Écrire Halte aux attaques contre les personnes critiquant l’application des lois sur l’immigration

Après la mort de deux personnes victimes de tirs d’agents des services fédéraux de l’immigration dans le Minnesota, David Streever a adressé un courriel à Todd Lyons, alors directeur par intérim du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), pour exprimer son indignation le 26 janvier.

En juin, des agents des services de l’immigration se sont présentés à son domicile situé dans l’État de New York, alors qu’il se trouvait à l’étranger, pour lui remettre un « avertissement » selon lequel il était soupçonné d’avoir « menacé » Todd Lyons.

Le cas de David Streever s’inscrit dans un ensemble croissant de personnes dont les critiques à l’égard de l’application des lois sur l’immigration donnent lieu à des mises en demeure du gouvernement, y compris des requêtes administratives. Ces actions menacent leur droit à la liberté d’expression.

Les autorités doivent cesser de cibler et d’intimider les personnes qui critiquent l’application des lois sur l’immigration.

En décembre 2025, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a lancé l’opération « Metro Surge » dans le Minnesota. Plus de 4 000 agents fédéraux ont été envoyés sur place pour s’en prendre aux habitant·e·s d’origine somalienne et à d’autres populations immigrées racisées. Auparavant, le président Donald Trump avait qualifié les personnes d’origine somalienne de « déchets » qui « prennent complètement le contrôle du Minnesota, qui était un État formidable ». Cette opération a donné lieu à de nombreuses violations des droits humains, notamment un profilage racial généralisé, des détentions arbitraires, une surveillance illégale, la répression des manifestations et un recours excessif à la force, y compris à une force meurtrière contre trois personnes.

Des vidéos montrant des agents de l’immigration se livrant à des interactions violentes et fatales ont été largement diffusées et partagées dans les médias. Outré par les actions du gouvernement, un habitant de l’État de New York, David Streever, a adressé à un courriel le 26 janvier au directeur par intérim de l’ICE à l’époque, Todd Lyons, pour lui faire part de son indignation. Dans son message, intitulé « Quelle est la prochaine étape ? », il comparait Todd Lyons à un criminel de guerre nazi et affirmait que la protection qu’il avait apportée aux personnes ayant tué Renee Good et Alex Pretti lui donnerait un sentiment de « honte » qui le « tourmenterait jusqu’à son dernier jour sur terre ».

Cinq mois après, des agents du Bureau d’enquête sur la sécurité intérieure (HSI) se sont présentés au domicile de David Streever, qui se trouvait alors à l’étranger. Ils ont remis à son épouse un document à son intention, indiquant qu’il « pourrait avoir commis une infraction au droit fédéral » en raison du courriel qu’il avait envoyé. Cet avertissement faisait allusion à son courriel, présenté comme menaçant, et soulignait qu’il était « illégal » de se livrer à des « tentatives d’entrave, d’intimidation et/ou d’ingérence à l’égard d’un responsable fédéral [...] en raison de l’exercice de ses fonctions ».

Lorsque David Streever est rentré aux États-Unis, des agents fédéraux ont suivi ses déplacements jusqu’à un hôtel de New York où il a passé une nuit en arrivant à l’aéroport. Un agent a laissé sa carte de visite à la réception de l’hôtel ainsi que des consignes pour qu’il le rappelle. Depuis qu’il a reçu l’avertissement, David Streever a peur de critiquer le gouvernement, par crainte d’une escalade des représailles.

Son cas s’inscrit dans une pratique récurrente du DHS visant à étouffer les voix discordantes, notamment en émettant des requêtes administratives auprès d’entreprises technologiques, notamment de réseaux sociaux et de messagerie électronique. Ces requêtes administratives consistent à demander des informations sur les activités en ligne et des éléments biographiques d’utilisateurs et utilisatrices ayant critiqué les actions et les méthodes du gouvernement en matière d’application des lois sur l’immigration.

Le recours du gouvernement des États-Unis à des requêtes administratives et des avertissements suscite de vives inquiétudes quant au risque d’atteinte au droit à la liberté d’expression par leur effet d’intimidation et au droit au respect de la vie privée tel que défini par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que les États-Unis ont signé et ratifié.

Amnesty International craint que ces mises en demeure ne visent à intimider et réduire au silence des personnes qui ne font qu’exercer leur droit d’exprimer librement leurs préoccupations relatives aux violations des droits humains commises lors des opérations de l’ICE.

J'agis

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Monsieur le Secrétaire à la Sécurité intérieure

Je vous écris pour vous demander de mettre fin aux manœuvres d’intimidation visant David Streever, notamment en annulant l’avertissement émis à son encontre. Comme vous le savez probablement, le 23 juin 2026, des agents du Bureau d’enquête sur la sécurité intérieure (HSI) se sont présentés au domicile de David Streever, dans l’État de New York, pour lui remettre un « avertissement » selon lequel il était soupçonné d’avoir « menacé » Todd Lyons lorsque celui-ci était directeur par intérim du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) et d’avoir ainsi enfreint la législation fédérale.

Je trouve que cet avertissement est inquiétant et qu’il représente une menace pour la liberté d’expression, surtout qu’il fait suite uniquement à un courriel que David Streever a envoyé en janvier 2026 après les homicides de Renee Good et Alex Pretti par des agents de l’ICE et du Service des douanes et de la protection des frontières (CBP) dans le Minnesota. Dans ce courriel, il avait exprimé son indignation et sa vive préoccupation concernent les méthodes violentes de ces deux organes.

David Streever se trouvait à l’étranger lorsque les autorités ont tenté de lui remettre l’avertissement. Il a donc été perturbé d’apprendre que, à son retour aux États-Unis, un agent du HSI avait fait des recherches pour le localiser dans l’hôtel où il passait la nuit et laissé sa carte de visite sur place. Comme vous en conviendrez certainement, cette situation suscite des inquiétudes quant au respect de la vie privée.

Je constate avec préoccupation qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Plusieurs organes de presse, membres du Congrès et organisations non gouvernementales ont également signalé que certaines personnes ayant dénoncé en ligne les violations commises par l’ICE avaient été visées par un avertissement ou une requête administrative en raison de leur militantisme.

Il s’agit là de manœuvres d’intimidation pour museler la contestation et empêcher la diffusion d’informations. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que les États-Unis ont ratifié, protège le droit de toute personne de ne pas être inquiétée pour ses opinions et son droit de ne pas faire l’objet d’immixtions arbitraires et illégales dans sa vie privée.

Je vous appelle à annuler l’avertissement émis à l’encontre de David Streever ainsi qu’à protéger son droit d’exprimer librement ses opinions sans être inquiété, à cesser d’émettre des avertissements et des requêtes administratives visant des personnes qui exercent pacifiquement leur droit à la liberté d’expression ainsi qu’à annuler ceux qui ont été émis, et à respecter les droits de toutes les personnes au respect de la vie privée et à la liberté d’expression.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire à la Sécurité intérieure, l’expression de ma haute considération.

VOS APPELS : anglais Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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