La Commission inter-ecclésiastique justice et paix défend les droits humains en Colombie depuis plus de 30 ans. Travaillant dans plusieurs régions du pays, situées dans les départements d’Antioquia, du Chocó, du Cauca, du Valle del Cauca, du Meta et du Putumayo, dont la plupart font partie des zones du pays les plus affectées par le conflit armé, les inégalités, la discrimination et d’autres problèmes systémiques, cette organisation a soutenu des personnes, des familles et des communautés dans leurs appels au respect et à la réalisation de leurs droits civils, politiques, économiques, culturels et environnementaux.
La défense des droits humains en Colombie est une activité à haut risque.
L’histoire de la Commission inter-ecclésiastique justice et paix en fournit un exemple. En raison de leur travail, cette organisation et ses membres ont été soumis à des menaces et attaques de la part de représentants de l’État et d’acteurs privés. Elle a signalé tous ces épisodes, sollicité la protection des autorités colombiennes et bénéficié de mesures conservatoires par le biais de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.
Malgré cela et une demande récente de renforcement des mesures de sécurité fournies par l’Unité nationale de protection, la Commission inter-ecclésiastique justice et paix a signalé plusieurs pannes dans les véhicules qui lui ont été assignés et des retards dans leur maintenance, ainsi que l’affaiblissement global des mesures de protection.
La protection fournie par les autorités est loin de couvrir toutes les équipes de l’organisation, qui interviennent dans différentes zones en Colombie et se déplacent constamment en raison de son travail auprès des populations touchées par la violence.
La Commission inter-ecclésiastique justice et paix travaille en outre dans certaines des régions les plus marginalisées de Colombie. Le manque de garanties en ce qui concerne sa sécurité a un impact négatif non seulement sur l’exercice de son droit de défendre les droits humains, mais également sur les personnes et communautés bénéficiant de leur relation avec elle. Cette situation s’inscrit de surcroît dans une tendance plus large à la restriction de l’espace dédié à la défense des droits humains dans le pays, que le gouvernement, qui a promis de protéger les défenseur·e·s des droits humains, doit combattre de toute urgence.
Bien que la Commission inter-ecclésiastique justice et paix ait dénoncé publiquement les menaces visant Juan Carlos Gaon et adressé des demandes directes aux autorités colombiennes, elle attend toujours une réponse efficace correspondant au niveau des risques existants.