Les Vénézuéliens et Vénézuéliennes sont confrontés à une grave crise des droits humains depuis plus d’une décennie. Au cours de cette période, Amnesty International a relevé de graves violations des droits humains et crimes de droit international – y compris des crimes contre l’humanité – ainsi qu’une situation d’urgence humanitaire complexe qui a poussé plus de 25 % de la population à fuir le pays.
Depuis les élections présidentielles de juillet 2024, la répression contre les défenseur·e·s des droits humains, les opposant·e·s politiques et les personnes considérées comme dissidentes s’est intensifiée. Au moins 2 200 personnes ont été placées en détention arbitrairement pour des raisons politiques en quelques jours, dont certaines ont été soumises à une disparition forcée, et les autorités ont systématiquement eu recours à des procédures pénales arbitraires sur la base d’accusations infondées, notamment de « terrorisme ».
Au 19 janvier 2026, au moins 777 personnes se trouvaient toujours en détention arbitraire pour des raisons politiques selon l’ONG vénézuélienne Foro Penal. Parmi elles figure Danner Barajas, ressortissant colombien qui a été arrêté arbitrairement le 7 novembre 2024 et soumis à une disparition forcée pendant plusieurs mois. Il est actuellement détenu à la prison Rodeo I au Venezuela.
La Colombie est devenue la principale destination des Vénézuéliens et Vénézuéliennes en quête de protection internationale ; environ 2,9 millions d’entre eux résidaient dans le pays selon Migración Colombia (autorité de l’immigration) à la fin du mois de novembre 2025. Bien que les autorités colombiennes aient adopté des mesures pour régulariser leur situation administrative, des obstacles considérables persistent tout au long de ces procédures.
En outre, les autorités ne parviennent toujours pas à reconnaître que les personnes fuyant le Venezuela ont besoin et ont droit à une protection internationale en raison des graves risques pour leur vie, leur sécurité et leur liberté en cas de retour.
Même s’il n’est pas la principale voie pour rester en Colombie, le système colombien d’asile et de détermination du statut de réfugié est gravement engorgé et incapable de satisfaire comme il se doit les obligations de protection du pays. Les demandeurs et demandeuses d’asile sont confrontés à des délais très longs et des restrictions d’accès à des droits essentiels, comme celui de travailler dans l’attente d’une décision, qui s’ajoutent à d’autres obstacles.
Dans ce contexte, les défenseur·e·s vénézuéliens des droits humains en exil, qui font partie des personnes les plus exposées à des risques et ayant le plus besoin d’une protection internationale, continuent de lutter pour exercer leur droit de défendre les droits fondamentaux.