Écrire Il faut protéger les défenseur·e·s vénézuéliens des droits humains

Le 13 octobre 2025, Yendri Velásquez et Luis Peche, deux défenseurs vénézuéliens des droits humains, ont été victimes d’une attaque armée à Bogotá.

Plus de trois mois après, ils dépendent toujours des mesures de protection temporaires et limitées fournies par l’Unité nationale de protection (UNP) et le bureau du maire de Bogotá, bien que l’UNP ait promis de mettre en œuvre des mesures de protection globales et stables à la suite de l’attaque.

Nous appelons les autorités colombiennes à garantir une protection complète et efficace pour Yendri et Luis.

Les Vénézuéliens et Vénézuéliennes sont confrontés à une grave crise des droits humains depuis plus d’une décennie. Au cours de cette période, Amnesty International a relevé de graves violations des droits humains et crimes de droit international – y compris des crimes contre l’humanité – ainsi qu’une situation d’urgence humanitaire complexe qui a poussé plus de 25 % de la population à fuir le pays.

Depuis les élections présidentielles de juillet 2024, la répression contre les défenseur·e·s des droits humains, les opposant·e·s politiques et les personnes considérées comme dissidentes s’est intensifiée. Au moins 2 200 personnes ont été placées en détention arbitrairement pour des raisons politiques en quelques jours, dont certaines ont été soumises à une disparition forcée, et les autorités ont systématiquement eu recours à des procédures pénales arbitraires sur la base d’accusations infondées, notamment de « terrorisme ».

Au 19 janvier 2026, au moins 777 personnes se trouvaient toujours en détention arbitraire pour des raisons politiques selon l’ONG vénézuélienne Foro Penal. Parmi elles figure Danner Barajas, ressortissant colombien qui a été arrêté arbitrairement le 7 novembre 2024 et soumis à une disparition forcée pendant plusieurs mois. Il est actuellement détenu à la prison Rodeo I au Venezuela.

La Colombie est devenue la principale destination des Vénézuéliens et Vénézuéliennes en quête de protection internationale ; environ 2,9 millions d’entre eux résidaient dans le pays selon Migración Colombia (autorité de l’immigration) à la fin du mois de novembre 2025. Bien que les autorités colombiennes aient adopté des mesures pour régulariser leur situation administrative, des obstacles considérables persistent tout au long de ces procédures.

En outre, les autorités ne parviennent toujours pas à reconnaître que les personnes fuyant le Venezuela ont besoin et ont droit à une protection internationale en raison des graves risques pour leur vie, leur sécurité et leur liberté en cas de retour.

Même s’il n’est pas la principale voie pour rester en Colombie, le système colombien d’asile et de détermination du statut de réfugié est gravement engorgé et incapable de satisfaire comme il se doit les obligations de protection du pays. Les demandeurs et demandeuses d’asile sont confrontés à des délais très longs et des restrictions d’accès à des droits essentiels, comme celui de travailler dans l’attente d’une décision, qui s’ajoutent à d’autres obstacles.

Dans ce contexte, les défenseur·e·s vénézuéliens des droits humains en exil, qui font partie des personnes les plus exposées à des risques et ayant le plus besoin d’une protection internationale, continuent de lutter pour exercer leur droit de défendre les droits fondamentaux.

J'agis

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Monsieur le Directeur,

Je vous écris pour vous faire part de ma vive inquiétude face à la situation de Yendri Omar Velásquez Rodríguez et Luis Alejandro Peche Arteaga, deux défenseurs vénézuéliens des droits humains qui ont été attaqués le 13 octobre 2025 à Bogotá. Dès son arrivée en Colombie, Yendri Velásquez a demandé une protection internationale en raison des violations des droits humains commises contre lui par les autorités vénézuéliennes. Il a fui son pays pour éviter de subir encore la répression. Luis Peche, qui possède la double nationalité vénézuélienne et colombienne, encourt également des risques parce qu’il s’est exprimé au sujet de la situation des droits humains au Venezuela et qu’il a milité politiquement.

À cause de l’absence de protection internationale malgré ses demandes aux autorités colombiennes, Yendri Velásquez a des difficultés pour accéder à des services essentiels tels que les soins médicaux et un lieu d’hébergement, ce qui augmente les risques auxquels il est exposé.

À Bogotá, Yendri Velásquez et Luis Peche ont continué d’exercer leur droit de défendre les droits fondamentaux, jusqu’à ce qu’ils soient attaqués par des individus armés non identifiés le 13 octobre. Blessés par plusieurs balles, ils ont dû être soignés en urgence. Depuis, les autorités colombiennes – le bureau du maire de Bogotá, l’Unité nationale de protection (UNP) et la police nationale – leur ont accordé des mesures de protection temporaires en raison des risques évidents qu’ils encourent.

Il apparaît depuis le début que l’UNP est l’organisme public qui porte principalement la responsabilité de protéger Yendri Velásquez et Luis Peche. Amnesty International, dont Yendri Velásquez est membre, a été informé que la procédure administrative visant à évaluer leur risque et à définir des mesures de protection stables avait commencé. Cependant, Yendri Velásquez et Luis Peche ne bénéficient encore que de mesures temporaires qui sont insuffisantes face à leur situation et pourraient être levées à tout moment.

Je vous appelle à faire avancer au plus vite la procédure d’évaluation du risque pour Yendri Velásquez et Luis Peche, afin que des mesures de protection complètes, stables et personnalisées leur soient accordées. Ces mesures doivent être convenues avec eux et répondre pleinement à leur situation précise, notamment leur statut de défenseurs vénézuéliens des droits humains vivant en exil en Colombie.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma haute considération

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