Monsieur le Ministre,
Je vous écris pour vous faire part de mon inquiétude concernant la détention arbitraire de George Chisanga, ancien député et membre du parti d’opposition Alliance Tonse-Pamodzi.
Le 14 août, George Chisanga a été arrêté lors d’une opération de sécurité menée dans une propriété liée à Brian Mundubile, candidat de l’opposition à la présidence, à Lusaka, la capitale. George Chisanga a été arrêté en même temps que deux membres d’un autre parti d’opposition, le Parti de réconciliation nationale pour l’unité et la prospérité (NRPUP). Au cours de cette opération, une troisième personne, Mutotwe Kafwaya, membre de l’Alliance Tonse-Pamodzi, a été abattue par les forces de sécurité de l’État.
Après son arrestation, les autorités ont affirmé ne pas connaître le lieu où il se trouvait, jusqu’à ce que sa famille le retrouve au commissariat de Chelstone, à Lusaka, le lendemain. La famille de George Chisanga s’est d’abord vu refuser le droit de lui rendre visite.
Il est particulièrement préoccupant que George Chisanga soit maintenu en détention sans avoir été inculpé, et qu’il n’ait pas encore été présenté devant un tribunal. En vertu du droit international relatif aux droits humains, toute personne arrêtée doit être informée, au moment de son arrestation, des motifs de celle-ci, pouvoir immédiatement s’entretenir avec un avocat et sa famille, être présentée dans les meilleurs délais devant un tribunal indépendant et impartial, et être notifiée des infractions pénales reconnues qu’on lui reproche.
Les pouvoirs dont disposent les autorités zambiennes pour enquêter et, lorsqu’il existe des preuves suffisantes, poursuivre les auteurs présumés d’infractions pénales reconnues par le droit, notamment celles liées à la sécurité nationale, doivent être exercés dans le respect des obligations de la Zambie au titre du droit international relatif aux droits humains. La sécurité nationale ne peut servir de justification à une détention arbitraire ni à la restriction de l’exercice légitime des droits humains, notamment les droits à la liberté d’expression et d’association.
Compte tenu de ce qui précède, je demande aux autorités zambiennes de libérer immédiatement George Kangwa Chisanga, car il semble être détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits fondamentaux. En attendant sa libération, les autorités doivent veiller à ce qu’il puisse rencontrer ses avocats sans restriction et en toute confidentialité, et à ce qu’il puisse voir sa famille.
Je vous exhorte à mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires, et à veiller à ce que la justice pénale et les lois relatives à la sécurité nationale ne soient pas utilisées à mauvais escient dans le but de menacer, punir ou réduire au silence des opposant·e·s politiques et d’autres personnes exerçant leurs droits humains de manière pacifique.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
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