Écrire Un membre de l’opposition tué par balle

Le 14 août, Mutotwe Kafwaya – ancien ministre et membre du parti d’opposition Alliance Tonse-Pamodzi – aurait été tué par balle lors d’une opération de sécurité menée par les forces étatiques à Lusaka, la capitale de la Zambie.

Les autorités n’ont confirmé sa mort que cinq jours plus tard, le 19 août. Sa famille n’avait jusqu’à cette date reçu aucune information des autorités quant à ce qui lui était arrivé et quant au lieu où il se trouvait.

Les autorités zambiennes doivent mener dans les meilleurs délais une enquête indépendante, impartiale, transparente et efficace sur les circonstances dans lesquelles se sont produits les coups de feu et l’homicide de Mutotwe Kafwaya, et veiller à ce que les personnes soupçonnées d’en être responsables soient traduites en justice dans le cadre de procès équitables.

Mutotwe Kafwaya est un ancien ministre. Il a occupé le poste de ministre des Travaux publics et des Équipements en 2018, puis celui de ministre des Transports et des Communications en 2019.

Le gouvernement affirme que l’opération de sécurité menée le 14 août visait un complot insurrectionnel et a annoncé que des armes de type militaire avaient été saisies sur place. Selon les communiqués officiels du gouvernement publiés par le secrétaire du gouvernement, Patrick Kangwa, le raid mené dans la nuit du « 13 août » 2026 était une opération conjointe dirigée par les services de police zambiens en collaboration avec des unités tactiques de l’armée, les services de renseignement de l’État (OP) et la Commission de lutte contre le trafic de stupéfiants (DEC). La police a dirigé l’opération, mais les Forces de défense zambiennes (en particulier des unités tactiques spécialisées et de commando) ont assuré une forte présence tactique.

L’État a justifié la participation de l’armée en mettant en avant des renseignements indiquant que cette opération visait une « cellule de milice » présumée et que trois des suspects interpellés étaient d’anciens membres de commando ayant suivi un entraînement militaire spécialisé.

La loi de 1973 relative aux services de renseignement de sécurité de la Zambie (chapitre 109) confère au Bureau du président le mandat, les pouvoirs et le cadre nécessaires pour recueillir et traiter les renseignements concernant les menaces à la sécurité nationale. Le déploiement présidentiel direct au titre de l’article 5 de la loi sur la défense ou les pouvoirs d’urgence constitutionnels interviennent à la suite de la déclaration officielle de l’état d’urgence ou en cas de menace publique nécessitant que l’armée prenne le contrôle d’une zone.

L’opération à Kabulonga s’est déroulée dans le contexte de la répression menée de manière générale contre les membres de l’opposition avant, pendant et après les élections législatives de 2026 en Zambie.

Entre fin juillet et mi-août, plusieurs personnalités et soutiens de l’opposition, notamment Kennedy Kamba, Harry (Valden) Findlay, Moses Ng’andwe, Felix Mangani Phiri, Winston Ngosa et Sebastian Kopulande, ont été arrêtés lors d’opérations distinctes menées à Lusaka. La police a déclaré que certains suspects faisaient l’objet d’une enquête depuis des années. Or, les arrestations ont eu lieu pendant la période électorale alors que les enquêtes étaient toujours en cours, semble-t-il, ce qui soulève des inquiétudes quant au caractère peut-être arbitraire des arrestations et à un éventuel non-respect des garanties procédurales et des normes internationales relatives à l’équité des procès.

J'agis

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Monsieur le Président de la République,

Je vous écris pour vous faire part de mes graves préoccupations au sujet des informations faisant état de la mort par balle de Mutotwe Kafwaya, le 14 août, lors d’une opération des forces de sécurité étatiques menée à Kabulonga, dans la banlieue de Lusaka, la capitale.

Le 14 août, les forces de sécurité étatiques ont mené une descente à Kabulonga, dans la banlieue de Lusaka, dans une propriété liée à Brian Mundubile, candidat à l’élection présidentielle et dirigeant du principal parti d’opposition, le Parti de la réconciliation nationale pour l’unité et la prospérité (NRPUP).

Au cours de cette opération, quatre personnes – toutes membres du NRPUP – ont été arrêtées.

Mutotwe Kafwaya, membre de l’Alliance Tonse-Pamodzi, qui soutient le NRPUP, a été vu en train d’être touché à deux reprises par des balles tirées par les forces de sécurité étatiques. On ignorait ce qu’il était devenu et où il se trouvait jusqu’à ce que les autorités annoncent son décès le 19 août, cinq jours plus tard.

Les autorités affirment que cette descente et ces arrestations ont eu lieu dans le cadre d’une enquête sur des faits d’insurrection, mais il semble plutôt qu’elles fassent partie de la répression motivée par des enjeux politiques lancée par les autorités pour laminer l’opposition et la dissidence pacifique.

Les proches de Mutotwe Kafwaya ont indiqué qu’il leur avait parlé pour la dernière fois le 14 août, et qu’ils n’ont ensuite reçu aucune information des autorités sur ce qui lui était arrivé et le lieu où il se trouvait. Le droit international relatif aux droits humains impose aux États l’obligation de respecter, protéger et garantir le droit à la vie, et de rendre compte des décès résultant d’un recours excessif à la force par les agent·e·s des forces de sécurité étatiques.

Je vous prie, ainsi que votre gouvernement, de veiller à ce qu’une enquête approfondie, indépendante, impartiale, transparente et efficace soit menée dans les meilleurs délais sur les circonstances dans lesquelles se sont produits les coups de feu et l’homicide de Mutotwe Kafwaya, notamment les circonstances dans lesquelles la force meurtrière a été utilisée afin de savoir si ce recours à la force était conforme aux principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité prescrits par le droit international relatif aux droits humains.

Je vous prie également, ainsi que votre gouvernement, de veiller à ce que les conclusions de l’enquête soient rendues publiques et à ce que toute personne soupçonnée d’être responsable de ces coups de feu et de cet homicide soit traduite en justice dans le cadre d’un procès équitable.

Je vous exhorte en outre, ainsi que votre gouvernement, à garantir l’accès à la justice et à des recours effectifs pour la victime et sa famille.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

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