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Monsieur le Procureur général,
Je vous écris afin de vous faire part de ma vive préoccupation au sujet de sept membres de la communauté de Vikolôngwa Mbútwa, dans la province de Huíla, en Angola : Sapalo António Kakandi, Paulo Cambuta Kapaya, Mwetuyapula Francisco, Eduardo Mbambi Licino Kessongo, Eduardo Tchaima, Francisca Tuahuma et Cecília Candumbo Mweyanavi.
La communauté de Vikolôngwa Mbútwa a besoin de terres pour ses cultures et pour l’élevage de bétail. Ses membres avaient demandé l’intervention des autorités administratives et de la province afin d’obtenir leur aide dans le cadre d’un litige foncier, et attendaient une réponse.
Le 23 novembre 2024, les membres de la communauté ont entendu le bruit de machines sur les terres et ont pensé que l’administrateur local était arrivé afin de leur communiquer la décision des autorités. Ils se sont au contraire heurtés à des policiers qui ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc dans leur direction, et ont frappé et soumis à des arrestations violentes sept membres de cette communauté.
Si cinq de ces personnes ont été remises en liberté deux jours plus tard, le 25 novembre 2024, les deux autres ont été maintenues en détention provisoire pendant 13 mois. Elles ont toutes les sept été accusées d’association de malfaiteurs, de coups et blessures graves, de résistance à représentant de l’État, de participation à une émeute, de recours illégal à des armes, de menaces et de perturbation des services publics. Leur procès s’est ouvert le 17 décembre 2025.
Une audience de prononcé du jugement devait avoir lieu en mars 2026 mais a été reportée. Le jugement est désormais attendu d’un moment à l’autre.
Amnesty International craint fort que le maintien d’accusations infondées et le manquement au devoir d’examiner les violations signalées ne renforcent l’insécurité et la peur au sein de cette communauté, et ne menacent les droits et les moyens de subsistance d’autres personnes confrontées à des conflits fonciers similaires.
Je vous demande d’abandonner immédiatement les poursuites infondées engagées contre les sept membres de la communauté de Vikolôngwa Mbútwa et de mettre fin aux poursuites qui les visent.
Je vous exhorte en outre à veiller à ce qu’une enquête rigoureuse, indépendante, impartiale et efficace soit menée dans les meilleurs délais sur les allégations de torture, de mauvais traitements et de recours excessif à la force contre ces sept personnes.
En attendant l’abandon des charges, et dans l’éventualité d’étapes supplémentaires de procédure dans cette affaire, je vous demande de prendre toutes les mesures en votre pouvoir afin d’assurer que les droits de la défense et toutes les garanties d’équité des procès soient pleinement respectés.
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.
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