Écrire Un prisonnier d’opinion en butte à des représailles

Bahreïn Abdulhadi Al Khawaja

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous dans le cadre bleu en remplissant un formulaire à l’attention du Prince et Premier ministre, Sheikh Salman bin Hamad et envoyez un email à l’ambassade de Bahrein à Bruxelles : brussels.mission@mofa.gov.bh.

Vous pouvez aussi personnaliser votre courrier avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il parvienne au premier ministre et au ministère de l’Intérieur. Veillez à ce que votre courrier soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions faire un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre mail.

Défenseur des droits humains ayant la double nationalité danoise et bahreïnite, Abdulhadi Al Khawaja continue d’être privé d’une procédure régulière devant le tribunal.

Le 29 décembre 2022, une cour d’appel a statué qu’il n’avait pas le droit d’interjeter appel dans l’affaire dans laquelle il a été condamné pour insulte à un fonctionnaire et, le 5 janvier 2023, elle a confirmé sa condamnation dans l’affaire concernant une chaise brisée en prison.

Abdulhadi Al Khawaja n’a pas été conduit au tribunal pour assister aux audiences. Le 6 janvier, il a été amené dans la salle des gardiens pour une confrontation avec le fonctionnaire qu’il est accusé d’avoir insulté.

Abdulhadi Al Khawaja est un prisonnier d’opinion, qui doit être libéré immédiatement et sans condition.

Défenseur bien connu des droits humains et prisonnier d’opinion, Abdulhadi Al Khawaja, 61 ans, est marié et père de quatre filles et grand-père de quatre petits-enfants. Il est le cofondateur du Centre du Golfe pour les droits humains (GCHR) et du Centre bahreïnite pour les droits humains (BCHR). Jusque début 2011, il travaillait en tant que coordinateur de la protection pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient à Frontline Defenders, organisation de défense des droits humains.

Il a également participé à une mission d’enquête en Irak en 2003 avec Amnesty International et est membre du International Advisory Network of the Business and Human Rights Resource Centre (réseau consultatif international du Centre de ressources entreprises et droits humains). Défenseur pacifique des droits humains, il a été lauréat de plusieurs prix, notamment le prix Dignity – World without Torture qui lui a été décerné en octobre 2013. Plus récemment, en 2022, il a reçu le prestigieux prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits humains.

Le 6 novembre 2022, au cours d’un appel avec ses filles, Abdulhadi Al Khawaja leur a dit qu’il allait être jugé dans le cadre de plusieurs nouvelles affaires distinctes. Le 3 novembre, son procès a débuté en son absence devant la deuxième Cour pénale inférieure, pour avoir soi-disant cassé une chaise en plastique en novembre 2021 et insulté un policier à la prison de Jaww, car il s’était vu refuser la possibilité d’appeler ses filles qui vivent à l’étranger. Une deuxième audience prévue le 16 novembre a été reportée au 28 novembre, car il a été demandé à Abdulhadi Al Khawaja, qui voulait y assister, de signer au préalable un document de procuration pour que son avocat puisse le représenter au tribunal. Toutefois, alors qu’il attendait de le faire en prison, un responsable a tenté de faire pression sur lui et l’a menacé afin qu’il enregistre une vidéo indiquant qu’il refusait d’assister à l’audience. Il a refusé d’obtempérer et a déclaré à plusieurs reprises devant la caméra qu’il voulait être présent. Il a ensuite été raccompagné dans sa cellule sans pouvoir signer la procuration.

Le 21 novembre, son deuxième procès s’est ouvert pour insulte à un fonctionnaire. Cette affaire concerne un incident survenu le 30 mars 2022, lorsqu’Abdulhadi Al Khawaja a protesté contre l’accord de normalisation avec Israël (accords d’Abraham) et a dit à un gardien que c’était un homme sale et mauvais qui traitait les gens comme des animaux. Cette audience a également été reportée au 28 novembre.

Le 28 novembre 2022, le tribunal l’a déclaré coupable dans le cadre des deux affaires et l’a condamné à des amendes. Le 15 décembre, le Parlement européen a adopté une résolution urgente mettant en avant le cas d’Abdulhadi Al Khawaja et ceux d’autres prisonniers politiques, et appelant à sa libération. Le 27 décembre 2022, il a rencontré son avocat pour la première fois en prison, mais celui-ci n’avait pas encore reçu les documents judiciaires en lien avec ces récentes condamnations.

