Écrire On est sans nouvelles d’un ressortissant bahreïnite

Al Sayed Alawi Hussain al Alawi est détenu sans inculpation et privé d’avocat depuis son arrestation, en octobre 2016. Sa famille est sans nouvelles de lui depuis le 14 décembre 2016 ; elle ignore où il se trouve et s’il va bien. Amnesty International craint que cet homme ne subisse des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.
Al Sayed Alawi Hussain al Alawi est détenu sans inculpation depuis son arrestation, le 24 octobre 2016. Il n’a pas pu consulter d’avocat et n’a eu que de rares contacts avec sa famille. Les autorités lui ont permis de passer un deuxième appel téléphonique à ses proches le 14 décembre 2016. Après que ceux-ci lui ont demandé à plusieurs reprises où il se trouvait, il a répondu qu’il était à la Direction des enquêtes criminelles (CID). Lorsqu’ils ont demandé de quoi il était inculpé, l’appel a été coupé. Ils sont sans nouvelles depuis lors. Malgré les nombreuses requêtes adressées aux autorités et aux institutions chargées des droits humains, aucune information indiquant ce qu’il est advenu d’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi et où il se trouve n’a été communiquée. Amnesty International craint que cet homme, étant privé d’avocat et n’ayant que des contacts téléphoniques presque inexistants avec sa famille, ne subisse des actes de torture et d’autres mauvais traitements, et estime que le refus de donner un quelconque renseignement sur son lieu de détention actuel pourrait s’apparenter à une disparition forcée.
La famille d’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi continue de chercher des éléments qui indiqueraient où il se trouve et s’il va bien ; elle a tenté de multiples fois d’entrer en contact avec lui. Le 1er décembre 2016, sa femme a déposé une deuxième plainte auprès du médiateur car elle était sans nouvelles de la première, déposée le lendemain de l’arrestation de son mari. On lui a fait savoir qu’il n’y avait aucune trace de sa première plainte. Le 10 janvier, elle a reçu un appel du bureau du médiateur l’informant que sa plainte avait maintenant été transmise à l’Unité des enquêtes spéciales (SIU). Le 4 décembre 2016, des proches d’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi sont retournés au ministère public afin de s’enquérir de la suite donnée à la demande de visite formulée le 10 novembre mais on leur a dit que leur lettre n’avait pas été examinée et on leur a demandé d’en envoyer une autre. On leur a également indiqué qu’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi avait été emmené à la section antiterroriste du ministère public, sans préciser à quelle date ni pour quelles charges. Le 6 décembre, ils ont reçu un appel de la section antiterroriste ; il leur a été demandé les noms de six d’entre eux afin d’organiser une visite. Ils n’ont eu aucune information supplémentaire depuis lors. Amnesty International a également écrit au médiateur le 2 décembre 2016 et le 5 janvier 2017, ainsi qu’au procureur général et au ministre de l’Intérieur le 13 janvier 2017, mais n’a pas obtenu de réponse à ce jour.

