Écrire Il faut protéger trois défenseurs des droits humains arrêtés

ACTION URGENTE

Le 12 mai 2026, les défenseurs des droits humains Jaime Domingos Chimbamba Mussinda, Edgar Cláudio et João Luanda ont été arrêtés et conduits par la police à l’ancien poste de Controlo do Benfica à Luanda, capitale de l’Angola.

Au moment de leur arrestation, les trois hommes recueillaient des informations sur des violations commises contre des vendeuses de rue, que l’on appelle zungueiras en Angola. Ils ont ensuite été retenus au poste pendant cinq heures, sans être clairement informés du motif de leur détention, avant d’être relâchés sans inculpation.

Les autorités angolaises doivent immédiatement ouvrir une enquête sur leur détention arbitraire et veiller à ce qu’ils soient protégés contre tout nouvel acte d’intimidation, de harcèlement ou de représailles en raison de leur travail en faveur des droits humains.

En Angola, les vendeuses de rue, couramment appelées zungueiras, ont signalé à plusieurs reprises des atteintes à leurs droits lors des opérations de contrôle et de police, notamment des actes de harcèlement, des violences, la saisie de marchandises, des mesures d’intimidation et des traitements dégradants. Ces préoccupations ne sont pas des cas isolés.

En 2023, environ 400 zungueiras se sont rassemblées à Luanda pour protester contre la réorganisation des marchés informels et se sont heurtées aux forces de police, équipées de chiens, de gaz lacrymogènes et de matraques, ce qui a fait plusieurs blessées parmi les manifestantes et les passant·e·s. Dans un tel contexte, les activités de défense des droits humains sont particulièrement importantes.

J'agis

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Monsieur le Procureur général,

Je vous écris afin de vous faire part de ma vive inquiétude face à la détention arbitraire et à la sécurité de trois défenseurs des droits humains, Jaime Domingos Chimbamba Mussinda (connu sous le nom de Jaime MC), Edgar Cláudio et João Luanda.

Jaime MC est le coordinateur national de l’équipe juridique et du comité d’aide aux victimes du Movimento Cívico Mudei, un mouvement de la société civile angolaise qui recense les violations des droits humains et aide les victimes dans leur quête de justice. Edgar Cláudio et João Luanda sont membres de l’équipe en charge de la communication du mouvement.

Le 12 mai, tous trois se trouvaient à Benfica, un quartier de Luanda, et recueillaient des informations sur les violations des droits des vendeuses de rue (appeées zungueiras en Angola), à la suite de plusieurs plaintes de ces femmes faisant état de violences lors d’opérations de contrôle. Leur travail portait sur des informations selon lesquelles les marchandises saisies auprès de ces vendeuses non déclarées étaient emmenées sans inscription sur un registre, avis de saisie ni autre papier officiel.

Alors que les trois hommes effectuaient ce travail de documentation, un homme non identifié – qui serait lié aux services de contrôle de Benfica – s’est emparé du téléphone de Jaime MC et a agressé Edgar Cláudio, lui assénant plusieurs coups de poing et gifles. Au lieu de conduire l’agresseur au poste, les policiers présents sur les lieux ont arrêté les trois hommes et les ont emmenés à l’ancien poste de Controlo do Benfica, à Luanda. Tous trois ont été retenus pendant cinq heures au poste et auraient été soumis à des pressions psychologiques et à des interrogatoires violents.

Des vidéos et des photographies prises par Edgar Cláudio et João Luanda ce jour-là sur leur travail avec les zungueiras, qui auraient pu servir de preuves de l’agression, auraient également été supprimées de leurs téléphones. Les trois hommes ont été libérés le jour même, sans avoir été inculpés d’aucune infraction, fait l’objet d’une procédure ni avoir reçu d’explications claires quant à leur arrestation.

L’arrestation et la détention arbitraires de Jaime MC, Edgar Cláudio et João Luanda, ainsi que l’agression dirigée contre Edgar Cláudio, soulèvent de vives inquiétudes quant aux actes d’intimidation et à la criminalisation des défenseur·e·s des droits humains en Angola en raison de leur travail. Amnesty International demeure préoccupée par la sécurité des trois hommes et le risque qu’ils soient de nouveau arrêtés et pris pour cibles du fait de leur travail.

Je vous prie de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que Jaime Mussinda, Edgar Cláudio et João Luanda soient protégés contre tout nouvel acte d’intimidation, de harcèlement, de représailles et d’arrestation arbitraire, de détention et de poursuites en lien avec leur travail légitime en faveur des droits humains.

Je vous demande également de veiller à ce qu’une enquête approfondie, indépendante, impartiale et efficace soit menée sur l’agression qu’a subie Edgar Cláudio et sur la détention arbitraire de Jaime Mussinda, Edgar Cláudio et João Luanda, en vue de traduire en justice les responsables présumés.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma très haute considération.

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