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Monsieur le Ministre,
Je vous écris pour vous faire part de ma profonde inquiétude concernant les graves violations des droits humains qui ont été et continuent d’être commises contre Serrote José de Oliveira, âgé de 33 ans, également connu sous le nom de Général Nila.
Le 28 juillet, Serrote José de Oliveira, militant et leader du mouvement UNTRA, filmait une vidéo en direct avec d’autres militant·e·s lors de la première journée d’une manifestation contre la hausse des prix de l’essence à Luanda, la capitale de l’Angola. Des hommes, semble-t-il liés au Service des enquêtes criminelles, se sont approchés de lui et de ces autres personnes, et ont ouvert le feu sur eux. Serrote José de Oliveira a été touché à la jambe gauche. Des témoins pensent que ces hommes armés appartenaient au Service des enquêtes criminelles.
Contrairement aux déclarations officielles des autorités, Serrote José de Oliveira n’a pas été emmené à l’hôpital général, mais transféré au poste de police municipal de Talatona, où il a été questionné par plusieurs policiers. Il a été maintenu en détention arbitraire jusqu’au 1er août, lorsque sa famille a appris qu’il était détenu dans une cellule du Service des enquêtes criminelles. Sans que ses avocats n’en aient été informés, il a été transféré le 6 août à la prison centrale de Comarca, où il a passé quelques heures avant d’être ramené au centre de détention du Service des enquêtes criminelles.
Il est très préoccupant que depuis son arrestation le 28 juillet, Serrote José de Oliveira n’ait reçu aucun soin pour sa blessure par balle, malgré la détérioration de son état de santé. Ses proches n’ont pas non plus pu s’entretenir avec lui. Son avocat l’a vu deux fois entre le 28 juillet et le 1er août, mais essaie sans succès depuis lors de s’entretenir avec lui. Bien qu’il ait été conduit devant un tribunal le 1er août, aucune charge n’a été retenue contre lui. Le fondement juridique de son maintien en détention reste donc inconnu.
Le fait que Serrote José de Oliveira ait été visé par des balles alors qu’il effectuait une diffusion en direct sur les réseaux sociaux, son arrestation arbitraire, l’absence de soins médicaux adéquats pour ses blessures par la suite, et la privation du droit de voir sa famille constituent des atteintes extrêmement graves au droit angolais et bafouent les obligations de l’Angola en vertu du droit international et régional relatif aux droits humains et des normes associées.
Je vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires pour que Serrote José de Oliveira soit libéré immédiatement et sans condition. Dans l’attente de sa libération, il doit avoir immédiatement accès à sa famille, à ses avocats et à des soins médicaux adéquats.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.
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