Écrire Un militant politique papou risque la réclusion à perpétuité

Victor Yeimo, militant indépendantiste papou et porte-parole du Comité national de Papouasie occidentale, a été arbitrairement arrêté et inculpé de trahison pour avoir manifesté pacifiquement contre la discrimination raciale en Indonésie.

Il est détenu à l’isolement et ses possibilités d’accès à sa famille et à son avocat sont très restreintes.

Les autorités indonésiennes doivent libérer Victor Yeimo immédiatement ou le poursuivre dans le cadre d’un procès équitable.

Le 9 mai 2021, Victor Yeimo, porte-parole du Comité national de Papouasie occidentale (Komite Nasional Papua Barat, KNPB), a été arrêté par une unité spéciale de police (Satgas Nemangkawi) à Djayapura, capitale de la province de Papouasie. Il a été inculpé de trahison pour une déclaration faite en 2019, lors de manifestations contre le racisme, dans laquelle il appelait à la tenue d’un référendum sur l’indépendance.

Victor Yeimo a été arrêté sans mandat à 19 h 15 alors qu’il se trouvait au niveau d’un kiosque, à Djayapura. Les avocats de Victor Yeimo ont reçu des mandats d’arrêt et de détention le lendemain à 18 heures, en violation du Code indonésien de procédure pénale, en vertu duquel un mandat d’arrêt doit être présenté au moment de l’arrestation.

Le soir même de son arrestation, Victor Yeimo a été transféré du centre de détention de la police régionale de la province de Papouasie à Djayapura au quartier général de la brigade de police mobile (Mako Brimob) à Abepura, sans que ses avocats en soient informés. Ce transfert, synonyme d’une sécurité renforcée, fait qu’il est plus difficile de voir Victor Yeimo, et ses avocats ont déploré le fait que sa famille aurait plus de mal à lui rendre visite.

Victor Yeimo a été inculpé d’infraction à l’article 106 (trahison) et à l’article 110 (trahison avec complot) du Code pénal indonésien. Il est également poursuivi pour infraction aux dispositions suivantes : paragraphes 1 et 2 de l’article 14 (diffusion de propos mensongers aboutissant à une émeute) et article 15 (diffusion d’informations incertaines aboutissant à une émeute) de la Loi n° 1/1946 sur le droit pénal, article 66 (outrage au drapeau national) de la Loi n° 24/2009 sur le drapeau, la langue, l’emblème national et l’hymne national, articles 160 (incitation), 187 (incendie criminel) et 365 (vol avec violence) du Code pénal, article 170.1 (violence collective), article 2 (possession illégale d’armes) de la Loi d’urgence n° 12/1961 et article 64 du Code pénal. La police a indiqué qu’elle allait ajouter d’autres chefs d’inculpation. Le chef de la police de Papouasie a déclaré : « Nous examinons tous les rapports de police, le processus se poursuivra sur la base de chaque rapport, il peut vieillir en prison. »

Victor Yeimo figurait sur la liste des personnes recherchées par la police de Papouasie (numéro LP/317/IX/RES.1.24/2019/Direskrimum, 5 septembre 2019). Sept militants de premier plan arrêtés pour trahison à l’époque à Djayapura et transférés à Balikpapan, dans la province de Kalimantan-Sud, ont été désignés collectivement sous le nom des « sept de Balikpapan ». Victor Yeimo devait être jugé en même temps qu’eux, mais il avait fui en en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il était rentré à Djayapura à la fin de l’année 2020. Bien que le parquet ait requis jusqu’à 17 ans de réclusion pour les sept de Balikpapan, ils ont finalement été condamnés au maximum à 11 mois d’emprisonnement. Le ministère public n’a pas fait appel, malgré l’écart considérable entre les réquisitions et les peines prononcées.

Les autorités indonésiennes ont utilisé ces dispositions du Code pénal, essentiellement les articles 106 et 110, afin de poursuivre des dizaines de militants pacifiques indépendantistes papous n’ayant fait qu’exercer légitimement leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Amnesty International ne prend aucunement position sur le statut politique des provinces ou autres subdivisions en Indonésie, ni dans aucun autre pays, y compris en ce qui concerne les appels à l’indépendance. Cependant, l’organisation estime que le droit à la liberté d’expression concerne également l’indépendance ou d’autres options politiques.

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