Écrire Il faut relâcher des membres de la minorité ahmadie

Entre les 8 et 14 mars 2025, les autorités égyptiennes ont arrêté de manière arbitraire au moins quatre adeptes de la religion ahmadie de la paix et de la lumière, au seul motif qu’ils exerçaient pacifiquement leur droit à la liberté de religion.

Après des périodes de disparition forcée, les autorités ont traduit trois membres de cette minorité religieuse, Hussein Mohammed Al Tenawi, Omar Mahmoud Abdel Maguid et Hazem Saied Abdel Moatamed, devant le service du procureur général de la sûreté de l’État.

Des procureurs ont ordonné leur détention dans l’attente des résultats d’enquêtes sur des charges d’« appartenance à un groupe établi en violation du droit et de la Constitution », et les ont privés d’accès à un avocat de leur choix.

Les autorités égyptiennes doivent libérer immédiatement et sans condition tous les Ahmadi·e·s arbitrairement placés en détention, et cesser de prendre pour cible les minorités religieuses qui n’épousent pas les convictions religieuses autorisées par l’État.

En Égypte, les minorités religieuses, notamment les chrétiens coptes, les musulmans chiites et les baha’is, sont constamment en butte à la discrimination dans la législation et dans la pratique. Des membres de minorités religieuses, des personnes athées ou n’embrassant pas les convictions religieuses autorisées par l’État sont fréquemment convoqués et interrogés par l’Agence de sécurité nationale. D’autres sont menacés ou harcelés, notamment par leur établissement d’enseignement et en ligne.

Le courant de la religion ahmadie de la paix et de la lumière a été créé en 1993. Il suit les enseignements de l’imam Mahdi et considère l’imam Ahmed al Hassan comme son guide spirituel. La dernière vague de répression en date contre les Ahmadis a été déclenchée lorsqu’un membre de cette minorité a accroché une banderole faisant la publicité d’une chaîne de télévision ahmadie sur un pont piétonnier à Guizeh, début mars. Amnesty International a pu voir une photographie de la banderole suspendue au pont, sur laquelle figurait la fréquence de Zahra al Mahdi (« Le Mahdi est apparu »), une chaîne de télévision affiliée à la religion ahmadie, ainsi que la photo de son dirigeant.

Le 8 mars, les forces de sécurité ont arrêté l’homme qui avait accroché cette banderole. Il a été remis en liberté plus tard dans la journée sans inculpation, selon Imran Ali, évêque de la religion ahmadie en Égypte, qui vit au Royaume-Uni, et un autre Ahmadi qui a été en contact avec cet homme après sa libération. Les forces de sécurité auraient identifié Hussein Mohammed Al Tenawi, Omar Mahmoud Abdel Maguid et Hazem Saied Abdel Moatamed après avoir fouillé le téléphone de l’homme arrêté, et découvert un groupe Telegram dédié aux adeptes du groupe religieux en Égypte, dont ces trois hommes étaient membres, selon leurs proches et Imran Ali.

Ahmed Al Tenawi, un des deux Syriens demandeurs d’asile, a été illégalement expulsé vers la Syrie le 9 avril 2025. Des policiers l’ont arrêté le 11 mars avec son frère, Hussein Mohammed Al Tenawi. Le 22 avril, Hussein Mohammed Al Tenawi a informé ses avocats que des membres de l’Agence de sécurité nationale l’avaient soumis à la torture alors qu’il se trouvait au siège de celle-ci. Il a ajouté que les conditions à la prison du 10 de ramadan étaient mauvaises et qu’il ne recevait pas de quantités suffisantes de nourriture, et se voyait privé d’accès aux soins médicaux. Omar Mahmoud Abdel Maguid et Hazem Saied Abdel Moatamed ont eux aussi été victimes d’actes de torture, notamment de chocs électriques, selon leur avocat.

Selon Imran Ali, au moins quatre autres membres de la minorité religieuse ont été arrêtés dans des cas distincts au cours du mois de mars. L’évêque basé au Royaume-Uni a déclaré que trois d’entre eux lui ont envoyé un message pour lui dire qu’ils étaient sur le point d’être arrêtés. Il n’a depuis lors reçu aucun nouvelle de la part de ces hommes.

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