Écrire Il faut mettre un terme à la répression menée contre les jeunes militant·e·s

Les militant·e·s à Madagascar sont pris pour cibles dans le cadre de la répression qui vise les manifestations et les actions militantes menées par des jeunes, en violation de leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Herizo Andriamanantena, Carine Rakotomanantoanina, Rija Andriamalala et Nomena Elia Ratsihorimanana sont détenus arbitrairement sur la base d’accusations vagues, tandis que Harnelle Rakotobe et Arimamy Todisoa risquent de subir le même sort depuis qu’ils font l’objet d’accusations sans fondement.

Les autorités doivent immédiatement libérer toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits humains et mettre un terme aux mesures de harcèlement et d’intimidation, aux menaces et à la répression dans le pays.

À Madagascar, la junte militaire a pris le pouvoir en octobre 2025 à la suite de manifestations menées pendant l’année par la jeunesse, qui réclamait une amélioration des services publics, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, ainsi qu’une gouvernance plus efficace et plus inclusive.

Le nouveau pouvoir, qui avait pourtant promis des réformes, a durci la répression sous prétexte de lutter contre la corruption et de mener une politique de tolérance zéro ; il a invoqué des chefs d’accusation vagues, tels que le complot criminel, les menaces à la sécurité nationale et la déstabilisation, en vue de cibler et de réduire au silence les jeunes militant·e·s, les membres de la société civile et les personnes liées au précédent régime.

Deux jeunes militant·e·s précédemment placés en garde à vue par la Brigade criminelle sont toujours sous surveillance dans l’hôpital où ils ont été conduits pour recevoir des soins médicaux, tandis qu’on ignore quel sort a été réservé à deux autres jeunes arrêtés dans la nuit du 15 avril.

J'agis

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Monsieur le Président,

Je souhaite vous faire part de ma vive inquiétude concernant le durcissement de la campagne de répression que mène votre gouvernement contre les jeunes militant·e·s et les membres de la société civile. Cette inquiétude est flagrante dans les cas de Herizo Andriamanantena, Carine Rakotomanantoanina, Rija Andriamalala et Nomena Elia Ratsihorimanana, détenus arbitrairement et inculpés en vertu de lois très générales et détournées, portant sur l’« association de malfaiteurs », l’« atteinte à la sûreté de l’État » et la « déstabilisation de l’État ».

D’autres, comme Harnelle Rakotobe et Arimamy Todisoa, risquent de subir le même sort.
Le 12 avril, le militant Herizo Andriamanantena a été arrêté après avoir participé à un rassemblement pacifique le 7 avril et des manifestations initiées par la jeunesse les 10 et 11 avril à Antananarivo, la capitale, pour réclamer une amélioration des services publics dans le pays et une gouvernance plus inclusive et efficace. Herizo Andriamanantena a été placé en détention dans les locaux de la Brigade criminelle sur la base d’accusations vagues d’« association de malfaiteurs » et « atteinte à la sûreté de l’État ».

Ces chefs d’inculpation sont invoqués dans le but de criminaliser l’exercice de ses droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Tout aussi préoccupant, Herizo Andriamanantena a été détenu au secret pendant trois jours, et ses avocats travaillent désormais sous surveillance constante, ce qui avive les inquiétudes quant à son droit d’être assisté par un avocat.

Parallèlement, Harnelle Rakotobe, à la tête de l’ONG Ivorary, qui travaille sur la bonne gestion des affaires publiques et la protection des droits fondamentaux, a été victime d’intimidations répétées de la part de l’unité de lutte contre la cybercriminalité et de militaires liés à la présidence, et risque désormais de subir le même sort que Herizo Andriamanantena ou, pire, que celui des militant·e·s victimes de disparitions forcées et dont on reste sans nouvelles. Elle est notamment accusée d’avoir reçu des fonds destinés à financer votre assassinat, uniquement en raison de son amitié avec un proche d’un ancien sénateur et de ses propos francs sur la période de transition que traverse le pays. Arimamy Todisoa fait l’objet d’accusations similaires.

Ces affaires illustrent une pratique plus vaste de répression exercée sous forme d’intimidation, de détention arbitraire et de disparition forcée. Ces pratiques autoritaires constituent des violations flagrantes des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, et visent à instiller un climat de peur et à faire taire la dissidence pacifique.

Je vous prie de libérer immédiatement et sans condition Herizo Andriamanantena, Carine Rakotomanantoanina, Rija Andriamalala et Nomena Elia Ratsihorimanana, ainsi que tous les militant·e·s détenus au seul motif qu’ils ont exercé leurs droits fondamentaux, et de mettre un terme aux menaces de détention et de poursuites qui pèsent sur Harnelle Rakotobe et Arimamy Todisoa.

Enfin, je vous demande, ainsi qu’à votre gouvernement, de mettre fin à la campagne d’arrestations arbitraires, de détentions et d’accusations à caractère politique, et de faire respecter les droits de tous dans le pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

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