Depuis le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont procédé à des milliers d’arrestations, notamment des manifestant·e·s, des dissident·e·s, des journalistes, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et des membres de minorités ethniques et religieuses. Dans le sillage de pratiques de longue date, elles les ont qualifiés de « traîtres » ou de « collaborateurs avec l’ennemi ». De hauts représentants de l’État, notamment Gholamhossein Mohseni Eje’i, responsable du pouvoir judiciaire, ont demandé des procès expéditifs et l’application rapide des châtiments, notamment des exécutions. Le 30 avril 2026, dans des déclarations diffusées par des médias affiliés à l’État, Gholamhossein Mohseni Eje’i a rejeté les appels mondiaux demandant la fin des exécutions.
Selon des informations dont Amnesty International a pris connaissance, émanant notamment de sources de première main, de défenseur·e·s des droits humains, de journalistes basés hors d’Iran et de personnes ayant accès aux informations en Iran, au moins 78 personnes sont sous le coup d’une condamnation à mort et risquent d’être exécutées pour des infractions à caractère politique. Quarante et une d’entre elles ont été arrêtées en lien avec les manifestations de janvier 2026 : Abdolreza Fathi, Abolfazl Hashemian, Abdolfazl Karimi, Abolfazl Salehi Siavashani, Ali Pishevarzadeh, Amir Mohammad Zare, Behrouz Zamaninejad, Bita Hemmati, Daniel Harouni, Davoud Aminzadeh, Ehsan Hosseinipour Hessarlou, Erfan Amiri, Hamidreza Fathi, Hamidreza Sabet-Ray, Hossein Ghaleh Beigi, Javad Talebpour, Kourosh Zamaninejad, Majid Nasiri, Mansour Jafari, Maryam Hodavand, Masih Abbaskhani Davanlou, Matin Mohammadi, Mehdi Eskanadari, Mobin Soltani, Mohammadreza Majidi Asl, Mohamadreza Tabari, Mohammad Abdollahpour, Mohammad (Babak) Naghizadeh, Moslem Heidari, Navid Shirani, Pejman Haghighian, Ramezan Asadi, Reza Hassanlou, Reza Moazeni, Saeed Zarei Kordshouli, Shahab Dadkhah, Shahab Zohdi, Shahin Soleimani, Yaser Mokhtari et Yaser Rajaifa, ainsi qu’une autre personne dont on ignore le nom. Parmi les personnes condamnées à mort, sept ont été interpellées en lien avec le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 : Armin Nourmohammadi, Farshid Hassanzehi, Fazel Bahramian, Mohammad Faraji, Mohammad Darvish Narouie, Mohsen Eslamkhah et Raouf Sheikh Maroufi ; ainsi qu’une personne en lien avec les manifestations nationales de novembre 2019 : Mohammad Javad Vafaei Sani.
Parmi les autres figurent 22 personnes risquant d’être exécutées en raison de leurs liens réels ou supposés avec des groupes d’opposition interdits : Abdolghani Shahbakhsh, Abdolrahim Ghanbarzehi Gorgij (Rahim Mirbaloch), Alireza Mardasi (Hamidavi), Eido Shahbakhsh, Ehsan Faridi, Farhad Baranzehi, Farshad Etemadifar, le ressortissant turc Hatem Özdemir, Hossein Shahouzehi, Issa Eid Mohammadi, Karim Khojasteh, Manouchehr Fallah, Mansour Jamali, Massoud Jamei (Bavi), Nasimeh Eslamzehi, Omran Aghal, Peyman (Amin) Farahavar, Reza Abdali, Soleiman Shahbakhsh, Zahra Shahbaz Tabari, Yousef Ahmadi, Younes Bakhshi ; et sept autres condamnées pour des affaires à caractère politique, notamment espionnage pour le compte d’Israël : Adham Naroui, Ahmadreza Djalali, Afshin Ghorbani Meishani, Ali Obeidavi, Gholamreza Khani Shekarab, Malek Davarshenas (Mousavi) et Pakhshan Azizi.
Parmi les personnes condamnées à mort qui figurent sur la liste susmentionnée, au moins cinq étaient mineures, âgés de moins de 18 ans, au moment de l’infraction reprochée : Matin Mohammadi, Erfan Amiri, Mohsen Eslamkhah et Soleiman Shahbakhsh, et Mansour Jafari.
Douze autres personnes risquent d’être de nouveau condamnées à la peine capitale, leurs déclarations de culpabilité et leurs sentences capitales ayant été annulées et leurs dossiers retransmis à des juridictions inférieures pour réexamen, notamment Abbas Derris, Ali (Souran) Ghassemi, Alireza Kafaei, Amir Mohammad Khoush Eghbal, Mehdi Imani, Milad Armoun, Mohammad Mehdi Hosseini, Kaveh Salehi, Pezhman Soltani, Rezgar Beigzadeh Babamiri et Teyfour Salimi Babamiri – tous dans le cadre d’affaires liées aux manifestations – et Verisheh Moradi, pour des accusations d’affiliation à des groupes d’opposition kurdes.
D’après les informations dont dispose Amnesty International, au moins 23 autres personnes, arrêtées dans le cadre des manifestations de janvier 2026, ont été menacées d’être condamnées à mort lors d’interrogatoires, et sont inculpées, mises en accusation, jugées ou dans l’attente d’un verdict pour des infractions passibles de la peine capitale.
Il s’agit d’Aban (Zeinab) Mousavi, Ahmad Khaksar Taraghi, Ali Azad, Ali Babri, Amirhossein Azarpira, Amir Mohammad Mojalal Choobari, Arman Marefati, Arashia Gheysar-Beigi, Artin Salari, Ashkan Maleki, Borna Naimi, Danial Niazi, Farzad Moradi, Hamed Mollahosseini, Hassan Mousavi, Hossein Mikhak Beiranvand, Ilya Ben-Rashid, Jamal Pourmand, Mahboubeh Shabani, Mehrdad Mohammadinia, Mohsen Abbaskhani Davanloo, Peyvand Naimi et Shervin Bagherian Jabali. Amnesty International mène actuellement des enquêtes sur d’autres cas signalés de condamnations à mort dans des affaires à caractère politique.
Depuis le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022, les autorités iraniennes recourent de plus en plus à la peine de mort comme instrument de répression politique afin d’instiller la peur parmi la population, et ont procédé à des milliers d’exécutions arbitraires à l’issue de procès des plus iniques pour toute une série d’infractions, notamment liées aux stupéfiants.
En 2025, Amnesty International a recensé 2 159 exécutions en Iran.
Depuis le 28 février 2026, des personnes reconnues coupables et condamnées à mort pour des accusations de meurtre et d’infractions à la législation sur les stupéfiants ont également été exécutées.
Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances. La peine de mort est une violation du droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.