Al Sayed Alawi Hussain al Alawi a été arrêté le 24 octobre 2016 aux alentours de 16 heures lors d’une descente effectuée par quatre hommes armés en civil, alors qu’il était en réunion avec des ingénieurs et des entrepreneurs sur un site sur lequel ils travaillaient à Muharraq, au nord-est de Manama, la capitale. La raison de son arrestation n’a pas été communiquée. Son téléphone professionnel et son ordinateur ont été saisis et il a été emmené dans un lieu inconnu. Le même jour, sa femme a signalé sa disparition au poste de police de Budaya. Le 25 octobre 2016, sa femme a porté plainte auprès du bureau du médiateur. On lui a répondu qu’elle serait tenue informée de tout élément nouveau. La CID a tout d’abord nié plusieurs fois sa responsabilité dans la détention d’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi auprès de la famille de ce dernier. Cependant, le 3 novembre 2016 à environ 18 heures, sa femme a reçu un appel de la CID l’informant qu’il avait été transféré vers la prison de Dry Dock, à Manama. Les responsables de l’établissement ont nié la présence de cet homme dans leurs locaux et ont renvoyé sa famille vers le procureur, qui leur a répondu la même chose. Le 10 novembre 2016, la famille d’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi a envoyé une lettre au ministère public afin de solliciter une visite mais sa demande est restée sans réponse. Le 17 novembre 2016, elle a contacté l’Institution nationale des droits humains (NIHR) pour se renseigner sur les dernières mises à jour de l’affaire et a appris avec surprise que, d’après l’enquête, la CID avait déclaré qu’Al Sayed Alawi Hussain al Alawi aurait appelé sa femme et lui aurait révélé le lieu où il se trouvait. Le 27 novembre 2016 à 23 heures 15, Al Sayed Alawi Hussain al Alawi a appelé sa femme et a également parlé à sa mère. Il leur a dit qu’il était détenu à la CID. Il n’a répondu à leurs questions que par oui ou non. L’appel a duré quatre minutes et, selon sa famille, il avait l’air épuisé. Toutes les demandes déposées par sa famille pour lui rendre visite et par son avocat pour être présent lors de son interrogatoire ont été refusées. Son avocat a écrit à la NIHR le 4 janvier 2017 et sa femme a appelé la NIHR le 9 janvier mais celle-ci leur a répondu qu’elle ne disposait d’aucune information.
Amnesty International a recueilli des témoignages concernant des arrestations arbitraires et des cas de détention et de torture et autres mauvais traitements de détenus, en particulier ceux détenus par la CID. Ces détenus affirment avoir été contraints à signer des « aveux ». Le droit de consulter un avocat est l’une des dispositions essentielles garantissant l’équité des procès aux termes des normes internationales relatives aux droits humains. Il est important pour permettre de contester sa détention rapidement et constitue un garde-fou essentiel contre la torture et les autres formes de mauvais traitements, les disparitions forcées et les autres violations des droits humains.
En outre, il faut que les personnes privées de liberté puissent avoir des contacts avec leur famille et leurs amis, ainsi qu’avec des professionnels de la santé. Ce droit ne peut être soumis qu’aux conditions et restrictions nécessaires et proportionnées à un objectif légitime. Aux termes du droit international et des normes internationales, toute personne arrêtée et détenue a le droit d’informer, ou de faire informer par les autorités, un tiers de son incarcération et de son lieu de détention. Par ailleurs, elle doit disposer de moyens raisonnables pour communiquer avec sa famille et recevoir ses visites. À l’instar du droit de consulter un avocat, le droit des détenus de communiquer avec le monde extérieur et de recevoir des visites est un garde-fou contre les violations des droits humains, notamment la torture et les autres formes de mauvais traitements. Il permet aux personnes préoccupées par le bien-être des détenus de voir où ils sont incarcérés et dans quelles conditions. Il constitue aussi une garantie essentielle contre les disparitions forcées.
En 2012, le gouvernement bahreïnite a créé des institutions chargées des droits humains pour enquêter sur les violations présumées des droits humains et veiller à ce que l’obligation de rendre des comptes soit respectée, en particulier le bureau du médiateur du ministère de l’Intérieur et la SIU, qui dépend du ministère public. Le bureau du médiateur et la SIU ont le pouvoir de mener des enquêtes rapides et efficaces sur les violations présumées des droits humains par des agents de l’État, en réponse à des plaintes ou de leur propre chef, et ils disposent des moyens nécessaires pour leur mission. Le bureau du médiateur est en général efficace lorsqu’il s’agit de transmettre les plaintes pour graves violations des droits humains à la SIU afin que celle-ci mène l’enquête. Cependant, dans certains cas, il s’est montré incapable d’agir rapidement pour protéger des détenus de la torture et d’autres mauvais traitements, d’enquêter efficacement sur leurs allégations. Voir également le rapport de novembre 2016 d’Amnesty International (en anglais) Window-dressing or pioneers of change ? An assessment of Bahrain’s human rights oversight bodies (https://www.amnesty.org/en/documents/mde11/5080/2016/en/).
Nom : Al Sayed Alawi Hussain al Alawi
Homme

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