Écrire Incursion paramilitaire dans une zone humanitaire

Un groupe de paramilitaires a pénétré dans la zone humanitaire de Nueva Esperanza en Dios, dans le bassin du fleuve Cacarica, dans le nord-ouest de la Colombie. Ils cherchaient plusieurs personnes qui d’après eux figurent sur une liste de personnes à abattre. L’augmentation de l’activité paramilitaire dans cette région met en danger les habitants de la zone humanitaire et les personnes qui les accompagnent.

Le matin du 12 février, huit paramilitaires armés habillés en noir, dont certains portaient une cagoule, ont pénétré dans la zone humanitaire afro-colombienne de Nueva Esperanza en Dios, dans la municipalité de Riosucio (département de Chocó). Des témoins affirment qu’un nombre indéterminé de paramilitaires sont également présents aux alentours de la zone humanitaire. D’après les habitants, les paramilitaires, qui appartiennent apparemment au groupe Autodefensas Gaitanistas de Colombia (AGC), ont fouillé chaque maison de la communauté, dont une utilisée par l’ONG Commission Justice et paix (Comisión Intereclesial de Justicia y Paz), qui accompagne la communauté. Ils cherchaient un groupe de personnes qui d’après eux seraient sur une liste de personnes à abattre et ont dit que s’ils ne les trouvaient pas, ils reviendraient le lendemain. Les paramilitaires sont partis au bout de quelques heures. Pendant qu’ils se trouvaient dans la zone humanitaire, les paramilitaires communiquaient entre eux par radio.

Le même jour, une troupe de soldats de l’armée est arrivée dans la zone humanitaire aux alentours de 17 heures. Les membres de la communauté leur ont demandé de rester en bordure de la zone humanitaire. Bien que les soldats soient actuellement aux abords de la zone humanitaire, la communauté a déclaré que l’armée quitterait le périmètre de la zone le 13 février. Les membres de la communauté affirment que c’est la première fois que des troupes de l’armée se trouvent dans la région depuis qu’on a commencé à rapporter il y a presque deux semaines une présence paramilitaire dans la région de Cacarica.

En 1997, dans le cadre de l’« opération Génesis », une opération militaire coordonnée par la brigade XVII, des paramilitaires ont déplacé de force près de 3 000 membres de communautés afro-colombiennes du bassin du fleuve Cacarica. La majorité d’entre eux ont amorcé des modalités de retour dans le bassin du fleuve Cacarica au début des années 2 000.

Afin de garantir leur sécurité, en raison des menaces de mort qui pèsent sur eux et des violations de leurs droits humains par les forces de sécurité et les paramilitaires, les membres des communautés ont créé deux zones humanitaires – Nueva Esperanza en Dios et Nueva Vida –, et ont instamment demandé que leurs droits en tant que civils restent en dehors du conflit. Depuis leur retour, les communautés afro-colombiennes font toujours l’objet de menaces constantes et d’autres violations des droits humains.

Depuis le début du processus de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia, FARC), et en particulier depuis septembre 2015, on a observé une augmentation de l’activité paramilitaire dans la région de Cacarica, ainsi qu’ailleurs dans le pays. En effet, plusieurs groupes armés cherchent à prendre le contrôle de certains des territoires auparavant contrôlés par les FARC, qui procèdent actuellement à la démobilisation et au désarmement après être parvenues à un accord avec le gouvernement fin 2016.
Noms : zone humanitaire de Nueva Esperanza en Dios, autres communautés afro-colombiennes du bassin du fleuve Cacarica, leurs dirigeants, et des membres de l’ONG Commission Justice et paix

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