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Monsieur le Procureur,
Je vous écris afin de vous faire part de mon inquiétude au sujet des militants Delpedro Marhaen Rismansyah, Muzaffar Salim, Khariq Anhar, Syahdan Husein, Wawan Hermawan, Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa, actuellement jugés pour diverses infractions, uniquement parce qu’ils ont exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, en lien avec les manifestations d’ampleur nationale qui ont éclaté en Indonésie courant 2025.
Dans le sillage de leur arrestation en août et septembre 2025, ces sept militants ont comparu deant les tribunaux séparément et ont été inculpés de multiples infractions, notamment d’« incitation à la violence » et de « diffusion de fausses alertes ». Ils ont été accusés uniquement parce qu’ils ont exprimé leurs opinions durant les manifestations ou téléchargé des publications liées aux manifestations sur Instagram. Ils sont désormais jugés dans le cadre de procès distincts dans différentes villes. Un tribunal à Kediri, dans la province de Java-Est, a suspendu la détention de Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa.
Depuis lors, ils sont « assignés à résidence dans la ville », ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas quitter la ville et sont tenus de se présenter pour des contrôles réguliers auprès des autorités jusqu’à la fin de leur procès. Pendant ce temps, les cinq autres militants sont toujours détenus à Djakarta.
Je suis profondément préoccupé·e par le fait que ces sept militants risquent jusqu’à six ans d’emprisonnement pour avoir simplement exercé leurs droits fondamentaux et leurs libertés fondamentales, garantis tant par le droit international que par le droit indonésien.
Ils comptent parmi des centaines de personnes actuellement visées par des accusations pénales au lendemain de la répression policière contre les manifestations. Selon les chiffres recensés par Amnesty International au 9 janvier 2026, au moins 290 personnes à travers l’Indonésie ont comparu devant les tribunaux en marge des manifestations qui ont éclaté le 25 août 2025, et sont pour la plupart poursuivies pour avoir participé aux manifestations ou exprimé pacifiquement leurs opinions.
Il est scandaleux que les autorités indonésiennes continuent d’instrumentaliser le droit pénal dans le but de réprimer la contestation et la dissidence. Je vous rappelle que manifester n’est pas un crime. Par conséquent, conformément aux obligations qui incombent à l’Indonésie en termes de droits humains, je vous demande instamment, ainsi qu’aux autorités indonésiennes, de :
• abandonner les poursuites visant Delpedro Marhaen Rismansyah, Muzaffar Salim, Khariq Anhar, Syahdan Husein, Wawan Hermawan, Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa, et toutes les personnes jugées uniquement pour avoir manifesté ou soutenu les manifestations, à moins que le parquet ne présente des preuves suffisantes, crédibles et recevables attestant qu’ils ont commis une infraction pénale dûment reconnue par le droit international ;
• libérer immédiatement et sans condition Delpedro Marhaen Rismansyah, Muzaffar Salim, Khariq Anhar, Syahdan Husein, Wawan Hermawan, Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa, à moins qu’ils ne soient détenus dans la légalité, sur la base d’éléments crédibles prouvant qu’ils ont commis une infraction pénale dûment reconnue par le droit international ;
• cesser de criminaliser les militant·e·s et les citoyen·ne·s qui expriment des opinons dissidentes et veiller à ce que chacun·e puisse exercer ses droits de se réunir pacifiquement et d’exprimer ses opinions.
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de ma haute considération.
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