Au Zimbabwe, les journalistes continuent d’être confrontés à des manœuvres d’intimidation, du harcèlement et des arrestations arbitraires pour leur travail. Le 18 mars, le journaliste d’investigation Watson Munyaka a été tué, vraisemblablement en étant jeté d’une voiture en marche à Marondera, dans la province du Mashonaland-Est. Chercheur et journaliste pour Dug Up, un média connu pour ses enquêtes politiques sur la corruption, il aurait été enlevé puis conduit à Marondera, où son corps a été retrouvé avec toutes ses affaires sur lui.
La Constitution de 2013 du Zimbabwe garantit le droit à la liberté d’expression et la liberté de la presse. Le Zimbabwe est également tenu, conformément à ses obligations internationales en matière de droits humains, de protéger les droits fondamentaux et la liberté de la presse et de créer un environnement propice pour l’exercice d’un journalisme libre et indépendant, notamment en respectant, en protégeant, en promouvant et en concrétisant les droits à la liberté d’opinion et d’expression tels que garantis par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et par l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, deux traités auxquels le Zimbabwe est partie.
Ce n’est pas la première fois que Blessed Mhlanga est pris pour cible par les autorités en raison de son travail de journaliste. En mai 2022, il a été arrêté et accusé de « trouble à l’ordre public » après avoir filmé l’arrestation de l’ancien député de l’opposition Job Sikhala. La police l’aurait frappé à coup de poing, aurait brisé son téléphone et l’aurait arrêté alors qu’il leur avait signalé qu’il était journaliste. Il a par la suite été relaxé.