Écrire Un paysan victime de tirs, une communauté en danger

Un leader de la communauté paysanne La Europa dans le nord de la Colombie s’est fait tirer dessus par un agresseur non identifié, alors que le climat se tend face à une vague d’homicides visant des défenseurs des droits humains, notamment des défenseurs du droit à la terre.

Dans la matinée du 17 novembre, un assaillant inconnu circulant à moto a tiré sur Argemiro Lara, leader de la communauté La Europa dans la municipalité d’Ovejas, dans le département de Sucre. Argemiro Lara se rendait à un meeting dans la ville de Sincelejo (département de Sucre), accompagné du garde du corps mandaté par l’État pour assurer sa protection. L’agresseur s’est enfui grâce à l’intervention du garde du corps. Argemiro Lara et son garde du corps n’ont pas été blessés.
Argemiro Lara est membre de deux ONG, le Mouvement national des victimes de crimes d’État (MOVICE) et le Comité permanent pour la défense des droits humains (CPDH).

Il a été menacé à maintes reprises au fil des ans en raison de ses activités : il soutient la communauté dans ses revendications concernant la propriété de l’exploitation La Europa. Depuis les années 1990, plusieurs de ses habitants ont été tués ou déplacés de force. Depuis 2013, la communauté a déposé une requête afin d’obtenir la propriété légale de l’exploitation La Europa en faisant appel à l’Unité chargée de la restitution des terres dans l’État, mais attend toujours que la décision concernant cette requête soit rendue.
Les préoccupations s’intensifient face à la récente vague d’homicides visant des défenseurs des droits humains, particulièrement les leaders sociaux et communautaires et les défenseurs du droit à la terre. Selon des organisations locales de défense des droits humains, près de 70 d’entre eux ont été tués en 2016 dans diverses régions du pays.

En 1994, 12 paysans ont été tués et 80 déplacés de l’exploitation de La Europa (commune d’Ovejas, département de Sucre) par des paramilitaires. Certains ont pu y retourner en 2010 mais font depuis l’objet de menaces et d’actes de harcèlement. Leurs maisons sont fréquemment incendiées.
La communauté a déposé en 2013 une requête de restitution de terres, en s’appuyant sur la Loi de 2011 relative aux victimes et à la restitution des terres (Loi 1448), et le dossier a enfin été pris en charge par l’Unité chargée de la restitution des terres en 2015. Cependant, les membres de la communauté attendent toujours que le jugement soit rendu. Dans l’attente, les demandeurs et leurs dirigeants continuent de subir des menaces.
MOVICE, large coalition d’organisations de la société civile qui font campagne en faveur des droits des victimes, et le Comité permanent pour la défense des droits humains (CPDH) accompagnent les habitants de l’exploitation La Europa dans leurs démarches pour revendiquer la propriété sur ces terres et dénoncer les violations des droits humains dont ils sont victimes. D’autres membres de MOVICE et du CPDH sont également menacés en raison de leur travail en faveur des droits humains.

Bien que les violences contre les civils dans le cadre d’affrontements ont nettement diminué depuis le début du processus de paix, les attaques contre les défenseurs des droits humains, notamment les dirigeants des communautés indigènes, afro-colombiennes et paysannes, se poursuivent à un rythme alarmant.

Nombre de ces attaques sont liées aux groupes armés qui cherchent à prendre le contrôle de terres riches en ressources appartenant à des communautés rurales en vue de les exploiter à des fins de profit économique.

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