Écrire Des policiers ont utilisé du gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques

Les habitants de la ville de Buenaventura, en Colombie, ont signalé la répression policière, et notamment l’utilisation de gaz lacrymogène, lors des manifestations pacifiques qui ont débuté le 16 mai. Plusieurs personnes, dont deux enfants, ont été blessées. La présence de la police et des forces armées est particulièrement forte dans cette zone, et on craint que la violence ne s’accentue avec les futures manifestations.

Les habitants de Buenaventura ont déclaré une grève générale le 16 mai pour demander au gouvernement colombien de garantir leurs droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que leur droit de participer à la mise en place des accords de paix avec les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Les organisateurs de la grève générale ont appelé les habitants de Buenaventura à cesser toute activité commerciale ou scolaire et de descendre dans les rues pour manifester pacifiquement jusqu’à ce que le gouvernement apporte une réponse rapide et satisfaisante à leurs demandes.

Le 20 mai, au cours d’une manifestation pacifique, des agents de l’escadron mobile antiémeute (ESMAD) ont utilisé sans prévenir du gaz lacrymogène contre des manifestants, dont des enfants, des personnes en situation de handicap et des personnes âgées, qui étaient rassemblées sur le pont Piñal et dans le secteur de La Delfina, deux des huit points de rendez-vous de la manifestation. L’ONG locale Proceso de Comunidades Negras (PCN) a signalé à Amnesty International que cette répression injustifiée avait provoqué un conflit entre les forces de sécurité et des manifestants, ce qui a eu pour conséquence que plusieurs personnes, dont deux enfants, avaient été blessées. PCN a lancé un appel urgent à renforcer la présence des organisations défendant les droits humains afin d’empêcher les conflits et la répression.

Les 21 et 22 mai, malgré la peur d’une répression et d’une violence accrues, des manifestations pacifiques ont eu lieu à différents endroits de Buenaventura et des zones rurales environnantes. La garde indigène, un corps de protection non armé de plusieurs communautés indigènes du pays, a également participé aux manifestations, afin de protéger les manifestants de nouvelles violences. Des manifestants ont annoncé que la grève générale sera maintenue tant que le gouvernement n’aura pas réglé les questions en jeu. Dans d’autres villes de Colombie – comme Quibdó (département du Chocó), Tumaco (Nariño) et Cali (Valle del Cauca) – des manifestations en soutien à la grève générale ont été annoncées. Des groupes locaux de Buenaventura ont peur qu’avec l’amplification des manifestations, le risque de violente répression par les forces de sécurité de l’État ne s’accentue également.

Deux problèmes majeurs sont à l’origine des troubles civils à Buenaventura, peuplée majoritairement de communautés afro-colombiennes et indigènes : la ville est depuis longtemps systématiquement abandonnée par l’État (ce qui a pour conséquence que 80 % de la population vit dans la pauvreté, et qu’il y a un manque généralisé d’accès aux droits humains fondamentaux), et le niveau de violence est élevé en raison de la présence de plusieurs acteurs rivaux (trafiquants de drogue, bandes criminelles et autres groupes armés, notamment des guérilleros).

Les habitants de Buenaventura avaient également appelé à la grève générale il y a trois ans, après que le gouvernement eut déclaré l’état d’urgence. Des négociations avaient eu lieu entre les habitants et le gouvernement. Ils étaient parvenus à un accord selon lequel le gouvernement agirait immédiatement pour, entre autres mesures, fournir eau et assainissement à toute la population de Buenaventura, construire un hôpital moderne et améliorer le système éducatif. Jusqu’à présent, la plupart de ces promesses n’ont pas été tenues.

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