Mahrang Baloch n’a pas été en mesure d’obtenir des soins médicaux adéquats pour les maux de dos dont elle souffre pourtant depuis six mois. De nombreuses demandes ont été déposées auprès de l’administration carcérale, mais on lui a refusé ces soins et elle est contrainte de recourir à l’automédication depuis des mois. À une occasion, après que son état s’est fortement détérioré, un médecin travaillant à la prison a été appelé pour l’examiner. Le traitement a cependant été insuffisant compte tenu du manque d’équipements médicaux en prison.
Quand les autorités ont été forcées à la conduire à l’hôpital le 18 février 2026 en raison de douleurs sévères, sa famille et ses avocats n’en ont pas été informés. Des examens médicaux ont révélé que Mahrang Baloch souffre d’un grave problème à la colonne vertébrale, et que si elle ne reçoit pas les soins requis, sa mobilité risque d’être gravement compromise.
Bebarg Zehri a été blessé lors d’une attaque par les forces pakistanaises de sécurité en 2010, et souffre d’une perte de mobilité dans les deux jambes. Son état s’est aggravé en un an de détention, durant lequel s’est déclarée une infection pour laquelle il a dû subir une intervention chirurgicale. Si sa famille a été satisfaite de son opération, il n’a pas pu bénéficier de soins post-opératoires, ni de visites de suivi par des médecins. Il a besoin de séances de physiothérapie régulières, mais les soins inadéquats prodigués en prison ont aggravé son état et sa masse musculaire a beaucoup diminué. Sa famille a déclaré que les autorités carcérales ne répondent pas à ses besoins en termes d’accessibilité, et que les demandes adressées aux autorités sont systématiquement ignorées.
Le déni de soins médicaux est un problème persistant pour les détenu·e·s. Fin avril 2025, Beebow Baloch a été envoyée à la prison de district de Pishin et aucune raison n’a été fournie pour ce transfert. Elle a été la seule femme détenue sur place pendant plusieurs jours et aurait été soumise à la torture. Elle a été conduite à l’hôpital CMH après que son état s’est fortement dégradé, et a finalement été renvoyée à la prison de Hudda, où elle se trouve depuis lors.
Les ordres de détention prononcés contre ces cinq militant·e·s - en vertu de l’Ordonnance de 1960 sur le maintien de l’ordre public - ont expiré le 22 juin 2025. Ils ont ensuite comparu devant un tribunal antiterroriste le 8 juillet, quelques heures avant qu’une commission judiciaire ne doive se réunir dans le but d’examiner la légalité de leur détention.
Ces militant·e·s ont depuis lors été inculpés dans diverses affaires à travers la province du Baloutchistan, en vertu de la Loi antiterroriste pakistanaise de 1997. Leurs avocat·e·s ont passé les six derniers mois à demander leur libération sous caution dans différentes zones de la province.
Si les militant·e·s sont arrivés à obtenir gain de cause dans la plupart des cas, leurs demandes ont été rejetées dans les affaires de terrorisme à Quetta. Ils comparaissent actuellement devant un juge antiterroriste dans l’enceinte de la prison. Durant l’audience du 7 février 2026, ils ont déclaré qu’ils ne faisaient pas confiance au juge chargé de l’affaire, en raison de remarques semble-t-il hostiles de la part du magistrat.
Ces détentions s’inscrivent dans une campagne de répression plus large dans la province contre les manifestations pacifiques et le droit à la liberté d’expression. Les militant·e·s, les avocat·e·s et les journalistes critiquant cette répression sont également pris pour cible.
En janvier 2026, Imaan Mazari et Hadi Ali Chatta, avocats spécialisés dans les droits humains, qui ont par ailleurs défendu Mahrang Baloch dans plusieurs affaires à Islamabad, ont été condamnés à 10 ans d’emprisonnement pour des publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles ils ont exprimé leur solidarité avec les militant·e·s baloutches, en particulier Mahrang Baloch.
Le journaliste Sohrab Barkat a également été arrêté en décembre 2025 pour des publications à propos du Baloutchistan sur les réseaux sociaux.
Des lois antiterroristes ont été invoquées pour réduire au silence et sanctionner des militant·e·s, en particulier s’ils appartiennent à des minorités ethniques telles que les Baloutches. En juin 2025, l’Assemblée du Baloutchistan a adopté la Loi antiterroriste de 2025, qui prévoit un placement en détention sans inculpation pour une période pouvant aller jusqu’à trois mois.
En octobre 2025, des dizaines de militant·e·s baloutches ont été placés sur une « liste de surveillance antiterroriste » au titre de la section 11 EE de la Loi antiterroriste.