Écrire Ivan Koulech risque d’être exécuté d’un moment à l’autre

Le 29 mars, la Cour suprême du Bélarus a confirmé la peine capitale prononcée à l’encontre d’Ivan Koulech. Le dernier recours qu’il reste à cet homme est une grâce présidentielle, qu’il a peu de chances d’obtenir. Ivan Koulech risque donc d’être exécuté d’un moment à l’autre.

Ivan Koulech a été condamné à mort le 20 novembre 2015 par le tribunal de la région de Grodno pour « meurtre commis avec une cruauté particulière » et vol qualifié. Il a été déclaré coupable d’avoir tué trois vendeuses, en 2013 et 2014, et d’avoir volé des biens et de l’argent dans les magasins où elles travaillaient. Il est la deuxième personne à avoir été condamnée à mort au Bélarus en 2015.

Lors du procès en appel, l’avocat de la défense a demandé que la peine capitale soit remplacée par une peine de 25 ans de réclusion étant donné que son client avait coopéré sans réserve à l’enquête. Le ministère public a estimé qu’il n’y avait aucune raison d’accéder à cette demande et le tribunal a confirmé le jugement initial.

Le Bélarus n’a ôté la vie à aucun condamné pendant un an mais Ivan Koulech risque désormais d’être exécuté à tout moment. Même si son avocat sollicite une grâce, il est fort probable que le président Loukachenko rejette la demande comme il l’a fait systématiquement, à une exception près, depuis son arrivée au pouvoir en 1994. Ivan Koulech pourrait être exécuté en secret peu après l’annonce de la décision, comme cela se pratique généralement au Bélarus.

Le Bélarus est le dernier pays d’Europe et de l’ex-Union soviétique à procéder encore à des exécutions.

Les condamnations à mort y sont souvent prononcées à l’issue de procès iniques qui s’appuient sur des « aveux » obtenus sous la contrainte. Les exécutions se déroulent dans le plus grand secret, sans que les prisonniers, leurs familles ou leurs avocats n’en soient informés dans un délai raisonnable, et les autorités refusent de remettre les corps des condamnés à leurs proches ou même de leur dire où ils ont été inhumés. Le Bélarus continue de procéder à des mises à mort bien que le Comité des droits de l’homme (Nations unies) l’ait plusieurs fois appelé à s’en abstenir tant qu’il n’aurait pas examiné ces affaires. En novembre 2012, le Comité a conclu que l’application de la peine capitale dans ce pays bafouait les droits fondamentaux des condamnés et de leurs familles.

En s’abstenant de rendre publiques des informations complètes sur le recours à cette sanction, notamment des statistiques exhaustives quant au nombre de condamnations à mort prononcées et d’exécutions effectives, les autorités empêchent un débat public éclairé sur cette question et font obstacle au mouvement en faveur de l’abolition. À ce jour, 140 pays ont aboli la peine capitale en droit ou dans la pratique. Trois autres États – Fidji, Madagascar et le Suriname – sont devenus abolitionnistes pour tous les crimes en 2015.

Nom : Ivan Koulech
Homme

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