Écrire Des militants ont été arrêtés pour avoir commémoré la répression de Tiananmen.

Ding Yajun et Shi Tingfu, deux militants, ont été officiellement inculpés d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public », pour avoir commémoré le 28e anniversaire de la répression de Tiananmen. Hu Jianguo, un autre militant ayant participé aux activités de commémoration, a disparu depuis le 27 juin 2017.
Ding Yajun a été placée en détention par la police à Pékin le 12 juin 2017 après avoir publié sur internet une photo prise le 4 juin 2017 sur laquelle elle posait avec d’autres pétitionnaires sur la place Tiananmen, à Pékin, afin de commémorer la répression de Tiananmen de 1989. Elle a été placée en détention au centre de détention du district de Xicheng, à Pékin, pendant un mois avant d’être transférée au centre de détention de la ville de Hegang, dans la province de Heilongjiang, où elle vit actuellement. Ding Yajun a été officiellement arrêtée le 12 juillet pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » et sera jugée le 31 juillet 2017. Hu Jianguo, un pétitionnaire de Shanghai qui avait également participé à cette action photo, a disparu le 27 juin.
Shi Tingfu a été placé en détention le 5 juin 2017 parce qu’il était soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ». La veille, il avait prononcé un discours devant le monument commémoratif du massacre de Nanjing, vêtu d’un t-shirt portant l’inscription « N’oubliez pas le 4 juin ». Il a été arrêté officiellement le 4 juillet pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public », et sa demande de remise en liberté sous caution a été rejetée par les autorités. Son avocat lui a rendu visite au centre de détention du district de Yuhuatai (Nanjing) quatre fois depuis le début de sa détention.
Les militants Li Xiaoling, Zhou Li, Li Xuehui, Quan Jianhu, Bu Yongzhu, Zhao Chunhong, Zhao Xin et Liang Yankui, qui avaient également été placés en détention en juin 2017 parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » pour avoir commémoré la répression de Tiananmen, ont été « libérés sous caution » les 5 et 6 juillet 2017. D’après leurs amis, bien qu’aucune charge ne soit plus retenue contre eux, ils restent sous étroite surveillance.

D’autres militants ont également été arrêtés pour avoir commémoré le 28e anniversaire de la répression de Tiananmen cette année. Dix militants ont été brièvement détenus à Zhuzhou (province du Hunan), pour une durée allant de quelques heures à 10 jours. Le 3 juin, ils avaient utilisé des bougies et leurs corps pour former les caractères chinois liu si – qui signifient « six, quatre », la date utilisée en chinois en abréviation de « répression de Tiananmen » – et avaient publié des photos sur internet afin de commémorer le 28e anniversaire de la répression de Tiananmen. Pan Bin et Xue Renyi, deux militants de Chongqing, ont perdu contact avec leur famille et leurs amis les 1er et 2 juin respectivement. Xue Renyi a été libéré après avoir été détenu pendant un mois. On ne dispose d’aucune autre information sur la situation actuelle de Pan Bin.
En avril 1989, des manifestations organisées à Pékin à l’instigation de plusieurs étudiants qui se réunissaient initialement pour honorer la mémoire du haut responsable du Parti communiste Hu Yaobang se sont propagées rapidement dans l’ensemble du pays. Les étudiants réclamaient qu’il soit mis fin à la corruption des fonctionnaires et appelaient à des réformes politiques et économiques. Leurs demandes ont emporté l’adhésion d’un large public. Des manifestations pacifiques ont eu lieu à Pékin et dans toute la Chine. Les autorités n’ont pas réussi à persuader les manifestants de rentrer chez eux. Compte tenu de l’escalade des tensions à Pékin, l’état de siège a été instauré le 20 mai 1989.
La nuit du 3 au 4 juin 1989, des troupes de l’Armée populaire de libération ont pénétré dans Pékin pour mettre fin à des semaines de manifestations pacifiques et d’occupation de la place Tiananmen par des étudiants qui demandaient des réformes politiques. Des centaines, si ce n’est des milliers de manifestants non armés ont été tués. Fin juin 1989, les autorités chinoises ont publié un rapport officiel dans lequel elles affirmaient que 3 000 civils avaient été blessés et plus de 200, dont 36 étudiants, avaient trouvé la mort dans les émeutes. Elles y indiquaient aussi que plusieurs dizaines de militaires étaient décédés. Pourtant, le gouvernement n’a jamais reconnu sa responsabilité dans les violations des droits humains qui ont eu lieu au cours de la répression militaire, ni amené les responsables à rendre des comptes devant la loi. Chaque année, la justice devient encore plus hors de portée des membres des familles des centaines, si ce n’est des milliers, de personnes tuées ou blessées à Pékin et dans toute la Chine.
Immédiatement après la répression militaire, les autorités ont commencé à traquer les personnes qui avaient participé aux manifestations. De nombreux civils ont été arrêtés, torturés ou emprisonnés à l’issue de procès iniques. Beaucoup ont été inculpés de crimes « contre-révolutionnaires ». Bien que les infractions « contre-révolutionnaires » aient été supprimées du Code pénal en 1997, les affaires concernant des personnes déjà incarcérées pour de telles infractions, notamment celles ayant participé aux manifestations de 1989 en faveur de la démocratie, n’ont pas été réexaminées.
La position radicale du gouvernement à propos de la réévaluation de la répression de Tiananmen est visible dans la façon dont il traite les personnes qui ont tenté de commémorer l’événement, comme les Mères de Tiananmen, une association de défense composée principalement des parents dont les enfants ont été tués lors de la répression militaire de 1989. La liberté de mouvement de ces personnes est restreinte, elles sont victimes de harcèlement et sont surveillées. Jiang Peikun, le mari de Ding Zilin et membre fondateur des Mères de Tiananmen, est mort en 2015 avant d’avoir pu obtenir justice pour son fils Jiang Jielian, abattu d’une balle dans le cœur la nuit du 3 juin 1989. Miao Deshun, la dernière personne (à la connaissance d’Amnesty International) en détention pour des activités directement liées à la répression militaire de 1989, a été libéré en octobre 2016.
Noms : Ding Yajun (f), Hu Jianguo (h), Shi Tingfu (h)
Hommes et femmes

Action terminée

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