Des groupes de la société civile en Angola ont appelé à des manifestations nationales à compter du 12 juillet 2025, en réponse à la décision du gouvernement d’augmenter les prix du carburant de plus de 30 %. Ces manifestations reflétaient la frustration généralisée face à la hausse du coût de la vie et aux pressions économiques croissantes auxquelles sont confrontés les Angolais·e·s. Le premier jour des manifestations, la police a réprimé les manifestant·e·s - en recourant à une force injustifiée et excessive -, et a arrêté au moins 12 personnes à Luanda.
Le 19 juillet, le militant Osvaldo Kaholol, 36 ans, a été arrêté à quelques heures d’une autre action de protestation prévue à Luanda, après avoir été accusé d’incitation à la violence parce qu’il avait semble-t-il participé à la diffusion en direct d’une action visant à encourager les citoyen·ne·s à manifester. Il a dans un premier temps été détenu pendant plus de 24 heures sans pouvoir contacter son avocat ni sa famille.
Ses proches ont ensuite indiqué qu’il avait été transféré à la prison de Calomboloca sans que sa famille ni ses avocats n’en aient été officiellement informés. Sa famille n’a été notifiée que cinq jours après le transfert. Osvaldo Kaholol a dû porter les mêmes vêtements pendant huit jours consécutifs. Il a entamé une grève de la faim le 22 juillet, afin de protester contre le refus des autorités de laisser sa famille lui apporter de la nourriture.
Après cette vague de mobilisation, l’Association nationale des taxis d’Angola (ANATA) a appelé à une grève de trois jours à compter du 28 juillet, également pour protester contre l’augmentation du prix de l’essence. Cette augmentation a entraîné une hausse de 50 % des tarifs des taxis minibus, ce qui a eu de graves répercussions sur les personnes qui dépendent de ce mode de transport public pour se rendre au travail tous les jours.
Des affrontements violents avec la police, des actes de vandalisme et des pillages ont été signalés dans différentes zones de Luanda. Le 31 juillet, le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a indiqué que 1 214 personnes ont été arrêtées, 29 tuées et 200 blessées au cours des trois jours de grève.
Malgré l’ampleur de la mobilisation, le gouvernement angolais n’a pas répondu publiquement aux appels de la société civile et des partis d’opposition en faveur d’un dialogue ou d’une révision de la politique de tarification des carburants. Ce n’est pas la première fois qu’une modification des prix des carburants déclenche des manifestations meurtrières en Angola.
Le dernier rapport en date consacré par Amnesty International à l’Angola a établi que les « manifestations de Huambo » le 5 juin ont fait cinq morts, dont un garçon de 12 ans qui rentrait de l’école.