Écrire Une militante en détention toujours privée de soins médicaux adéquats

La santé de Cấn Thị Thêu, défenseure des droits humains de renom et prisonnière d’opinion, continue de se détériorer. Elle est souffrante depuis janvier 2025, mais les autorités pénitentiaires rejettent encore sa demande d’examens médicaux hospitaliers. Elle a souffert de migraines pendant trois semaines au mois d’août et n’a bénéficié que de soins limités.

L’absence de soins adaptés et de visites régulières de ses proches suscitent de fortes craintes quant à son état. Incarcérée à la prison n° 5 de la province de Thanh Hoa depuis cinq ans, Cấn Thị Thêu aurait été soumise à la torture et à des conditions de détention inhumaines.

Cette femme est une prisonnière d’opinion, détenue uniquement pour avoir exercé ses droits fondamentaux ; elle doit donc être libérée immédiatement et sans condition.

Cấn Thị Thêu est une militante du droit à la terre et une défenseure des droits humains bien connue au Viêt-Nam. Ses activités militantes ont débuté après la saisie des terres de sa famille par les autorités en 2010. Elle a commencé à dénoncer les expulsions forcées et est devenue une figure de premier plan du mouvement de défense du droit à la terre. Cấn Thị Thêu et sa famille ont soutenu des victimes de confiscations de terres et de violations des droits humains, ainsi que des prisonniers et prisonnières d’opinion.

En faisant état de ces questions sur leurs comptes de réseaux sociaux, qui comptaient plus de 50 000 abonnés, Cấn Thị Thêu et sa famille ont pu toucher un large public. Ils ont fait progresser leur travail de plaidoyer en fournissant à la communauté internationale des informations axées sur les droits humains, en particulier sur les droits à la terre et à la liberté d’expression.

Au cours des 10 années qu’ils ont consacrées à leur action, Cấn Thị Thêu et ses proches ont été victimes d’un harcèlement intense et d’une surveillance soutenue de la part des autorités locales. Cấn Thị Thêu a été emprisonnée à deux reprises : en 2014 (pendant 15 mois) après avoir mené une manifestation contre la saisie de terres, puis en 2016 (pendant 20 mois) pour avoir filmé une expulsion forcée. Elle a passé deux ans et neuf mois en prison au total. Son époux a été visé par les mêmes charges en 2014 et a également passé 18 mois en prison.

Après l’incarcération de leurs parents en 2014, leurs fils Trịnh Bá Phương et Trịnh Bá Tư sont également devenus militants et défenseurs des droits humains. Une fois libérée, Cấn Thị Thêu a poursuivi ses activités militantes avec ses fils et son époux.

Les tensions ont été à leur comble quand Cấn Thị Thêu et ses deux fils ont publiquement pris la défense des habitant·e·s du village de Đồng Tâm, victimes d’un litige foncier très médiatisé avec le gouvernement entre 2017 et 2020. En janvier 2020, la police a fait une descente dans ce village, qui s’est soldée par la mort d’un responsable du village, âgé de 84 ans, et de trois policiers, ainsi que par l’arrestation de dizaines de villageois·e·s.

Malgré le caractère sensible de l’affaire et les risques élevés associés, et face au fait que tous les médias d’État subissent la censure, Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Phương et Trịnh Bá Tư ont utilisé les réseaux sociaux afin d’informer la population sur ce qui s’était passé et sur les violations commises.

Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Phương et Trịnh Bá Tư ont alors été arrêtés par la police le 24 juin 2020. Le fils de Trịnh Bá Phương venait à peine de naître et n’avait que quatre jours quand son père a été appréhendé.

Le 5 mai 2021, Cấn Thị Thêu et Trịnh Bá Tư ont été condamnés à huit ans de prison, assortis de trois ans de mise à l’épreuve. Sept mois plus tard, le 15 décembre 2021, Trịnh Bá Phương a été condamné à 10 ans de prison et cinq ans de mise à l’épreuve. Ils ont tous trois été inculpés de « fabrication, stockage ou diffusion d’informations, de documents ou d’articles dans le but de s’opposer à l’État de la République socialiste du Viêt-Nam » au titre de l’article 117 du Code pénal.

Selon certaines sources, depuis 2011, au moins 300 militant·e·s, défenseur·e·s des droits humains et journalistes ont été arrêtés au Viêt-Nam en vertu du Code pénal. En septembre 2025, Trịnh Bá Phương a été condamné à 11 ans de prison au titre de l’article 117, pour possession d’une banderole dont le slogan critiquait le Parti communiste. Cela représente un total de 21 ans en prison, sur la base de la charge retenue en 2021.

