Écrire Il faut relâcher un ukrainien ayant des besoins spécifiques en matière de santé mentale

Andriy Chepitsen, ressortissant ukrainien, est détenu par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) au centre de traitement des services de Krome Nord depuis décembre 2025.

Il souffre de troubles bipolaires, ainsi que d’autres problèmes de santé mentale. Il est privé de soins et traitements médicaux et psychologiques essentiels, et se trouve dans un état de dépression aigu accompagné d’idées suicidaires. Il a entamé une grève de la faim le 10 février en réaction aux mauvais traitements qui lui ont été infligés.

Amnesty International demande qu’Andriy Chepitsen soit libéré immédiatement, afin qu’il puisse bénéficier de soins adéquats, dans le but de prévenir toute détérioration supplémentaire de sa santé, voire son décès.

Andriy Chepisten, 46 ans, est un ressortissant ukrainien détenu au centre de traitement des services de Krome Nord. Depuis qu’il a été placé en détention par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) en décembre 2025, Andriy a perdu 20 kg, et sa tension artérielle est dangereusement basse. Il n’est plus capable de marcher non accompagné, et sa santé mentale continue à se détériorer car il est privé de soins indispensables.

Des militant·e·s ont demandé de manière répétée à des gardiens du centre de le conduire dans un hôpital pour une évaluation médicale. Ces requêtes ont été rejetées. Les gardiens ont même refusé de lui fournir du sel pour qu’il l’ajoute à son eau afin de satisfaire ses besoins de base en électrolytes. Son état de santé est désormais critique.

La procédure d’immigration d’Andriy Chepisten a été marquée par des irrégularités. Le cabinet d’avocats Sanctuary of the South (SOS), qui le représente, a déposé une demande de libération conditionnelle pour raisons humanitaires il y a plusieurs mois, mais elle est restée lettre morte.

Il a complètement manqué sa première audience, les gardiens ne l’ayant pas conduit au tribunal, ce qui a nécessité l’organisation d’une nouvelle audience. On lui a refusé une libération sous caution en janvier 2026, malgré des éléments attestant qu’il ne représentait pas de danger pour la société ni de risque de fuite, et en dépit de l’urgence manifeste de ses besoins de santé et du manquement de l’ICE au devoir d’y répondre. Une audience visant à déterminer ses capacités mentales qui avait été prévue pour le 4 mars 2026 - une rare lueur d’espoir - a été reportée au 17 avril.

Le centre de traitement des services de Krome Nord, en Floride, est un lieu de détention de l’ICE dans le comté de Miami-Dade dans la ville de Miami, aux abords des Everglades. Le fonctionnement quotidien du centre est actuellement confié à Akima Global Services, LLC, qui gère l’établissement depuis plus de 10 ans. C’est l’un des plus anciens et des plus grands centres de détention de l’ICE aux États-Unis.

Krome fonctionne comme un centre de traitement de courte durée et un centre classique de détention pour les migrant·e·s et les personnes en quête d’asile. Ce rôle hybride a mené à une augmentation du nombre de personnes se trouvant sur place, et donné lieu à une détérioration des conditions de détention.

Depuis plusieurs décennies, des organisations, des avocat·e·s et des prestataires de services directs dénoncent les conditions de détention à Krome, notamment la surpopulation sévère, le manque chronique d’accès à des soins médicaux de qualité lié à plusieurs morts en détention, des traitements dégradants et abusifs, et des manquements aux procédures compromettant le droit des personnes à une représentation juridique et à une procédure régulière.

En 2025, cet établissement a fait l’objet d’une attention accrue après que la grave surpopulation et plusieurs décès ont été relayés. Amnesty International a fait état de retards dans les procédures d’admission, d’un surpeuplement dans les zones temporaires d’enregistrement, de soins médicaux inadéquats et inaccessibles, de pratiques disciplinaires alarmantes, notamment le recours à la détention à l’isolement pour des périodes prolongées, de difficultés d’accès à une représentation légale, et de non-respect des procédures.

L’organisation considère que les conditions de détention prévalant au centre s’apparentent à des traitements cruels, inhumains ou dégradants, et que le recours à la détention à l’isolement pour une durée prolongée à Krome constitue un acte de torture ou un mauvais traitement.

Des recherches effectuées par Amnesty International ont permis de déterminer que les personnes détenues à Krome sont confrontées à de graves obstacles à l’accès à des soins médicaux adéquats, notamment l’absence de traitement et des retards dans l’examen et la prise en charge de problèmes de santé.

Depuis décembre 2024, au moins cinq personnes sont mortes en détention à Krome - Ramesh Amechand, Genry Ruiz Guillen, Maxym Tcherniak, Isidro Pérez et Hasan Ali Mohd Saleh –, ce qui suscite de fortes craintes en matière d’accès à des soins de santé de qualité dans ce centre.

Sous le gouvernement de Donald Trump, le recours à la détention liée à l’immigration aux États-Unis a fortement augmenté. En février 2026, plus de 68 000 personnes étaient détenues par l’ICE – un chiffre largement considéré comme une sous-estimation parce qu’il n’inclut pas les milliers de personnes se trouvant dans des centres de traitement de l’ICE de courte durée, des bureaux de terrain de l’ICE, en détention provisoire dans le système fédéral ou dans d’autres établissements.

À l’heure où le gouvernement étend la capacité d’hébergement des centres de détention de l’ICE, les conditions de détention se détériorent très fortement. Au moins 14 personnes sont mortes en détention aux mains de l’ICE depuis début octobre 2025.

Les autorités des États-Unis doivent mettre fin à leur système d’expulsions et de détention massives.

J'agis

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Monsieur le directeur,

J’ai appris avec inquiétude qu’Andriy Chepisten (A# : 231-831-046), un ressortissant ukrainien, est privé de soins et traitements médicaux et psychologiques essentiels au centre de traitement des services de Krome Nord, où il se trouve depuis décembre 2025.

Il a été établi que cet homme souffre de graves troubles bipolaires et dépressifs, et d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Comme vous le savez certainement, ces troubles nécessitent des soins psychiatriques constants, une gestion médicamenteuse et un suivi thérapeutique.

Depuis qu’il a été placé en détention par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), Andriy Chepisten n’a quasiment pas reçu de soins de santé mentale. Il est notamment alarmant qu’il soit privé depuis le tout début de sa détention du traitement médicamenteux psychiatrique lui ayant été prescrit. Cela a mené à une dépression extrême accompagnée d’idées suicidaires, qu’il a signalées au personnel de Krome à plusieurs occasions. Il est très préoccupant que cet établissement n’ait pris aucune mesure pour lui fournir les soins médicaux et de santé mentale dont il a besoin.

Le 10 février, il a entamé une grève de la faim afin de protester contre les conditions de sa détention et pour demander sa libération. Il n’a rien mangé depuis lors. Andriy Chepisten a besoin en urgence de soins médicaux et de santé mentale, dont il ne peut bénéficier de manière adéquate qu’en dehors de son lieu de détention. Faute de soins adaptés, sa vie est en danger.

Je vous exhorte à garantir qu’Andriy Chepisten soit immédiatement remis en liberté et qu’il bénéficie des soins médicaux et de santé mentale dont il a absolument besoin.

Veuillez agréer, Monsieur le directeur, l’expression de ma haute considération.

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