Écrire Un militant blessé par balle et détenu au secret

Le 28 juillet, Serrote José de Oliveira, militant de 33 ans, a été blessé par balle à la jambe par des hommes armés non identifiés alors qu’il diffusait en direct sur Internet la première journée d’une grève à Luanda, en Angola.

Après un bref passage à l’hôpital, il a été emmené de force par des policiers au poste municipal de Talatona, et on est sans nouvelle de lui depuis lors. Amnesty International déplore que Serrote José de Oliveira ait été soumis à une arrestation arbitraire, privé de soins médicaux adéquats et détenu au secret.

Amnesty International demande aux autorités angolaises de révéler immédiatement où se trouve Serrote José de Oliveira, de lui garantir un accès à tous les soins médicaux dont il a besoin, à sa famille et à un avocat, et de le libérer immédiatement à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction reconnaissable.

Des groupes de la société civile en Angola ont appelé à des manifestations nationales à partir du 12 juillet 2025, en réponse à la décision du gouvernement d’augmenter les prix du diesel de plus de 30 %. Ces manifestations reflétaient la frustration généralisée face à la hausse du coût de la vie et aux pressions économiques croissantes auxquelles sont confrontés les Angolais·e·s.

Le premier jour des manifestations (le 12 juillet), la police a réprimé les manifestant·e·s en recourant à une force injustifiée et excessive, et a arrêté au moins 12 personnes à Luanda.
Le 19 juillet, le militant Osvaldo Kaholol, 36 ans, a été arrêté quelques heures avant une autre action de protestation prévue à Luanda, après avoir été accusé d’incitation à la violence, pour avoir semble-t-il participé à la diffusion en direct d’une action visant à mobiliser les citoyen·ne·s pour qu’ils manifestent. Il a d’abord été détenu pendant plus de 24 heures sans pouvoir contacter son avocat ni sa famille.

Ses proches ont ensuite indiqué qu’il avait été transféré à la prison de Calomboloca sans que sa famille ni ses représentants légaux n’en aient été officiellement informés. Sa famille n’a été notifiée que cinq jours après le transfert. Osvaldo Kaholol a dû porter les mêmes vêtements pendant huit jours consécutifs. Il a entamé une grève de la faim le 22 juillet, afin de protester contre le refus des autorités de laisser sa famille lui apporter de la nourriture.

Après cette vague de mobilisation, l’Association nationale des taxis d’Angola (ANATA) a appelé à une grève de trois jours à compter du 28 juillet, également pour protester contre la hausse du prix du diesel. Cette augmentation a entraîné une hausse de 50 % des tarifs des taxis minibus, ce qui a eu de graves répercussions sur les personnes qui dépendent de ce mode de transport public pour se rendre au travail tous les jours.

Des affrontements violents avec la police, des actes de vandalisme et des pillages ont été signalés dans différentes zones de Luanda. Le 31 juillet, le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a indiqué que 1 214 personnes ont été arrêtées, 22 ont été tuées et 197 blessées au cours des deux jours de grève.

Malgré l’ampleur de la manifestation, le gouvernement angolais n’a pas répondu publiquement aux appels de la société civile et des partis d’opposition en faveur d’un dialogue ou d’une révision de la politique de tarification des carburants. Ce n’est pas la première fois qu’une modification des prix des carburants déclenche des manifestations meurtrières en Angola.

Le dernier rapport en date consacré par Amnesty International à l’Angola a établi que les « manifestations de Huambo » le 5 juin ont fait cinq morts, dont un garçon de 12 ans qui rentrait de l’école.

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