Écrire Plusieurs organisations indigènes menacées

L’Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC) a signalé que plusieurs tracts menaçants à l’égard d’organisations indigènes de défense des droits humains avaient été trouvés dans la rue et sur les voies ferrées dans la municipalité d’Uribia (département de La Guajira, nord de la Colombie).
Le 10 octobre, plusieurs tracts menaçant des organisations indigènes de défense des droits humains ont été trouvés dans la rue et sur les voies ferrées dans la municipalité d’Uribia, dans le département de La Guajira, au nord de la Colombie.

Ces tracts de menaces visaient des représentants des organisations indigènes de La Guajira ci-après : Wayúu Nación, Wayúu Araurayu, Observatorio Fuerza de Mujeres Wayúu et l’ONIC. Dans sa déclaration publique, l’ONIC a accusé les Aigles noirs (Águilas Negras, ensemble de groupes paramilitaires), dont le groupe armé local est connu sous le nom de Bloc capital (Bloque Capital), d’être à l’origine de leur publication.

Les tracts indiquaient que les organisations de défense des droits humains du département de La Guajira « nuisaient au développement du pays » et les menaçaient d’attaques.

Ces événements sont survenus quelques jours avant l’audience de suivi entre la Cour constitutionnelle et la Fiscalía General de la Nación (organe de l’État qui déclenche la procédure pénale, mène l’enquête et prononce l’inculpation) destinée à évaluer la mise en œuvre par le gouvernement colombien de la décision T-302 de 2017, qui a confirmé la violation massive et systématique des droits fondamentaux du peuple indigène wayúu.

Ces organisations indigènes ont déjà reçu des menaces à plusieurs reprises, car elles dénoncent régulièrement l’absence de garanties en ce qui concerne le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à une eau salubre, au territoire, à la terre et à un environnement sain dans la région.

Situé dans le nord de la Colombie, le département de La Guajira possède la plus grande zone désertique du pays ; il se caractérise par la richesse de ressources naturelles telles que le charbon, le gaz et le sel et dispose de plusieurs parcs éoliens. Toutefois, dans la région, l’eau potable est rare, l’infrastructure des services publics faible et, surtout, les enfants du peuple indigène wayúu qui vivent sur ce territoire souffrent d’insécurité alimentaire.

En 2016, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a signalé que 4 770 enfants du peuple indigène wayúu étaient morts des suites de problèmes liés à la malnutrition et au manque d’eau potable depuis 2008. Actuellement, le département de La Guajira présente le taux de mortalité infantile due à la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans le plus élevé de Colombie. En 2017, la Cour constitutionnelle a déclaré l’existence d’un « état d’inconstitutionnalité », invoquant les violations massives et systématiques des droits fondamentaux du peuple autochtone wayúu à La Guajira, ainsi que la faible réponse institutionnelle en matière d’assistance. Cependant, un an plus tard, la situation ne semble guère avoir changé. Au contraire, peu de progrès ont été enregistrés.

Les organisations indigènes Nación Wayúu, Wayúu Araurayu, Observatorio Fuerza de Mujeres Wayúu et l’Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC) dénoncent la passivité des autorités locales et départementales s’agissant de la protection des droits du peuple indigène wayúu.

Ces organisations dénoncent également la menace constante que représente la présence d’acteurs armés sur leurs territoires. En ce qui concerne les mesures de protection collective des communautés en danger, les mesures prévues par l’État pour faire face au conflit sont manifestement insuffisantes par rapport aux besoins réels. Actuellement, le mécanisme de protection géré par l’Unité nationale de protection est confronté à divers problèmes en raison de l’augmentation du nombre d’homicides de défenseures et défenseurs des droits humains depuis 2016. Dans un rapport publié en novembre 2017, Amnesty International a réaffirmé la nécessité de renforcer les mécanismes de protection collective et de garantir la sécurité des personnes qui défendent les droits humains, notamment celles qui mènent leurs activités dans les zones rurales et qui défendent la terre, le territoire et l’environnement, sur la base de consultations avec les communautés en danger.

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