Écrire Il faut révéler ce qu’il est advenu d’un détenu

Alexandre Dydovytch a été soumis à une arrestation arbitraire le 17 décembre 2015. Son épouse a pu correspondre avec lui jusqu’au 16 avril, alors qu’il se trouvait dans un centre de détention non officiel des Services de sécurité ukrainiens. On ignore où il se trouve et ce qui lui est arrivé, et sa sécurité suscite de vives craintes.

Le 17 décembre 2015, un tribunal de Kostyantynivka, dans la région de Donetsk (est de l’Ukraine), a déclaré Alexandre Dydovytch coupable d’avoir transmis des informations aux séparatistes pro-Russie à Donetsk à propos des mouvements des forces ukrainiennes. Alexandre Dydovytch a avoué et plaidé coupable. Il a été condamné à une peine de trois ans avec sursis et remis en liberté dans la salle d’audiences. Cependant, selon son épouse, quelques instants plus tard, deux hommes en tenue de camouflage l’ont abordé, l’ont forcé à monter à bord d’une voiture et ont démarré.

La femme d’Alexandre Dydovytch a expliqué que le 18 décembre, elle s’est rendue dans le camp des Services de sécurité ukrainiens (SBU) à Kramatorsk, une ville et centre administratif à une trentaine de kilomètres de Kostyantynivka, afin de savoir ce qui lui était arrivé. Les gardiens ont confirmé qu’Alexandre Dydovytch était incarcéré sur place. Elle a été autorisée à amener des colis alimentaires et à échanger des lettres avec son époux une fois par semaine, mais elle n’a jamais reçu d’explication officielle sur les raisons de sa détention. La dernière lettre qu’elle a reçue date du 16 avril. En vertu du droit ukrainien, les SBU ne sont pas habilités à maintenir quiconque en détention sauf dans leur unique centre de détention officiel à Kiev, la capitale, et seulement pour une durée ne pouvant excéder 10 jours.

Le 20 avril, les gardiens ont dit à l’épouse d’Alexandre Dydovytch qu’il était malade et n’avait pas mangé la nourriture qu’elle avait amenée, et que ce n’était pas la peine qu’elle revienne. Ils ne lui ont donné aucune explication concernant son état de santé ni le lieu où il se trouve actuellement, et quand elle a appelé le numéro direct des SBU, on lui a conseillé de contacter le bureau local du procureur, à Kostyantynivka, ce qu’elle a fait.

Elle a également déposé une plainte officielle auprès des SBU le 20 avril et a reçu une réponse datant du 25 avril indiquant que les SBU « n’ont pas détenu Dydovytch Alexandre Olexeïevytch entre le 17 décembre et le 21 avril 2016 ».
L’épouse d’Alexandre Dydovytch a déposé un second recours auprès du bureau du procureur à Kostyantynivka, qui a alors ouvert une enquête sur sa disparition. Le 10 juin, un enquêteur a rendu visite à sa mère pour comparer son écriture dans ses cahiers d’écolier avec les lettres que sa femme avait reçues, et a confirmé qu’il s’agissait de l’écriture de la même personne.

L’enquête se poursuit, mais la famille d’Alexandre Dydovytch ignore toujours où il se trouve et ce qui lui est arrivé depuis avril.

Amnesty International a précédemment reçu des informations crédibles imputant la détention illégale d’individus, ainsi que des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements de détenus aux deux camps dans le conflit ayant lieu dans l’est de l’Ukraine. En juin 2016, Amnesty International a envoyé une lettre aux Services de sécurité ukrainiens (SBU) reprenant certaines allégations fondées concernant des membres de cet organe. Dans leur réponse, les SBU ont nié maintenir quiconque en détention dans leurs locaux, à l’exception de leur centre de détention provisoire à Kiev. Des cas de disparition forcée et de détention illégale signalés par Amnesty International et d’autres aux autorités ukrainiennes depuis le début du conflit armé dans l’est du pays au printemps 2014 n’ont pas donné lieu à des enquêtes approfondies.

En mars 2016, des délégués du Sous-comité des Nations unies pour la prévention de la torture ont abrégé une visite en Ukraine parce que les autorités ne les ont pas autorisés à accéder à certains des sites de détention dans lesquels ils souhaitaient se rendre, en particulier dans le bâtiment des Services de sécurité ukrainiens à Kramatorsk. Malcolm Evans, chef de la délégation, a souligné que l’équipe avait été empêchée de se rendre dans certains lieux alors qu’existaient à leur propos de nombreuses allégations graves selon lesquelles des personnes y avaient été incarcérées et des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements avaient pu s’y produire.

Voir : http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=54041#.V2q5xrsrJhE

La Mission des Nations unies de surveillance des droits de l’homme en Ukraine a par ailleurs évoqué le recours à la détention au secret, ainsi qu’à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements dans l’est de l’Ukraine, notamment dans le cadre de cas signalés fin 2015 et début 2016 impliquant essentiellement les Services de sécurité ukrainiens.

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