Il a été signalé à plusieurs reprises que ces trois militant·e·s ont subi un traitement dur et des actes de torture en détention provisoire. Des policiers auraient frappé Trịnh Bá Phương sur les parties génitales. Trịnh Bá Tư a également été roué de coups, qui lui ont causé des tuméfactions rénales. Il a aussi observé une grève de la faim pendant 20 jours pour protester contre les mauvais traitements infligés. À ce jour, Cấn Thị Thêu souffre toujours d’une infection oculaire causée par de mauvaises conditions en détention provisoire ; elle avait été placée dans une cellule sans ventilation adaptée et où l’eau était en quantité insuffisante, par des chaleurs extrêmes.

Une fois en prison, le harcèlement et les coups auraient continué. Ils ont été transférés dans trois prisons différentes, loin de chez eux (à environ 1 000 km), et il est terriblement difficile et coûteux pour leurs proches de leur rendre visite. Ce n’est d’ailleurs qu’en mars 2022 qu’ils ont été autorisés pour la première fois à recevoir la visite de leur famille. En septembre 2022, Trịnh Bá Tư a été passé à tabac et placé en détention à l’isolement pendant 10 jours avec les pieds entravés. Il avait simplement demandé qu’un autre prisonnier puisse obtenir des soins d’urgence.

En 2021, Amnesty International a condamné l’arrestation arbitraire et les procès iniques infligés à Cấn Thị Thêu et ses deux fils, et a par ailleurs exprimé sa vive inquiétude face aux mauvais traitements infligés aux trois militant·e·s en 2022. Des expert·e·s des Nations unies ont fait état de graves motifs de préoccupation en relation avec les violations visiblement systématiques des droits des défenseur·e·s des droits humains au Viêt-Nam - parmi lesquels Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Tư and Trịnh Bá Phương - prenant la forme d’arrestations arbitraires, de détentions, de procès iniques et de condamnations pénales liés au simple exercice du droit à la liberté d’expression et d’opinion.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Monsieur le Président,

Je vous écris afin d’exprimer ma vive inquiétude pour la santé de Cấn Thị Thêu, âgée de 63 ans, militante en faveur du droit à la terre et défenseure des droits humains connue, incarcérée à la prison n° 5 de la province de Thanh Hoa depuis cinq ans.

Il est préoccupant que, lors d’une visite qui a eu lieu le 7 septembre, Cấn Thị Thêu ait informé sa famille qu’elle avait souffert de migraines du 9 août jusqu’à fin août, mais n’avait bénéficié que de soins limités.

Malade depuis janvier 2025 et n’ayant pas bénéficié de soins médicaux adéquats, Cấn Thị Thêu est dans un état de santé très détérioré. Elle peut seulement manger un peu de riz, car son corps rejette tout autre aliment. Bien que la prison lui ait fourni des compléments alimentaires destinés à améliorer la circulation sanguine et la santé cérébrale et lui ait administré du piracétam par injection, un traitement qui doit faire l’objet d’une surveillance médicale, elle a besoin de toute urgence d’un bilan médical à l’hôpital afin d’évaluer ses symptômes et d’établir un diagnostic ainsi qu’un plan de traitement ; toutefois, les autorités pénitentiaires continuent de rejeter cette demande.

Elles lui ont également interdit d’accepter la nourriture qu’on lui avait apportée pendant la visite. L’absence de soins adaptés et de visites régulières de sa famille soulèvent de vives inquiétudes pour son état.

Cấn Thị Thêu devrait être célébrée et soutenue par les autorités vietnamiennes, au lieu d’être harcelée et emprisonnée. Cette femme est une prisonnière d’opinion, détenue uniquement pour avoir exercé ses droits humains.

Monsieur le Président, je vous demande de :
–  Faire le nécessaire pour que Cấn Thị Thêu soit libérée immédiatement et sans condition, car elle est une prisonnière d’opinion détenue uniquement pour avoir exercé son droit fondamental à la liberté d’expression ;
–  Veiller, en attendant sa libération, à ce que Cấn Thị Thêu soit traitée conformément à l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela), soit protégée contre la torture et autres mauvais traitements, et bénéficie de soins de santé adéquats.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : Anglais, vietnamien
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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