Écrire Un prisonnier d’opinion se voit refuser une libération sous caution lors de son procès

Le procès du prisonnier d’opinion Ebrahim Sharif a repris jeudi 12 novembre. Sa libération sous caution a été demandée, mais cette requête a été refusée et le procès a été ajourné au 15 décembre. Le procès d’Ebrahim Sharif a repris le 12 novembre devant la Haute Cour criminelle à Manama, la capitale de Bahreïn. Pendant l’audience, la troisième dans le cadre de ce procès, ses avocats ont interrogé un témoin du ministère public sur ses déclarations en relation avec le discours prononcé en juillet par Ebrahim Sharif. La cour a rejeté les demandes déposées par les avocats de la défense en faveur d’une libération sous caution, et a fixé la prochaine audience au 15 décembre afin d’entendre les témoins de la défense. Depuis l’arrestation d’Ebrahim Sharif, ses avocats ont pu lui rendre visite au poste de police d’al Hala, au nord de Manama, où il est actuellement détenu, mais n’ont pas été en mesure de parler de son cas en privé. Ebrahim Sharif a seulement pu recevoir un exemplaire de son dossier des mains de ses avocats après que des fonctionnaires du poste de police et de la Direction des enquêtes criminelles l’ont examiné. Le droit à la confidentialité entre un avocat et son client est un élément important du droit à un procès équitable. Ebrahim Sharif a été inculpé au titre des articles 165 et 160 du Code pénal bahreïnite pour « incitation à la haine et au mépris à l’égard du régime » et « incitation à renverser le régime par la force et par des moyens illégaux ». Il a (...)

Ebrahim Sharif est l’ancien secrétaire général de la Société nationale pour l’action démocratique (Waad), une formation politique laïque d’opposition de Bahreïn formée de personnes tant chiites que sunnites. Il a été arrêté à son domicile le 12 juillet à 2 h 30 du matin et a été conduit à la Direction des enquêtes criminelles où il a été interrogé au sujet d’un discours qu’il avait prononcé lors d’un rassemblement public le 10 juillet. Il a ensuite été placé en détention provisoire pendant 48 heures. Dans son discours, Ebrahim Sharif évoquait le besoin de réformes à Bahreïn, soulignait l’engagement de l’opposition politique en faveur de la non-violence et appelait le gouvernement à introduire des réformes économiques essentielles pour éviter que la faillite ne s’aggrave.

Il a été déféré au parquet le 13 juillet pour être interrogé pour des accusations d’« incitation à la haine et au mépris à l’égard du régime » et d’« incitation à renverser le régime par la force et par des moyens illégaux ». Ebrahim Sharif a nié ces accusations. Le ministère public a ordonné son maintien en détention jusqu’à l’audience du 24 août.
Le dossier d’Ebrahim Sharif n’a pas été transmis à ses avocats dans son intégralité avant l’ouverture du procès le 24 août, bien qu’ils en aient fait la demande. Lors de l’audience d’août, le juge a accepté cette requête et permis aux avocats de la défense d’accéder au dossier. Le ministère public a requis la peine maximale contre Ebrahim Sharif, et la demande de libération sous caution déposée par ses avocats a été refusée. Pendant le procès, Ebrahim Sharif a été autorisé à lire une déclaration de cinq minutes dans laquelle il réaffirmait son engagement en faveur de la non-violence et soulignait le fait que le rôle de l’opposition est de critiquer et de montrer du doigt les fautes du gouvernement auxquelles celui-ci doit remédier. Il a également déclaré que les problèmes à Bahreïn ne peuvent être résolus que par une solution politique pacifique.

Lors de la deuxième audience le 12 octobre, le juge a déclaré aux avocats d’Ebrahim Sharif qu’il n’avait pas reçu la demande qu’ils avaient déposée le 1er octobre afin de pouvoir interroger le témoin présenté par le ministère public, et a ajourné le procès au 12 novembre.

Ebrahim Sharif a été condamné à cinq ans d’emprisonnement en 2011 à l’issue d’un procès inique, pour avoir mené des manifestations antigouvernementales de grande ampleur, tout comme 12 autres militants de l’opposition qui avaient également été condamnés à des peines d’emprisonnement allant de cinq ans à la perpétuit

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