Écrire La peine d’emprisonnement d’un militant est réduite à 3 ans

La peine d’emprisonnement de cinq ans de Fadhel Abbas Mahdi Mohamed, militant politique et prisonnier d’opinion, a été ramenée à trois ans par la Haute Cour d’appel de Bahreïn le 26 octobre. Il a été déclaré coupable de « diffusion de fausses informations qui pourraient compromettre des opérations militaires de Bahreïn et de ses alliés et appel à la résistance ».
Le 26 octobre, la Haute Cour d’appel de la capitale de Bahreïn, Manama, a rendu sa décision dans l’affaire de Fadhel Abbas Mahdi Mohamed, ancien secrétaire général de l’Assemblée démocratique nationale unitaire, un parti d’opposition également connu sous le nom d’al Wahdawi. Le tribunal a ramené sa peine de cinq à trois ans de prison. Il est toujours en détention à la prison de Jaww, au sud de Manama.
Le 28 juin 2015, la Haute Cour criminelle de Manama avait condamné Fadhel Abbas à cinq ans de prison pour « diffusion de fausses informations qui pourraient compromettre des opérations militaires de Bahreïn et de ses alliés et appel à la résistance » après que son parti politique avait déclaré que les frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite au Yémen constituaient une violation du droit international. La première audience de son procès en appel s’était déroulée en son absence le 11 octobre 2015 et les audiences ultérieures avaient été repoussées plusieurs fois.
Amnesty International pense que Fadhel Abbas a été condamné uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression sans utiliser ni prôner la violence.

Fadhel Abbas a été arrêté le 26 mars 2015 après que son parti d’opposition al Wahdawi (Assemblée démocratique nationale unitaire) a déclaré que les frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite au Yémen constituaient une violation du droit international. Ce jour-là, le ministre de l’Intérieur avait annoncé le soutien de Bahreïn à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen et avait indiqué dans une déclaration que les pouvoirs publics prendraient des mesures contre toute « tentative de tirer parti de la situation par la division ou la sédition, ou déclaration défavorable à l’approche adoptée par Bahreïn ».
Le procès de Fadhel Abbas devant la Haute Cour criminelle de Manama s’est ouvert le 27 avril 2015 et il a plaidé non coupable à la première audience. Le 28 juin suivant, il a été condamné à cinq ans de prison pour « diffusion de fausses informations qui pourraient compromettre des opérations militaires de Bahreïn et de ses alliés et appel à la résistance ». Fadhel Abbas n’a pas été conduit au tribunal lors de la première audience en appel, qui s’est déroulée le 11 octobre 2015. Le 28 juin 2016, la cour d’appel a annoncé qu’elle rendrait sa décision le 26 octobre.
Fadhel Abbas a été condamné moins de deux semaines après qu’un autre éminent dirigeant de l’opposition, Sheikh Ali Salman, secrétaire général de l’Association islamique nationale al Wefaq, a été condamné par la Haute Cour criminelle, à l’issue d’un procès inique, à quatre ans de prison pour « incitation publique à la haine et au mépris envers une partie de la population dans le but de troubler l’ordre public », « insultes publiques envers le ministère de l’Intérieur » et « appel public à enfreindre la loi ». Ces charges semblaient être liées à des déclarations qu’il avait faites en 2012 et 2014, notamment lors de l’assemblée générale de son parti, le 26 décembre 2014. Il avait alors fait référence au refus de l’opposition bahreïnite de suivre l’exemple syrien et de transformer le pays en champ de bataille. Il a également souligné le besoin d’égalité pour tous les Bahreïnites, y compris la famille régnante. Le 30 mai 2016, la Cour d’appel de Manama a confirmé la condamnation de Sheikh Ali Salman et a augmenté la durée de sa peine de prison de quatre à neuf ans, annulant ainsi son acquittement pour les accusations d’« incitation à promouvoir la réforme du système politique par la force, la menace ou d’autres moyens illégaux ». Son procès en appel était en cours depuis huit mois et a été entaché d’irrégularités.
L’article 133 du Code pénal bahreïnite prévoit jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour quiconque « diffuse délibérément, en temps de guerre, des nouvelles, des déclarations ou des rumeurs fausses ou malveillantes ou lance des campagnes d’information défavorables afin de compromettre la préparation militaire visant à défendre Bahreïn ou les opérations militaires des forces armées, de semer la panique parmi la population ou de saper la persévérance de la nation ».
Depuis mai 2016, les autorités de Bahreïn répriment de plus en plus l’exercice des droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique, d’association et de circulation, et visent en particulier des membres de l’opposition et des personnes qui critiquent l’action gouvernementale. Nabeel Rajab, éminent défenseur des droits humains et président du Centre des droits humains de Bahreïn, a été arrêté le 13 juin. Le jour suivant, les activités de l’Association islamique nationale al Wefaq ont été suspendues par la Haute Cour administrative et, le 20 juin, son chef spirituel, Sheikh Isa Qasem, a été déchu de sa nationalité. Cinq militants, parmi lesquels des défenseurs des droits humains, ont été empêchés de quitter le pays pour assister à la session de juin du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. En juin, la vice-présidente de l’Association des enseignants de Bahreïn n’a pas pu se rendre à Oslo pour participer à la cérémonie de remise du prix Arthur Svensson. D’autres interdictions de sortie du territoire ont été imposées et au moins 60 religieux chiites ont été convoqués à des fins d’interrogatoire à propos de manifestations qui ont eu lieu depuis le 20 juin dans le village de Duraz contre la déchéance de nationalité de leur chef spirituel. La majorité d’entre eux ont été inculpés de « rassemblement illégal ».

Nom : Fadhel Abbas Mahdi Mohamed
Homme

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