Écrire Un politicien emprisonné a besoin de soins de santé en urgence

La santé de Tofig Yagublu, figure de l’opposition politique en Azerbaïdjan, continue à se détériorer fortement. Un de ses genoux ne peut supporter son poids, en raison de douleurs aiguës et de tuméfactions.

Tofig Yagublu doit être libéré immédiatement et sans condition, et autorisé à accéder aux soins dont il a besoin en urgence.

Tofig Yagublu est un opposant de renom et un ancien journaliste, qui critique ouvertement le gouvernement azerbaïdjanais. Ce membre du Parti de l’égalité est un politicien chevronné au sein du Conseil national des forces démocrates, une coalition de partis et de militant·e·s de l’opposition. Depuis longtemps dans le viseur des autorités azerbaïdjanaises en raison de ses critiques concernant la corruption au sein du gouvernement et les violations des droits humains, il a déjà été emprisonné par le passé sur la base de fausses accusations motivées par des considérations politiques.

Le 14 décembre 2023, des policiers ont arrêté Tofig Yagublu alors qu’il sortait du métro dans le centre de Bakou. Ils ont plus tard affirmé avoir trouvé 5 000 euros, 2 500 manats et un montant non spécifié de dollars des États-Unis à son domicile familial. Selon sa fille, Nigar Hazi, ces sommes avaient été placées par les autorités durant la perquisition. La détention de sommes d’argent, y compris en devises étrangères, ne constitue pas une infraction en vertu du droit azerbaïdjanais.

Le 10 mars 2025, le tribunal de Bakou chargé des infractions graves a condamné Tofig Yagublu à neuf années de prison pour « fraude ayant entraîné un préjudice important » (article 178.3.2 du Code pénal) et « falsification de documents » (articles 320.1 et 320.2). Il a toujours nié l’ensemble des accusations portées contre lui.

Le 20 mai 2025, la cour d’appel de Bakou a confirmé la peine de neuf ans de prison prononcée contre Tofig Yagublu au terme d’un simulacre d’audience qui s’inscrit dans la répression systématique de l’opposition en Azerbaïdjan. Le 1er avril 2025, il a annoncé entamer une grève de la faim afin de protester contre une condamnation qu’il a qualifiée d’« infondée, illégale et indigne ».

Tofig Yagublu a été placé en quarantaine au centre pénitentiaire n° 17 pendant plus de 15 jours sans explication de la part des autorités, avant d’être transféré vers la zone soumise aux conditions générales de détention le 8 mai.

Les poursuites à caractère politique engagées contre Tofig Yagublu s’inscrivent dans la répression systématique et persistante menée par les autorités azerbaïdjanaises contre des politicien·ne·s, des défenseur·e·s des droits humains, des personnes critiquant le gouvernement, des médias indépendants et toute forme d’opposition, notamment l’emprisonnement récent d’autres figures de l’opposition sur la base de charges similaires.

J'agis

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Monsieur le Président,

Je vous écris afin d’attirer votre attention sur la détérioration rapide de la santé de Tofig Yagublu, responsable politique de l’opposition, qui se trouve en détention arbitraire. Il se trouve au centre pénitentiaire n° 17, et un de ses genoux ne peut plus supporter son poids, du fait de douleurs aiguës et de gonflements.

À la suite de demandes répétées de la part de sa famille, il a été transféré à l’hôpital des services carcéraux, où une radiographie a été effectuée mais s’est avérée insuffisante pour diagnostiquer le problème. Il a ensuite été transféré à l’hôpital Leyla Shikhlinskaya, où une IRM a été réalisée. Cependant, au 15 juin, soit plus quatre semaines après l’IRM, et bien que Tofig Yagublu ait consenti à ce que les résultats soient partagés avec sa famille, les conclusions de l’IRM n’avaient toujours pas été communiquées à Tofig Yagublu ni à ses proches, et les autorités carcérales ont systématiquement refusé de le faire.

La tuméfaction au niveau de son genou avait été constaté durant son passage en détention provisoire à Kurdakhani, où il a été examiné à plusieurs reprises. Au début, le personnel carcéral l’a dissuadé de porter une attelle au genou. Cependant, après l’IRM, le médecin qui l’a examiné a fortement conseillé le port d’une attelle.

La douleur est devenue si forte qu’il a désormais besoin d’un dispositif d’aide à la marche. Sa famille a dû faire le nécessaire pour qu’il puisse recevoir une béquille, mais les autorités de la prison s’opposent à ce qu’il l’utlise et l’ont renvoyée à la famille.

L’État est responsable de la vie et de la santé de toutes les personnes se trouvant sous sa garde. Cela suppose entre autres de garantir un accès gratuit à des services de soin, sans discrimination, et de fournir des soins médicaux immédiats dans les situations urgentes.

Je vous exhorte à libérer Tofig Yagublu immédiatement et sans condition, et à garantir qu’il puisse recevoir les soins dont il a besoin. Je demande aussi aux autorités azerbaïdjanaises de cesser d’utiliser le système de justice pénale afin de réprimer l’opposition et la liberté d’expression.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

LANGUES À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : turc azéri, turc, russe, anglais
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