accorder un accès régulier, et sans surveillance, à une représentation devant la justice, notamment à des avocats locaux, et de préciser immédiatement quelles sont les bases juridiques de leur détention.

Au début de l’année, le président américain Donald Trump a lancé une campagne d’expulsion massive visant des millions d’immigrants et de personnes en quête de sécurité. C’est dans ce contexte que huit hommes – dont un seul était sud-soudanais – ont été expulsés vers le Soudan du Sud après une bataille juridique qui a duré plusieurs semaines. Deux de ces huit hommes ont depuis lors été libérés, tandis que Jesus Munoz-Gutierrez a été renvoyé au Mexique.

En vertu du droit international, le gouvernement des États-Unis est tenu de veiller à ce que ses politiques d’immigration ne bafouent pas les droits humains et n’aggravent pas le risque de violations sur ce terrain. Si les États-Unis ont le pouvoir de réglementer l’immigration, ils doivent le faire dans le respect de leurs obligations internationales en matière de droits humains.

En juillet 2025, le média Politico a indiqué que les expulsions des États-Unis vers le Soudan du Sud s’inscrivent dans une tentative du gouvernement sud-soudanais de négocier la levée des sanctions imposées au premier vice-président, Benjamin Bol Mel, dans le but de révoquer les restrictions de visa visant les ressortissants sud-soudanais, de réactiver un compte bancaire à la Réserve fédérale de New York et de soutenir les poursuites engagées par l’État contre le premier vice-président et chef de l’opposition, Riek Machar, qui est toujours assigné à résidence. En septembre, un média a affirmé que les autorités sud-soudanaises ont nié l’existence du moindre accord avec les États-Unis concernant l’accueil de ressortissant·e·s de pays tiers.

L’espace civique permettant la participation à la vie publique continue d’être menacé et la participation à des activités civiques légitimes a donné lieu à des arrestations arbitraires, des détentions prolongées, des actes de torture et des exécutions extrajudiciaires. Les acteurs et les autorités chargés de la sécurité au Soudan du Sud, en particulier le Service national de sûreté, harcèlent et prennent systématiquement pour cible les membres de la société civile et les personnes critiques à l’égard du gouvernement.

Le 3 juillet 2024, le Parlement du pays a adopté le projet de loi de 2024 portant modification de la loi de 2014 sur le Service national de la sûreté, qui vise à renforcer les pouvoirs dont celui-ci abuse, notamment en lui permettant d’arrêter des personnes avec ou sans mandat.

Tout au long du conflit ayant éclaté au Soudan du Sud le 15 décembre 2013, le Service national de la sûreté est devenu de plus en plus puissant, agissant comme une force de police de facto au service des élites au pouvoir. Le Service national de la sûreté et la Direction du renseignement militaire ont incarcéré des centaines de personnes, principalement des hommes, dans divers centres de détention à travers le pays.

Amnesty International a recensé des cas de torture et d’autres formes de mauvais traitements dans au moins trois des principaux centres de détention de la capitale, Djouba.

L’organisation a également enregistré les cas de personnes détenues et menacées par le Service national de la sûreté pour avoir librement exprimé leur opinion critique à l’égard du gouvernement ou pour avoir été perçues comme agissant contre les intérêts des élites au pouvoir.

Les proches des détenus peuvent devenir des personnes suscitant l’intérêt des autorités, ce qui augmente le risque qu’ils soient surveillés et éventuellement arrêtés si le Service national de la sûreté désapprouve leurs propos ou leur comportement.

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