Écrire Les poursuites et restrictions dont fait l’objet un militant doivent cesser

Pour agir, copiez-collez le modèle de lettre ci dessous dans le cadre bleu et envoyez le par email à Marcy Cláudio Lopes , ministre de la Justice et des Droits humains : dndh.mjdh.angola@gmail.com , ainsi qu’à l’ambassade de la République d’Angola en Belgique : angola.embassy.belgium@skynet.be ou embaixada.belgica@mirex.gov.ao

Vous pouvez également personnaliser votre courrier avant de l’envoyer : cela augmentera la probabilité qu’il parvienne aux destinataires. Veillez à ce que votre message soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions assurer un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre email.

Serrote José de Oliveira, également connu sous le nom de « général Nila », a été remis en liberté le 23 juillet 2026 après avoir passé près d’un an en détention provisoire.

Les poursuites et les restrictions dont il fait l’objet n’ont cependant pas été levées. Il a été arrêté le 28 juillet 2025 alors qu’il diffusait en direct sur TikTok des informations sur une grève des chauffeurs de taxi. Un agent en civil a tiré plusieurs coups de feu dans sa direction. Deux balles l’ont touché à la jambe, et l’une d’elles est toujours logée dans son corps.

Malgré une décision de justice, il n’a pas reçu de soins médicaux adéquats. Les autorités n’ont fait état d’aucun acte illégal de sa part ni justifié ces coups de feu.

Elles doivent immédiatement abandonner les poursuites, lever les restrictions, et veiller à ce qu’il soit soigné et à ce qu’il ait accès à la justice et à des voies de recours efficaces.

Les autorités doivent également mener une enquête approfondie et efficace sur ces coups de feu et traduire en justice quiconque sera soupçonné d’en être responsable.

La remise en liberté du général Nila, le 23 juillet 2026, n’a pas mis un terme aux poursuites pénales engagées contre lui. Sa situation est ainsi passée de la détention provisoire à une libération soumise à des restrictions procédurales. Il vit à présent chez lui, mais son état de santé demeure très préoccupant. La balle qui est toujours logée dans sa jambe continue de le faire souffrir et il lui est parfois difficile de se mouvoir. Il utilise actuellement des béquilles et attend que les autorités lèvent les restrictions dont il fait l’objet afin qu’il puisse se faire soigner de façon appropriée en Angola ou à l’étranger et savoir si la balle peut être extraite de sa jambe en toute sécurité.

Des groupes de la société civile en Angola ont appelé à des manifestations nationales à partir du 12 juillet 2025, en réaction à la décision du gouvernement d’augmenter le prix du diesel de plus de 30 %. Ces manifestations reflétaient la colère généralisée face à la hausse du coût de la vie et aux pressions économiques croissantes auxquelles sont confrontés les Angolais·e·s. Le premier jour des manifestations (le 12 juillet), la police a réprimé les manifestant·e·s en recourant à une force injustifiée et excessive, et a arrêté au moins 12 personnes à Luanda.

Après cette vague de mobilisation, l’Association nationale des taxis d’Angola (ANATA) a appelé à une grève de trois jours à compter du 28 juillet, également pour protester contre la hausse du prix du diesel. Cette augmentation a entraîné une hausse de 50 % des tarifs des taxis minibus, ce qui a eu de graves répercussions sur les personnes qui dépendent de ce mode de transport public pour se rendre au travail tous les jours.

Des affrontements violents avec la police, des actes de vandalisme et des pillages ont été signalés dans différents secteurs de Luanda. Le 31 juillet, le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a indiqué que 1 214 personnes avaient été arrêtées, 197 blessées et que 22 étaient mortes au cours des deux jours de grève.

Ce n’est pas la première fois qu’une hausse du prix des carburants déclenche des manifestations meurtrières en Angola. Le dernier rapport en date consacré par Amnesty International à l’Angola indique que les « manifestations de Huambo » le 5 juin ont fait cinq morts, dont un garçon de 12 ans qui rentrait de l’école.

