Marwa Arafa, traductrice, est une militante des droits humains qui apportait un soutien aux proches des personnes détenues pour des raisons politiques. Son action englobait le fait d’aider les familles à prendre en charge les coûts des visites dans les prisons. Elle était également impliquée dans la défense des droits de l’enfant. Marwa Arafa a été arrêtée devant sa fille de deux ans, qui a par la suite été diagnostiquée comme souffrant de troubles du spectre autistique. Son incarcération inique prive sa fille de la présence de sa mère et de ses bons soins.
La première audience devant la chambre spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal pénal du Caire s’est déroulée le 6 juillet 2025, après plus de cinq années de détention provisoire arbitraire. Selon l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), organisation indépendante de défense des droits humains, le tribunal a reporté l’audience au 18 octobre 2025, afin de permettre aux avocats de prendre connaissance du dossier. Ses avocats n’avaient en effet pas eu accès à son dossier depuis le début de l’enquête jusqu’à la première audience. Lors de l’audience du 18 octobre, Marwa Arafa est apparue au tribunal dans un état de fatigue visible, souffrant d’une détresse respiratoire marquée. Le juge présidant le tribunal a ajourné l’audience au 20 décembre 2025, faisant droit à la demande de la défense d’interroger et de procéder au contre-interrogatoire des témoins de l’accusation. Le 20 décembre, le tribunal a interrogé les témoins de l’accusation, à savoir les policiers impliqués dans les investigations concernant son affaire. L’audience a été ajournée au 15 février 2026 afin d’interroger les derniers témoins de l’accusation. Amnesty International a fait part à plusieurs reprises de ses préoccupations quant aux violations du droit à un procès équitable dans les procédures engagées par les chambres spécialisées dans les affaires de terrorisme, notamment les violations du droit à une audience équitable et publique devant un tribunal compétent, impartial et indépendant, ainsi que du droit à une défense adéquate et du principe de l’égalité des armes.
Marwa Arafa a été incarcérée à la prison pour femmes d’Al Qanater d’avril 2020 jusqu’à son transfert à la prison du Dixième jour de ramadan en juillet 2023. Selon les informations recueillies par Amnesty International, des responsables de l’administration pénitentiaire d’Al Qanater ont refusé d’intervenir lorsqu’elle a subi des violences de la part d’autres prisonnières et ont plusieurs fois rejeté ses demandes de travailler dans les ateliers de la prison en échange d’une rémunération financière.
Depuis août 2025, les autorités de la prison du Dixième jour de ramadan refusent à Marwa Arafa le droit de faire de l’exercice quotidiennement, en violation des règlementations carcérales égyptiennes et des normes internationales relatives au traitement des prisonniers. Selon le médecin indépendant consulté par sa famille, l’exercice quotidien est essentiel pour prévenir la formation de caillots de sang et une nouvelle dégradation de son état de santé.
En août 2025, Marwa Arafa a développé une embolie pulmonaire, qui n’a été résorbée que grâce à des injections d’anticoagulants. Les examens qui ont suivi ont détecté un problème cardiaque nécessitant de nouveaux tests et examens en vue de déterminer si elle a besoin d’un cathétérisme cardiaque ou d’un traitement à base de médicaments, comme l’a préconisé un médecin indépendant consulté par la famille. Les autorités carcérales continuent de refuser les demandes de sa famille concernant son transfert vers des hôpitaux extérieurs afin qu’elle puisse bénéficier du diagnostic et du traitement adéquats.
Selon les informations recueillies par Amnesty International, les autorités pénitentiaires de la prison du Dixième jour de ramadan empêchent Marwa Arafa de poursuivre ses études de troisième cycle et de passer ses examens. Depuis 2023, sa famille a déposé de multiples requêtes demandant la permission aux services du procureur et aux autorités pénitentiaires de lui permettre de les passer. Les responsables de la prison du Dixième jour de ramadan ont rejeté toutes ces demandes.