Écrire Les autorités doivent révéler le sort d’un homme disparu

Les autorités ukrainiennes refusent toujours de révéler ce qui est arrivé à Kostiantine Beskorovaynyi et l’endroit où il se trouve. Cet homme a été arrêté le 27 novembre 2014 par des agents des services de sécurité à Kostiantynivka, dans l’est de l’Ukraine. Sa santé et sa sécurité suscitent de vives inquiétudes.

Le 27 novembre 2014 vers 14 heures, quatre hommes masqués armés de fusils automatiques sont entrés par effraction chez Kostiantine Beskorovaynyi, 58 ans, dans la région de Donetsk (est de l’Ukraine), et l’ont fait monter à bord d’une camionnette Volkswagen blanche non immatriculée, d’après ce que des voisins témoins de la scène ont rapporté à l’épouse de cet homme. Le lendemain, cette dernière a reçu un appel de son mari, qui lui a dit avoir été appréhendé en raison d’un discours qu’il avait prononcé lors d’un rassemblement public en mai 2014. Elle a ensuite entendu un autre homme prendre le téléphone et lui dire que son mari resterait en détention « en vue d’un complément d’enquête ». Elle n’a obtenu aucune autre information avant que la communication soit coupée et n’a aucune nouvelle depuis. Elle a signalé cette disparition auprès des agents d’un poste de police de la région, qui a ouvert une enquête, sans résultat jusqu’ici.

Le 19 décembre 2014 lors d’une conférence de presse, Markiyan Loubkivskyi – alors porte-parole des Services de sécurité ukrainiens (SBU) – a annoncé qu’un homme, qu’il a décrit comme un « communiste fou » membre du conseil municipal de Kostiantynivka, avait été arrêté en même temps que plusieurs autres conspirateurs pour avoir prévu d’empoisonner les sources d’eau de la région au cyanure. Kostiantine Beskorovaynyi n’a pas été explicitement cité mais celui-ci était le seul homme membre du conseil municipal représentant le parti communiste à cette époque.
Le 29 octobre 2015, son épouse a été contactée par un homme qui avait été incarcéré au centre de détention des SBU à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. Celui-ci lui a dit qu’il avait partagé sa cellule avec Kostiantine Beskorovaynyi et qu’il s’était mis en relation avec elle à la demande de ce dernier. Cette femme pense que c’est la vérité au vu des informations personnelles que cet ancien détenu lui a fourni au sujet de son mari et qu’il n’a pu obtenir qu’auprès de celui-ci.

Les proches de Kostiantine Beskorovaynyi ignorent toujours où il se trouve et ce qui lui est arrivé. Son épouse a cherché à en savoir plus auprès du bureau du procureur général et d’autres agences gouvernementales, y compris les SBU qu’elle a contactés en janvier dernier, mais tous lui ont répondu que son mari ne se trouvait pas dans leurs locaux et qu’aucune procédure pénale n’avait été lancée à son encontre. Elle craint donc pour la sécurité et le bien-être de celui-ci.

Une personne détenue au secret ne peut avoir aucun contact avec l’extérieur, y compris avec ses proches, des avocats et des médecins. Ce contexte est propice à la torture et autres mauvais traitements, ainsi qu’aux disparitions forcées. Les visites des avocats, des professionnels de la santé indépendants et de la famille sont nécessaires pour surveiller l’état de santé des prisonniers et leurs conditions de détention, ce qui contribue à éviter des violations des droits humains. Les gouvernements doivent s’assurer que tous les prisonniers soient amenés sans délai devant une autorité judiciaire indépendante après leur arrestation. Par la suite, ceux-ci doivent pouvoir contacter librement, rapidement et régulièrement leurs proches, des médecins et des avocats.

Amnesty International s’est entretenue avec des personnes anciennement détenues par les autorités ukrainiennes ou des groupes séparatistes dans le cadre du conflit dans l’est de l’Ukraine. L’organisation a recueilli des éléments crédibles témoignant de la fréquence et du caractère généralisé des violences, y compris des actes de torture et d’autres mauvais traitements, commises par ces deux camps à l’encontre de leurs prisonniers. Pour en savoir plus, consultez le rapport Breaking Bodies : Torture and Summary Killings in Eastern Ukraine (https://www.amnesty.org/en/documents/eur50/1683/2015/en/).

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