Jimmy Lai est un militant en faveur de la démocratie, ainsi que le propriétaire d’un journal. Il a été déclaré coupable de conspiration en vue d’entrer en collusion avec des forces étrangères et de complot en vue de sédition le 15 décembre 2025, et condamné à 20 ans de prison le 9 février 2026 dans cette affaire. Jimmy Lai a fondé le journal Apple Daily, ouvertement critique à l’égard des autorités, en 1995. Peu après l’entrée en vigueur de la Loi relative à la sécurité nationale, le 30 juin 2020, près de 200 policiers ont fait une descente au siège du journal.
C’était la première fois que cette loi était invoquée dans le but de perquisitionner les locaux d’un média, et Jimmy Lai a été arrêté avec ses deux fils et plusieurs responsables du journal. Apple Daily a cessé ses activités en juin 2021, après une autre descente de police et le gel de ses avoirs, ce qu’Amnesty international avait alors qualifié d’« attaque flagrante contre la liberté de la presse ».
L’avocate Chow Hang-tung était vice-présidente de l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques en Chine (Alliance hongkongaise), aujourd’hui dissoute. Pendant 30 ans, l’Alliance hongkongaise a organisé des veillées annuelles à Hong Kong afin de commémorer la répression de 1989 sur la place Tiananmen - durant laquelle des centaines de manifestant·e·s pacifiques, voire plus, ont été tués par l’armée à Pékin - jusqu’à ce que ces actions soient interdites, en 2020.
Chow Hang-tung a ensuite été accusée d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’État » en vertu de la Loi relative à la sécurité nationale, uniquement en raison de l’action pacifique de l’Alliance hongkongaise. Elle se trouve en détention provisoire depuis des années ; son procès s’est ouvert le 22 janvier 2026.
Owen Chow est un militant en faveur de la démocratie ayant activement participé au « mouvement des parapluies » en 2014 et aux manifestations anti-extradition de 2019 à Hong Kong. Owen Chow a été déclaré coupable dans l’affaire des « 47 de Hong Kong », et a été condamné à la deuxième plus lourde peine parmi tous les accusés. Les charges étaient en relation avec l’organisation de « primaires » et la participation à celles-ci en prévision des élections du Conseil législatif de 2020.
L’affaire des 47 de Hong Kong est le procès collectif de plus grande ampleur en relation avec la Loi relative à la sécurité nationale, et a mis en évidence des problèmes en relation avec l’équité des procès et la répression menée par Pékin contre le mouvement favorable à l’instauration de la démocratie, ainsi que contre la liberté d’expression à Hong Kong.
Owen Chow a également été condamné, à l’issue de deux autres procès pénaux, à des peines dont la durée totale s’est élevée à plus de 12 ans et 10 mois pour des actes liés à l’exercice pacifique de la liberté d’expression et de réunion. Il ne sera pas libéré avant au moins 2032.
Les règles carcérales de Hong Kong prévoient deux types d’isolement cellulaire, qui bafouent tous deux les normes internationales. La règle 63 autorise l’isolement cellulaire punitif pour une durée maximale de 28 jours pour des infractions disciplinaires. La règle 68 B autorise l’isolement cellulaire administratif, initialement pour une durée de 72 heures, pouvant être prolongée jusqu’à un mois, pour des motifs vagues et non punitifs.
En 2016, le Comité des Nations unies contre la torture a exhorté le gouvernement de Hong Kong à « [r]éduire la durée maximale du placement à l’isolement et le limiter à des mesures de dernier recours, pour une durée aussi courte que possible, sous supervision stricte et avec la possibilité d’un réexamen judiciaire, conformément aux normes internationales. »
La Loi relative à la sécurité nationale a été directement promulguée par le gouvernement chinois, contournant ainsi l’assemblée législative de Hong Kong, et est entrée en vigueur le 30 juin 2020. Rédigée en termes vagues, prévoyant un seuil très élevé pour les cautions et un système de juges désignés spécifiquement, la Loi relative à la sécurité nationale a semblé se prêter à une interprétation arbitraire et à caractère politique de la part des autorités. En 2024, le gouvernement a introduit un autre texte législatif relatif à la sécurité nationale, connu comme l’Article 23 – qui restreint encore davantage les droits humains.
Des recherches rendues publiques par Amnesty International l’an dernier, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur de la Loi relative à la sécurité nationale, ont montré que plus de 80 % des personnes déclarées coupables en vertu de lois relatives à la sécurité nationale ont été poursuivies à tort, et n’auraient même jamais dû être inculpées.