Les militant·e·s Hivda Selen, Sinem Çelebi et Doğan Nur faisaient partie de plus de 100 personnes arrêtées arbitrairement le jour de la marche des fiertés pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) d’Istanbul, le 29 juin. Si d’autres personnes ont été libérées tout en étant soumises à des mesures de contrôle judiciaire, ces trois militant·e·s ont été placés en détention provisoire le lendemain.
Il s’agissait de la première fois depuis l’interdiction des défilés de la marche des fiertés, en 2015, que des personnes arrêtées pour avoir exercé leur liberté de réunion pacifique en relation avec leur participation avérée ou présumée à cet événement, ont été placées en détention provisoire, ce qui signale une intensification de la répression du droit de réunion pacifique et des attaques visant le militantisme liés aux droits des personnes LGBTI.
Doğan Nur a été libéré le 30 juillet, après que son avocat a interjeté appel. Le 8 août, Sinem Çelebi et Hivda Selen ont également été relâchées lors de la première audience de l’action en justice visant 53 personnes dont elles, après que le tribunal a prononcé leur libération dans l’attente du procès.
Un grand merci à tous ceux et celles qui ont envoyé au procureur général d’Istanbul des appels réclamant la libération de ces trois militant·e·s et l’abandon des poursuites les concernant. Si l’action en justice se poursuit, la prochaine audience étant programmée pour le 24 décembre, nous nous réjouissons de la libération de ces trois militant·e·s qui étaient maintenus en détention provisoire.
Doğan Nur a envoyé le message ci-après afin de remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées pour lui : « Les pratiques répressives et dissuasives toujours plus étendues, associées aux détentions, sont devenues une forme de châtiment en Turquie. Dans ce climat, il est plus vital que jamais d’établir une solidarité sociale et de dénoncer l’illégalité croissante.
Concernant l’Action urgente lancée par Amnesty International en notre faveur, un grand nombre de personnes en ont entendu parler et se sont jointes à cette quête de justice, afin de garantir que cette détention illégale prend fin.
Je voudrais remercier Amnesty International et ses sympathisant·e·s pour leur contribution à ce processus. La solidarité nous permet de continuer ! »