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Monsieur le Ministre
Je vous écris pour vous faire part de ma vive inquiétude pour Phumzile Dlamini, une femme de 70 ans qui habite à Mambazo, un village de Mhlambanyatsi (district de Hhohho), qui subit un harcèlement persistant lié à une procédure de relocalisation dans le cadre de l’extension d’une plantation forestière.
En 2014, l’entreprise de foresterie Montigny Investments a acheté à Usutu Forest Products Company Limited (une entreprise du groupe Sappi) les forêts entourant la zone où vit Phumzile Dlamini. Au cours des deux dernières années, elle a engagé une procédure d’expulsion afin de chasser les habitant·e·s – dont la plupart considèrent cette zone comme leur terre ancestrale – pour laisser place à l’extension d’une plantation forestière.
Amnesty International estime que les documents de relocalisation/indemnisation et les réunions liées s’inscrivent dans un processus plus vaste concernant de nombreuses familles à Maplazini et Mambazo, et que les habitant·e·s sont soumis à des pressions pour signer des documents présentés comme un accord de « relocalisation volontaire ».
Phumzile Dlamini a subi des pressions et des tentatives répétées depuis avril 2024 au moins, dans le but d’obtenir sa signature. Le 21 mai, des policiers se sont présentés chez elle et lui ont demandé avec insistance de signer un document de « relocalisation volontaire » rédigé par l’entreprise, ce qu’elle a refusé. Cet épisode suscite de sérieuses craintes d’intimidation et de pression visant à se procurer un consentement soi-disant « volontaire » sur une question concernant le logement et les moyens de subsistance d’une personne.
Les normes internationales en matière de droits humains interdisent les expulsions forcées et exigent que toute relocalisation de personnes ou de populations fasse suite à l’application de plusieurs garanties juridiques et procédurales contre les expulsions forcées, notamment un processus de consultation en bonne et due forme des personnes concernées, un délai raisonnable et une indemnisation juste et suffisante.
Les États doivent veiller à ce qu’aucune personne ne se retrouve sans abri à la suite d’une expulsion. Tenter d’obtenir une signature en ayant recours à de l’intimidation par le biais de la police est contraire aux garanties internationales contre les expulsions forcées.
Je vous appelle à prendre sans délai des mesures pour faire cesser l’ingérence et l’intimidation de la police à l’encontre de Phumzile Dlamini, pour que les policiers et autres fonctionnaires arrêtent immédiatement de la contacter afin qu’elle signe les documents de relocalisation, et pour la protéger du harcèlement, de l’intimidation et des représailles.
Je vous demande en outre d’instaurer des garanties contre les expulsions forcées et de vous assurer qu’aucune relocalisation/expulsion touchant Phumzile Dlamini et son entourage n’ait lieu si elle ne respecte pas pleinement les garanties internationales relatives aux droits humains qui empêchent les expulsions forcées, y compris la protection contre la privation de logement et d’autres atteintes aux droits fondamentaux.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.
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