Écrire Militants frappés et incarcérés pour avoir manifesté

Les militants Larry Emmanuel et Victor Anene Udoka sont détenus de façon illégale depuis le 5 avril. Ils ont été agressés physiquement et torturés par des hommes non identifiés le 5 avril alors qu’ils manifestaient pacifiquement contre la corruption, et la situation alarmante des droits humains au Nigeria, et qu’ils distribuaient des affiches qui ont été considérées comme une critique du président nigérian.

Plusieurs jours après, ils ont été remis à la police, puis transférés dans le Centre correctionnel du Nigeria, situé dans l’État de Kogi, dans le centre-nord du pays, où ils sont actuellement incarcérés.

Les deux militants sont détenus uniquement parce qu’ils ont exercé pacifiquement leur droit de manifester et d’exprimer leurs opinions. Ils doivent être libérés immédiatement et sans condition.

Au Nigeria, le droit à la liberté d’expression est menacé. La jeune génération nigériane recourt à la protestation pacifique afin de demander justice pour les violences policières, les pratiques d’extorsion et les exécutions extrajudiciaires, mais les autorités continuent de réagir en utilisant la violence. Les militant·e·s des droits civils, les défenseur·e·s des droits humains et la société civile n’ont à présent plus beaucoup d’autres moyens pour s’exprimer et demander au gouvernement de répondre de ses agissements. Les personnes qui tentent d’exercer leur droit de manifester pacifiquement dans la rue d’exposent au risque d’être arrêtées, incarcérées et torturées et de faire l’objet d’accusations forgées de toutes pièces.

Ces derniers mois, on a assisté à la répression des personnes manifestant de façon pacifique à travers le pays dans le cadre du mouvement #EndSARS. En octobre 2020, au moins 12 personnes ont été tuées, et plusieurs autres blessées à la barrière de péage de Lekki et à Alausa, quand les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestant·e·s EndSARS. Au lieu de traduire les responsables présumés en justice et d’accorder la priorité à une véritable réforme de la police, les autorités nigérianes ont abusé de leurs pouvoirs en soumettant les personnes qui soutenaient les manifestations à des campagnes d’intimidation, de harcèlement et de dénigrement.

Le droit de manifester pacifiquement est garanti par la Constitution nigériane de 1999 (telle que modifiée), et par les traités relatifs aux droits humains auxquels le Nigeria est État partie, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

J'agis

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Monsieur le Gouverneur,

Je vous écris pour vous faire part de mes vives préoccupations au sujet de la détention arbitraire des militants Larry Emmanuel (26 ans) et Victor Anene Udoka (33 ans), dans le Centre correctionnel du Nigeria, à Kabba, dans l’État de Kogi.

Le 5 avril, les deux militants ont été frappés et torturés par des hommes non identifiés uniquement parce qu’ils avaient manifesté, brandissant des pancartes et distribuant des affiches – considérées comme exprimant leur opposition au président Muhammadu Buhari –, à Lokoja, la capitale de l’État de Kogi, dans le centre-nord du Nigeria. Ces événements ont été enregistrés et la vidéo a été largement diffusée sur Twitter. À la suite de cela, les militants ont disparu. Le 8 avril, ils ont été secrètement traduits devant un tribunal de première instance puis transférés dans le Centre correctionnel du Nigeria, où ils sont actuellement détenus de façon arbitraire. On ignore quelles sont les accusations qui ont été retenues contre eux, car au Nigeria, le personnel judiciaire est actuellement en grève et aucune information n’a été rendue publique quant à ces accusations.

J’éprouve de graves préoccupations au sujet de l’arrestation, de la torture et de la détention de Larry Emmanuel et Victor Anene Udoka, qui n’ont fait qu’exercer pacifiquement leur droit de manifester. Le droit à la liberté d’expression est un droit fondamental, et aucune personne qui exprime des opinions dissidentes ne doit être arrêtée, agressée physiquement et torturée.

Par conséquent, je vous prie instamment :

• de libérer immédiatement et sans condition Larry Emmanuel et Victor Anene Udoka ; et
• de veiller à ce que, dans l’attente de leur libération, ils ne soient pas soumis à des actes de torture ni à d’autres mauvais traitements, et à ce qu’ils puissent avoir des contacts réguliers et sans restriction avec leur famille et les avocat·e·s de leur choix.

Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur, l’expression de ma haute considération,

LANGUE(S) À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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