PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS
Monsieur le Procureur général,
Je vous écris afin de vous faire part de ma vive inquiétude face à la détention arbitraire et à la sécurité de trois défenseurs des droits humains, Jaime Domingos Chimbamba Mussinda (connu sous le nom de Jaime MC), Edgar Cláudio et João Luanda.
Jaime MC est le coordinateur national de l’équipe juridique et du comité d’aide aux victimes du Movimento Cívico Mudei, un mouvement de la société civile angolaise qui recense les violations des droits humains et aide les victimes dans leur quête de justice. Edgar Cláudio et João Luanda sont membres de l’équipe en charge de la communication du mouvement.
Le 12 mai, tous trois se trouvaient à Benfica, un quartier de Luanda, et recueillaient des informations sur les violations des droits des vendeuses de rue (appeées zungueiras en Angola), à la suite de plusieurs plaintes de ces femmes faisant état de violences lors d’opérations de contrôle. Leur travail portait sur des informations selon lesquelles les marchandises saisies auprès de ces vendeuses non déclarées étaient emmenées sans inscription sur un registre, avis de saisie ni autre papier officiel.
Alors que les trois hommes effectuaient ce travail de documentation, un homme non identifié – qui serait lié aux services de contrôle de Benfica – s’est emparé du téléphone de Jaime MC et a agressé Edgar Cláudio, lui assénant plusieurs coups de poing et gifles. Au lieu de conduire l’agresseur au poste, les policiers présents sur les lieux ont arrêté les trois hommes et les ont emmenés à l’ancien poste de Controlo do Benfica, à Luanda. Tous trois ont été retenus pendant cinq heures au poste et auraient été soumis à des pressions psychologiques et à des interrogatoires violents.
Des vidéos et des photographies prises par Edgar Cláudio et João Luanda ce jour-là sur leur travail avec les zungueiras, qui auraient pu servir de preuves de l’agression, auraient également été supprimées de leurs téléphones. Les trois hommes ont été libérés le jour même, sans avoir été inculpés d’aucune infraction, fait l’objet d’une procédure ni avoir reçu d’explications claires quant à leur arrestation.
L’arrestation et la détention arbitraires de Jaime MC, Edgar Cláudio et João Luanda, ainsi que l’agression dirigée contre Edgar Cláudio, soulèvent de vives inquiétudes quant aux actes d’intimidation et à la criminalisation des défenseur·e·s des droits humains en Angola en raison de leur travail. Amnesty International demeure préoccupée par la sécurité des trois hommes et le risque qu’ils soient de nouveau arrêtés et pris pour cibles du fait de leur travail.
Je vous prie de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que Jaime Mussinda, Edgar Cláudio et João Luanda soient protégés contre tout nouvel acte d’intimidation, de harcèlement, de représailles et d’arrestation arbitraire, de détention et de poursuites en lien avec leur travail légitime en faveur des droits humains.
Je vous demande également de veiller à ce qu’une enquête approfondie, indépendante, impartiale et efficace soit menée sur l’agression qu’a subie Edgar Cláudio et sur la détention arbitraire de Jaime Mussinda, Edgar Cláudio et João Luanda, en vue de traduire en justice les responsables présumés.
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma très haute considération.
LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : portugais
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.