Écrire Un militant blessé par balle est maintenu en détention arbitraire

ACTION URGENTE

Le militant Serrote José de Oliveira, blessé par balle à la jambe par des hommes armés - appartenant semble-t-il au Service des enquêtes criminelles - alors qu’il diffusait en direct sur Internet la première journée d’une grève à Luanda, en Angola le 28 juillet, a été arrêté, puis maintenu en détention arbitraire jusqu’au 1er août, lorsque sa famille a appris qu’il se trouvait dans une cellule du Service des enquêtes criminelles à Luanda.

Le même jour, il a été conduit devant un tribunal à Luanda mais n’a pas été inculpé. Le 6 août, il a été emmené à la prison centrale de Comarca, sans que ses avocats n’en aient été informés. Il y a passé quelques heures avant qu’on le ramène au centre de détention du Service des enquêtes criminelles. Sa santé se détériore, mais il n’a toujours pas bénéficié de soins médicaux pour sa blessure par balle. Ses proches n’ont pas encore pu le voir.

Amnesty International demande aux autorités angolaises de lui garantir un accès à tous les soins médicaux dont il a besoin, ainsi qu’à sa famille et à un avocat, et de le libérer immédiatement à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction reconnue par la loi.

Des groupes de la société civile en Angola ont appelé à des manifestations nationales à compter du 12 juillet 2025, en réponse à la décision du gouvernement d’augmenter les prix du carburant de plus de 30 %. Ces manifestations reflétaient la frustration généralisée face à la hausse du coût de la vie et aux pressions économiques croissantes auxquelles sont confrontés les Angolais·e·s. Le premier jour des manifestations, la police a réprimé les manifestant·e·s - en recourant à une force injustifiée et excessive -, et a arrêté au moins 12 personnes à Luanda.

Le 19 juillet, le militant Osvaldo Kaholol, 36 ans, a été arrêté à quelques heures d’une autre action de protestation prévue à Luanda, après avoir été accusé d’incitation à la violence parce qu’il avait semble-t-il participé à la diffusion en direct d’une action visant à encourager les citoyen·ne·s à manifester. Il a dans un premier temps été détenu pendant plus de 24 heures sans pouvoir contacter son avocat ni sa famille.

Ses proches ont ensuite indiqué qu’il avait été transféré à la prison de Calomboloca sans que sa famille ni ses avocats n’en aient été officiellement informés. Sa famille n’a été notifiée que cinq jours après le transfert. Osvaldo Kaholol a dû porter les mêmes vêtements pendant huit jours consécutifs. Il a entamé une grève de la faim le 22 juillet, afin de protester contre le refus des autorités de laisser sa famille lui apporter de la nourriture.

Après cette vague de mobilisation, l’Association nationale des taxis d’Angola (ANATA) a appelé à une grève de trois jours à compter du 28 juillet, également pour protester contre l’augmentation du prix de l’essence. Cette augmentation a entraîné une hausse de 50 % des tarifs des taxis minibus, ce qui a eu de graves répercussions sur les personnes qui dépendent de ce mode de transport public pour se rendre au travail tous les jours.

Des affrontements violents avec la police, des actes de vandalisme et des pillages ont été signalés dans différentes zones de Luanda. Le 31 juillet, le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a indiqué que 1 214 personnes ont été arrêtées, 29 tuées et 200 blessées au cours des trois jours de grève.

Malgré l’ampleur de la mobilisation, le gouvernement angolais n’a pas répondu publiquement aux appels de la société civile et des partis d’opposition en faveur d’un dialogue ou d’une révision de la politique de tarification des carburants. Ce n’est pas la première fois qu’une modification des prix des carburants déclenche des manifestations meurtrières en Angola.

Le dernier rapport en date consacré par Amnesty International à l’Angola a établi que les « manifestations de Huambo » le 5 juin ont fait cinq morts, dont un garçon de 12 ans qui rentrait de l’école.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Monsieur le Ministre,

Je vous écris pour vous faire part de ma profonde inquiétude concernant les graves violations des droits humains qui ont été et continuent d’être commises contre Serrote José de Oliveira, âgé de 33 ans, également connu sous le nom de Général Nila.

Le 28 juillet, Serrote José de Oliveira, militant et leader du mouvement UNTRA, filmait une vidéo en direct avec d’autres militant·e·s lors de la première journée d’une manifestation contre la hausse des prix de l’essence à Luanda, la capitale de l’Angola. Des hommes, semble-t-il liés au Service des enquêtes criminelles, se sont approchés de lui et de ces autres personnes, et ont ouvert le feu sur eux. Serrote José de Oliveira a été touché à la jambe gauche. Des témoins pensent que ces hommes armés appartenaient au Service des enquêtes criminelles.

Contrairement aux déclarations officielles des autorités, Serrote José de Oliveira n’a pas été emmené à l’hôpital général, mais transféré au poste de police municipal de Talatona, où il a été questionné par plusieurs policiers. Il a été maintenu en détention arbitraire jusqu’au 1er août, lorsque sa famille a appris qu’il était détenu dans une cellule du Service des enquêtes criminelles. Sans que ses avocats n’en aient été informés, il a été transféré le 6 août à la prison centrale de Comarca, où il a passé quelques heures avant d’être ramené au centre de détention du Service des enquêtes criminelles.

Il est très préoccupant que depuis son arrestation le 28 juillet, Serrote José de Oliveira n’ait reçu aucun soin pour sa blessure par balle, malgré la détérioration de son état de santé. Ses proches n’ont pas non plus pu s’entretenir avec lui. Son avocat l’a vu deux fois entre le 28 juillet et le 1er août, mais essaie sans succès depuis lors de s’entretenir avec lui. Bien qu’il ait été conduit devant un tribunal le 1er août, aucune charge n’a été retenue contre lui. Le fondement juridique de son maintien en détention reste donc inconnu.

Le fait que Serrote José de Oliveira ait été visé par des balles alors qu’il effectuait une diffusion en direct sur les réseaux sociaux, son arrestation arbitraire, l’absence de soins médicaux adéquats pour ses blessures par la suite, et la privation du droit de voir sa famille constituent des atteintes extrêmement graves au droit angolais et bafouent les obligations de l’Angola en vertu du droit international et régional relatif aux droits humains et des normes associées.

Je vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires pour que Serrote José de Oliveira soit libéré immédiatement et sans condition. Dans l’attente de sa libération, il doit avoir immédiatement accès à sa famille, à ses avocats et à des soins médicaux adéquats.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.

LANGUES À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : Portugais, anglais
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


Toutes les infos
Toutes les actions

Pas un enfant à la rue. Point.

Amnesty International, le CIRÉ, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, la Ligue des Familles et d’autres organisations soucieuses des droits des personnes migrantes et/ou des droits de (…)

2025 - Amnesty International Belgique N° BCE 0418 308 144 - Crédits - Charte vie privée
Made by Spade + Nursit