L’article 4 de la loi angolaise relative aux actes de vandalisme commis contre des biens et services publics, la Loi 13/24, prévoyait une peine de cinq à 10 ans d’emprisonnement pour la destruction de biens publics ou la perturbation ou le blocage d’un service public.

Le 4 décembre 2025, la Cour constitutionnelle de l’Angola a déclaré inconstitutionnels l’article 4 et plusieurs autres dispositions de la loi, cette décision ayant force obligatoire générale, ce qui signifie qu’ils ne pouvaient plus être légalement appliqués par aucun tribunal ni aucune autorité publique. La Cour a estimé que l’article 4 imposait la même fourchette de peines sévères pour des comportements dont la gravité variait considérablement et ne faisait pas de distinction claire entre les perturbations illégales et les comportements protégés par les droits de grève et de réunion pacifique. Elle a estimé que cette disposition violait des principes constitutionnels, notamment ceux de proportionnalité, de dignité humaine et d’état de droit.

Le 25 mars 2026, le Conseil des ministres a examiné une proposition visant à mettre la loi en conformité avec la décision de la Cour constitutionnelle et a approuvé sa soumission à l’Assemblée nationale. Le Parlement a débattu et approuvé la proposition de loi dans ses grandes lignes le 21 mai 2026.

J'agis

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Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits humains,

Je vous écris au sujet de Serrote José de Oliveira, également connu sous le nom de « général Nila », qui est un militant et le dirigeant du mouvement UNTRA (Union nationale pour la révolution totale de l’Angola).

Comme vous le savez peut-être, le général Nila a été arrêté le 28 juillet 2025 alors qu’il se rendait à l’hôpital pour rendre visite à un proche. Il s’exprimait en direct sur TikTok et encourageait les gens à rester chez eux pendant la grève des chauffeurs de taxi.

Des témoignages, confirmés par la suite par le général Nila, indiquent que deux hommes en civil, soupçonnés d’être liés au Service des enquêtes criminelles, se sont approchés de lui et ont tiré plusieurs coups de feu en direction de ses jambes. Deux balles l’ont touché. L’une a traversé son corps et l’autre y est toujours logée à ce jour. Malgré une décision de justice ordonnant son transfert vers un hôpital pénitentiaire, il n’a pas reçu de soins médicaux adéquats.

Le général Nila a passé près de 12 mois en détention provisoire, et son avocat s’est vu refuser l’accès au dossier pendant près d’un an. Sa détention était fondée sur l’article 4 de la loi relative au vandalisme, qui a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle le 4 décembre 2025.

J’ai certes accueilli avec beaucoup de soulagement la nouvelle de sa libération, intervenue le 23 juillet 2026 à la suite de la décision de la Cour d’appel de Luanda qui a estimé que les conditions juridiques pour sa détention n’étaient pas remplies, mais il est toutefois préoccupant de constater que les poursuites engagées contre lui sont toujours en cours.

De plus, il est soumis à de sévères restrictions, telles que l’obligation de se présenter aux autorités tous les 15 jours et l’interdiction de quitter l’Angola. Plusieurs droits du général Nila ont été violés au cours de l’année écoulée.

Je vous exhorte donc, ainsi que votre gouvernement, à veiller à ce que les poursuites pénales engagées contre le général Nila soient immédiatement abandonnées et à ce que toutes les restrictions dont il fait l’objet soient levées. Les autorités ne doivent pas continuer à utiliser à mauvais escient le système pénal pour s’en prendre à lui et pour le harceler en raison de son militantisme.

Elles doivent par ailleurs veiller à ce qu’il bénéficie de soins médicaux appropriés, ait accès à la justice et à des recours effectifs, et à ce qu’une enquête indépendante, impartiale, transparente et efficace soit menée dans les meilleurs délais sur les coups de feu tirés sur lui, afin que toute personne soupçonnée d’en être responsable soit déférée à la justice.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

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