Écrire De nouvelles charges ont été retenues contre des militant·e·s écologistes

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous au Premier ministre Hun Sen et envoyez-le à l’adresse email de l’ambassade du Cambodge à Bruxelles : amcambel@skynet.be
Mettez-nous en copie caché (Cci) : action@amnesty.be afin de pouvoir évaluer le nombre d’envois !

Vous pouvez personnaliser votre email avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il arrive dans la boîte de réception de l’ambassade. Veillez à ce que votre courrier électronique soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Six jeunes militant·e·s de Mother Nature Cambodia, un groupe écologiste de premier plan qui fait campagne contre la destruction de l’environnement et les violations des droits humains qui en découlent, continuent à faire l’objet de persécutions.

Trois d’entre eux, déjà condamnés à 18 à 20 mois d’emprisonnement sur la base d’accusations d’« incitation » dénuées de fondement, risquent 10 années de prison supplémentaires pour « complot » mettant en danger le royaume du Cambodge.

Ces personnes, emprisonnées uniquement pour avoir, de manière pacifique, défendu l’environnement, plaidé en faveur de la justice climatique et promu les droits de la population locale, doivent être libérées immédiatement et sans condition.

Long Kunthea (22 ans), Phuon Keoraksmey (19 ans) et Thun Ratha (29 ans) ont été inculpés de « complot » au titre de l’article 453 du Code pénal par le tribunal municipal de Phnom Penh au cours de la semaine du 19 au 25 juillet 2021. Si ces personnes sont déclarées coupables, elles risquent d’être condamnées à 10 ans de prison, en plus de la peine de 18 à 20 mois d’emprisonnement qu’elles purgent actuellement pour « incitation ».

Le chef d’inculpation de « complot », qui s’apparente au terrorisme ou à d’autres atteintes à l’État, est particulièrement grave. Il vise à couvrir les situations dans lesquelles des individus prennent des mesures en vue de commettre des attentats, ou d’autres actes de violence, de nature à mettre en danger les institutions du royaume du Cambodge ou à violer l’intégrité du territoire national. Ces trois militant·e·s ont été arrêtés en septembre 2021, peu après avoir annoncé publiquement qu’ils allaient marcher à deux jusqu’à la résidence du Premier ministre Hun Sen, dans le but de lui exposer leurs préoccupations concernant le projet de privatisation et de développement du lac Boeung Tamok, le dernier grand lac de Phnom Penh.

Long Kunthea et Phuon Keoraksmey ont été condamnées à 18 mois de prison pour « incitation à commettre un acte criminel ou à troubler l’ordre social » au titre des articles 494 et 495 du Code pénal et à une amende de 4 millions de riels. Thun Ratha a été condamné à 20 mois de prison pour les mêmes chefs d’accusation, ainsi qu’à une amende de 4 millions de riels.

Sun Ratha (26 ans), Ly Chandaravuth (22 ans) et Yim Leanghy (32 ans) ont été arrêtés le 16 juin 2021 alors que deux d’entre eux enquêtaient sur la pollution de la rivière Tonle Sap, à Phnom Penh. Le 21 juin, le juge d’instruction du tribunal municipal de Phnom Penh, Im Vannak, a confirmé que Sun Ratha et Yim Leanghy étaient inculpés à la fois de « complot » et d’« outrage envers le roi », au titre des articles 453 et 437 (bis) du Code pénal cambodgien, infractions passibles respectivement d’une peine maximale de 10 ans et cinq ans d’emprisonnement. Ly Chandaravuth, pour sa part, a été inculpé uniquement de « complot ».
Yim Leanghy et Ly Chandaravuth ont été placés en détention provisoire dans la prison CC1 et Sun Ratha a été envoyée dans la prison CC2.

Ces militantes et militants sont des membres de Mother Nature Cambodia, un groupe écologiste de premier plan qui a remporté plusieurs grandes victoires environnementales. S’appuyant à la fois sur la mobilisation des habitant·e·s, l’action directe et la sensibilisation de la population, ce groupe a convaincu en 2015 les autorités cambodgiennes de renoncer à leur projet de construction d’un grand barrage hydroélectrique dans la vallée d’Areng, projet qui menaçait gravement les populations indigènes de la région.

En 2016, Mother Nature Cambodia a dénoncé la destruction généralisée de l’environnement et les violations des droits humains liées à l’extraction et à l’exportation de sable depuis les zones côtières du Cambodge, et a obtenu une autre grande victoire : l’annonce par le gouvernement cambodgien de l’interdiction totale d’exporter du sable côtier.

Les militantes et militants de Mother Nature Cambodia ont subi toute une série d’actes de répression ces dernières années, et nombre de ces personnes ont été arbitrairement poursuivies et incarcérées. Plusieurs membres ont été emprisonnés sur la base de charges d’« incitation » dénuées de fondement. Le groupe a été accusé de « semer le chaos dans la société » et qualifié d’« illégal » par le ministère de l’Intérieur cambodgien, au motif qu’il n’était pas enregistré au titre de la tristement célèbre Loi sur les ONG.

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