Écrire Un militant tatar de Crimée victime d’une disparition forcée

Le militant tatar de Crimée, Ervine Ibragimov, a disparu le 24 mai près de son domicile à Bakhtchyssaraï, une ville du centre de la Crimée. Des images de vidéosurveillance montrent un groupe d’hommes le forçant à entrer dans une camionnette et partir. On est sans nouvelles d’Ervine Ibragimov depuis et il existe de graves inquiétudes quant à sa sécurité.

Le militant, Ervine Ibragimov, 30 ans, est un Tatar de Crimée de la ville de Bakhtchyssaraï, dans le centre de la Crimée. Cet homme est un ancien membre du conseil municipal local de Bakhtchyssaraï et un membre du Congrès mondial des Tatars de Crimée, une organisation internationale visant à promouvoir les droits des Tatars de Crimée et leur patrimoine culturel et mise en place après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014.

Ervine Ibragimov a indiqué à ses amis qu’il avait remarqué une voiture stationnée à l’extérieur de son domicile le 17 mai, qui l’a ensuite suivi pendant la journée. Il n’a pas signalé d’autres évènements. Le 25 mai, il devait se rendre dans la ville de Soudak pour assister à l’audience sur l’affaire d’un groupe de Tatars de Crimée arrêtés par les autorités criméennes de facto pour avoir organisé un rassemblement « non autorisé » le 18 mai, afin de marquer la Journée de commémoration de la déportation des Tatars de Crimée.

Ervine Ibragimov a parlé à son père au téléphone pour la dernière fois vers 23 heures le 24 mai. Son père a plus tard retrouvé sa voiture abandonnée devant leur domicile, les portes ouvertes et la clé sur le contact. Les images de vidéosurveillance d’un magasin des alentours montrent un groupe d’hommes arrêtant la voiture d’Ervine Ibragimov. On le voit parler brièvement aux hommes avant d’essayer de s’enfuir. On voit ensuite les hommes l’arrêter et le forcer à monter dans leur camionnette et partir immédiatement après.

Le 25 mai, le père d’Ervine Ibragimov s’est rendu au bureau du Service fédéral de sécurité russe (FSB) de la ville de Simferopol en Crimée pour déposer une plainte et fournir les images de vidéosurveillance. Les agents du FSB ont refusé d’enregistrer la plainte et lui ont dit de l’envoyer par courrier postal. La police de Bakhtchyssaraï a ouvert une enquête sur ces évènements et a inspecté la voiture.

Plusieurs Tatars de Crimée ont été victimes de disparitions forcées depuis le début de l’occupation de la péninsule et de son annexion par la Russie en 2014. Aucune de ces disparitions n’a fait l’objet d’une enquête efficace.

Au moins six cas de disparitions forcées de Tatars de Crimée ont été confirmés ou soupçonnés en Crimée depuis son occupation et son annexion par la Russie en 2014. Aucun n’a fait l’objet d’une enquête efficace.

Les familles des victimes ont reçu de la part des autorités de facto l’assurance que des enquêtes seraient menées sur ces disparitions, mais rien n’indique que de véritables enquêtes aient été ouvertes. Il existait pourtant de très nombreux éléments, dont des images de vidéosurveillance, indiquant que des paramilitaires pro-russes appartenant aux forces d’autodéfense de Crimée étaient très probablement impliqués dans au moins certaines de ces exactions.

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