Abdulhadi Al Khawaja est inculpé dans le cadre d’une troisième affaire et doit répondre du chef d’incitation à renverser ou modifier le régime, et ce en lien avec un incident qui s’est déroulé en prison le 27 juillet 2022, au cours duquel il a demandé la révocation du ministre de l’Intérieur et protesté contre l’accord de normalisation avec Israël et les actes à l’égard des Palestiniens. Cette affaire est en instance auprès du ministère public et pourrait être transmise à la cour à tout moment. S’il est déclaré coupable, Abdulhadi Al Khawaja encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

Abdulhadi Al Khawaja purge une peine de détention à perpétuité à la prison de Jaww pour son rôle dans l’organisation de manifestations pacifiques lors du soulèvement populaire de 2011 à Bahreïn.

En mai 2012, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a estimé que la détention de M. Alkhawaja était arbitraire car elle était liée à l’exercice de ses droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Il a demandé sa libération immédiate et un droit exécutoire à des réparations.

J'agis

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Sire,

Les deux affaires visant Abdulhadi Al Khawaja, ressortissant bahreïnite et danois et prisonnier d’opinion, ont été jugées par la deuxième Haute Cour criminelle d’appel, sans qu’il ne soit autorisé à assister aux audiences. Le 29 décembre 2022, la cour a statué qu’il n’avait pas le droit d’interjeter appel de sa déclaration de culpabilité et de sa condamnation à une amende de 100 dinars bahreïnites (environ 250 euros), en lien avec un incident survenu le 30 mars 2022, lorsqu’il a protesté en prison contre l’accord de normalisation avec Israël (accords d’Abraham) et a eu une altercation avec un gardien.

La cour a reporté son audience au 5 janvier 2023 dans le cadre de la deuxième affaire, qui lui avait valu une condamnation à une amende de 60 dinars bahreïnites (environ 150 euros), pour avoir cassé une chaise et insulté un fonctionnaire en novembre 2021 : il était alors incarcéré à la prison de Jaww et s’était vu refuser la possibilité d’appeler ses filles qui vivent à l’étranger. Abdulhadi Al Khawaja a déjà purgé plus de 11 ans d’une condamnation inique à la perpétuité à la prison de Jaww pour son rôle dans l’organisation de manifestations pacifiques lors du soulèvement populaire de 2011 à Bahreïn.

Le 5 janvier 2023, son avocat a remis au tribunal une lettre dans laquelle Abdulhadi Al Khawaja déclarait qu’il lui avait donné comme instruction de se retirer de l’audience au cas où il ne serait pas autorisé à lui rendre visite avant l’audience, ou s’il n’était pas autorisé à y assister. De fait, Abdulhadi Al Khawaja n’a pas été emmené devant le tribunal et son avocat est donc parti. Le juge a confirmé la déclaration de culpabilité et l’amende.

Le lendemain, Abdulhadi Al Khawaja a appelé ses filles et leur a dit que les gardiens l’avaient attiré par la ruse vers le bâtiment administratif de la prison, sous prétexte de prendre un appel de son avocat ; il a en fait été conduit dans la salle des gardiens pour confronter le fonctionnaire qu’il est accusé d’avoir insulté. Il a résisté pour ne pas entrer dans cette pièce et s’est mis à hurler et à scander des slogans. Le 8 janvier, il a été informé qu’il ne serait plus autorisé à s’entretenir avec son avocat au téléphone.

Étant donné qu’Abdulhadi Al Khawaja est un prisonnier d’opinion pris pour cible pour avoir exercé pacifiquement ses droits fondamentaux, nous vous demandons, Sire, de faire en sorte qu’il soit libéré immédiatement et sans condition, et d’abandonner toutes les déclarations de culpabilité et les condamnations prononcées à son encontre. Dans l’attente de sa libération, je vous demande de veiller à ce qu’il puisse communiquer régulièrement avec son avocat et à ce qu’il soit protégé contre la torture et les mauvais traitements.

Veuillez agréer, Sire, l’expression de ma haute considération,

VOS APPELS : Anglais, arabe. Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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