Écrire Une initiative diplomatique est nécessaire pour résoudre la crise

La grève nationale qui a débuté le 28 avril 2021 se poursuit, avec des centaines de mobilisations un peu partout dans le pays. Les autorités ont réagi en stigmatisant les personnes qui manifestent et en recourant à la force de manière excessive, commettant des violations des droits humains et de potentiels crimes de droit international.

Alors que la situation s’aggrave, et après une visite de travail en Colombie de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, les États membres de l’Organisation des États américains (OEA) n’ont toujours pas pris de mesures pour contribuer à la résolution de cette crise.

Amnesty International appelle le Département d’État des États-Unis à engager une initiative diplomatique au sein de l’OEA pour étudier et proposer des solutions fondées sur les droits humains pour la Colombie.

Une grève nationale (Paro Nacional) a débuté le 28 avril, déclenchée par un projet de réforme fiscale du président Iván Duque destiné à augmenter les recettes fiscales pour faire face à la crise économique qui, après un an de ralentissement économique dû à la pandémie de COVID-19, s’est encore aggravée.

Cette grève nationale reprend également plusieurs revendications que la société civile colombienne a exprimées lors de manifestations similaires à la fin de l’année 2019, appelant les autorités à mettre un terme aux assassinats de défenseurs et défenseures des droits humains, à respecter les Accords de paix, et à mettre en place un système de santé accessible, sûr et complet ainsi qu’une réforme approfondie de la police. La population réclame désormais aussi qu’il soit mis fin à la répression policière lors des manifestations.

Au 31 mai, selon les estimations d’organisations locales de défense des droits humains, 45 personnes avaient été tuées par des membres des forces de l’ordre, et 25 personnes avaient été victimes de violences sexuelles, six de violences liées au genre, 1 649 de détentions arbitraires et 65 de lésions oculaires. Dans un rapport publié le 24 mai, la Fiscalía General de la Nación (organe de l’État qui déclenche la procédure pénale, mène l’enquête et prononce l’inculpation) a fait état de 129 « disparitions ».

Amnesty International a confirmé l’authenticité de vidéos sur lesquelles on voit la police colombienne utiliser des armes létales et faire usage sans discernement d’armes à létalité réduite, comme les gaz lacrymogènes, les canons à eau et d’autres équipements, contre les manifestantes et manifestants dans plusieurs régions du pays. Certaines de ces armes ont été fabriquées aux États-Unis.

Le 28 mai, le secrétaire d’État des États-Unis a rencontré la vice-présidente et ministre colombienne des Affaires étrangères, et a dit avoir « réaffirmé le droit incontestable des citoyens de manifester pacifiquement » et « exprimé son inquiétude et ses condoléances pour les vies perdues lors des manifestations ».
Du 8 au 10 juin, plus de trois semaines après avoir déposé une demande officielle de visite en Colombie, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a pu effectuer une visite de travail dans le pays.

Pour le moment, aucun État membre n’a appelé le Conseil permanent de l’Organisation des États américains à obtenir des informations de première main sur la situation, ni à réaliser une étude ou à offrir ses bons offices pour proposer des solutions à la crise des droits humains en Colombie.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Monsieur le Secrétaire d’État,

Je vous écris pour vous faire part de mon extrême inquiétude face à l’aggravation de la situation en Colombie. Depuis le 28 avril, la population descend dans la rue pour refuser un projet de réforme fiscale et réclamer une amélioration importante des politiques sanitaires, sociales et économiques du gouvernement. Celles et ceux qui manifestent appellent également les autorités à mettre fin aux assassinats de défenseurs et défenseures des droits humains dans le pays et à mettre pleinement en œuvre les Accords de paix.

La réaction du gouvernement, très dure, est allée de la stigmatisation des manifestants à un usage excessif de la force par les forces de sécurité, responsable de dizaines de cas d’exécutions extrajudiciaires présumées, de disparitions forcées, de détentions arbitraires, de torture et autres traitements cruels et inhumains et de violences liées au genre, entre autres. Il s’agit là de violations des droits humains et de potentiels crimes de droit international.

En outre, des informations dignes de foi font état de paramilitarisme urbain : des individus en civil, agissant avec l’assentiment et la tolérance des forces de sécurité, ont tué et blessé des manifestants dans plusieurs villes.

Un mois et demi après le début de la grève nationale, il est particulièrement inquiétant que les États membres de l’Organisation des États américains (OEA) n’aient toujours pas réagi. Ce silence des États membres a coûté la vie à des dizaines de personnes et risque d’avoir pour conséquence une aggravation de la situation dans un pays connu pour les conflits qui l’ont malheureusement marqué.

Il est temps que les États membres prennent des mesures concrètes pour aider à surmonter cette crise.

En conséquence, je vous appelle à engager une initiative diplomatique régionale au sein de l’Organisation des États américains pour étudier et proposer des solutions à la crise actuelle en Colombie qui soient fondées sur les droits humains.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire d’État, l’expression de ma haute considération,

LANGUE(S) À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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