Dans l’après-midi du 24 juin 2026, deux séismes d’une magnitude respective de 7,2 et 7,5, ont frappé le nord du Venezuela. Ces séismes ont principalement touché des États densément peuplés, notamment ceux de La Guaira, Caracas, Carabobo, Falcón, Aragua, Miranda et Yaracuy. Le 29 juin, le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a déclaré qu’au moins 1 719 personnes avaient été tuées, 5 000 blessées et 15 000 déplacées de leur domicile.
Des centaines d’immeubles d’habitation et d’autres bâtiments se sont effondrés ou ont subi des dégâts structurels. Il est largement considéré que ces chiffres ne reflètent pas l’ampleur totale des dégâts humains et matériels causés par les séismes, tandis que des milliers de personnes continuent semble-t-il à manquer à l’appel et que des répliques continuent de se produire.
Le 25 juin, Amnesty International a diffusé un communiqué de presse alertant sur l’impact dévastateur que ces séismes risquaient d’avoir sur la population vénézuélienne, déjà confrontée à une situation d’urgence humanitaire complexe qui dure depuis une décennie, à une politique de répression systématique et, surtout, à l’effondrement du système de santé.
À cet égard, l’organisation a souligné que « l’accès à l’information, la liberté de la presse et la liberté d’expression ont été fortement restreints en raison d’années de censure d’État, ayant pris diverses formes, dont la fermeture de dizaines de médias, le blocage de plateformes de réseaux sociaux telles que X, et des poursuites en justice lancées contre des journalistes et des défenseur·e·s des droits humains.
Dans le contexte de la crise humanitaire actuelle, l’organisation souligne l’importance cruciale de lever immédiatement toutes les restrictions injustifiées pesant sur la presse, les plateformes de réseaux sociaux et des voies de communication en ligne essentielles.
L’impact potentiel d’une inaction en la matière pourrait se mesurer en vies perdues et en droits irrémédiablement bafoués. » Face à des informations publiques faisant état de restrictions et de censure persistantes à l’égard du travail des journalistes sur le terrain, cet appel reste essentiel pour une réponse humanitaire efficace et respectueuse des droits.
Amnesty International a par ailleurs déclaré que « les ONG humanitaires et de défense des droits humains opèrent actuellement dans un environnement extrêmement restrictif, conséquence d’un cadre juridique répressif visant à restreindre l’espace civique et à cibler toute forme d’opposition présumée. Afin de mettre en place un plan d’aide d’urgence efficace, les autorités vénézuéliennes doivent abroger immédiatement la loi dite anti-ONG ainsi que tous les autres mécanismes juridiques qui restreignent, contrôlent et limitent les activités légales et nécessaires de ces organisations de la société civile. »
Cet appel est devenu d’autant plus urgent qu’il s’agit de venir en aide aux groupes les plus vulnérables face aux discriminations et à la marginalisation, à savoir les enfants et les personnes âgées. L’organisation a recensé des informations suscitant de vives inquiétudes, selon lesquelles des enfants auraient potentiellement subi de graves violations des droits humains.
Amnesty International suit de près et de manière continue la situation dans le pays, en solidarité totale avec le peuple vénézuélien, les défenseur·e·s des droits humains, les ONG, les organisations de la société civile et toutes les personnes auxquelles cette catastrophe a causé des pertes tragiques.