Écrire Un ressortissant britannique détenu arbitrairement doit être libéré

L’état de santé mentale d’Ahmed al Doush s’est nettement dégradé dans la prison où il est détenu arbitrairement en Arabie saoudite. Il a été condamné à cinq ans d’emprisonnement à l’issue d’un procès inique pour des accusations découlant de son utilisation des réseaux sociaux, en violation de son droit à la liberté d’expression.

Les autorités saoudiennes ont arrêté ce ressortissant britannique, analyste d’affaires sénior de la Bank of America, le 31 août 2024 à l’aéroport international King Khalid de Riyadh.

Il allait rentrer au Royaume-Uni après un séjour en Arabie saoudite avec son épouse et ses enfants. Le Tribunal pénal spécial l’a condamné le 12 mai 2025 à 10 ans d’emprisonnement, peine ramenée à huit ans en appel en juin 2025, puis à cinq ans en avril 2026.

Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a récemment conclu que sa détention était arbitraire au regard du droit international et qu’il devait être libéré sans délai.

Ahmed al Doush est actuellement détenu à la prison d’al Hair, à Riyadh, la capitale saoudienne. En raison des restrictions que les autorités pénitentiaires lui imposent lors des appels téléphoniques avec son épouse, celle-ci n’a pas reçu d’informations détaillées sur ses procédures judiciaires, notamment sur les éléments retenus, l’acte d’inculpation et les jugements rendus en première instance et en appel, ni de précisions sur ses conditions de détention ou sa santé.

La famille d’Ahmed al Doush et son avocat au Royaume-Uni n’ont reçu aucune information sur les charges retenues contre lui ni sur les motifs de sa condamnation. Les accusations semblent cependant être en lien avec l’expression. Ahmed al Doush a été soumis à de longs interrogatoires en l’absence de son avocat, lors desquels il affirme avoir été forcé à signer une déclaration avant d’avoir été informé des accusations dont il faisait l’objet. Il a déclaré à ses proches qu’on lui avait dit pendant les interrogatoires que sans son activité sur les réseaux sociaux, il serait chez lui avec sa famille. Pourtant, son compte X ne compte que 37 abonné·e·s et quatre publications au total.

Lors de sa première audience le 27 janvier 2025, après presque cinq mois de détention sans avoir été présenté à un tribunal, le juge lui a dit que des charges seraient retenues contre lui pour utilisation des réseaux sociaux à des fins de diffusion d’informations fausses, mensongères et préjudiciables au Royaume d’Arabie saoudite, et qu’il était accusé d’être en relation avec une personne menaçant la sécurité nationale du Royaume.

Ahmed al Doush a comparu lors de plusieurs audiences. Il s’est vu attribuer un avocat commis d’office lors de sa première audience, après de multiples interrogatoires, mais n’est toujours pas autorisé à communiquer régulièrement avec lui. Le Tribunal pénal spécial a condamné Ahmed al Doush à 10 ans de réclusion le 12 mai 2025. Sa peine a été ramenée à huit ans de prison à l’issue d’une audience en appel le 23 juin 2025.

Ahmed al Doush a été convoqué sans notification préalable à cette audience, lors de laquelle le juge et son avocat saoudien étaient présents. Le juge lui a expliqué que sa déclaration de culpabilité était confirmée et que sa condamnation avait été ramenée de 10 à huit ans de prison.

Une autre audience a eu lieu en octobre 2025, lors de laquelle une décision sur un recours aurait été rendue sans qu’aucune information détaillée soit communiquée à ses proches ni à son avocat au Royaume-Uni. Un jugement définitif a conclu la procédure en avril 2026, confirmant le verdict de culpabilité et fixant sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement.

D’après le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, dans une communication qui lui a été adressée le 2 mai 2025, les autorités saoudiennes « affirment qu’il existe des éléments prouvant que M. al Doush a commis des infractions terroristes, notamment son soutien à l’idéologie terroriste, ses rencontres avec des sympathisants et des partisans de l’idéologie terroriste, et son utilisation du réseau d’information pour commettre des infractions terroristes et promouvoir l’idéologie terroriste, passibles de sanctions selon les articles 34 et 43 de la Loi relative aux infractions liées au terrorisme et à son financement ».

Dans un avis publié le 2 mars 2026, le Groupe de travail estime que le gouvernement saoudien « n’a pas fourni d’informations détaillées ni étayées » expliquant en quoi les modes d’expression et d’association d’Ahmed al Doush constituaient une menace nécessitant un placement en détention et conclut que « la privation de liberté d’Ahmed Ali al Doush, étant contraire aux articles 9, 10, 11, 18, 19 et 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, est arbitraire et relève des catégories I, II et III ».

Les proches d’Ahmed al Doush ont été privés de communication avec lui pendant deux mois et demi après son arrestation le 31 août 2024. Au cours de cette période, ils n’ont obtenu aucune information sur sa situation ou la raison de son arrestation. Son épouse et ses enfants ont été laissés dans l’ignorance quant à son bien-être, au lieu, aux motifs et aux conditions de sa détention, à la possibilité qu’il rentre chez lui et au délai dans lequel il pourrait rentrer le cas échéant.

Il a également été privé de visite consulaire de représentant·e·s diplomatiques du Royaume-Uni pendant cette période, ce qui a gravement entravé la capacité du gouvernement britannique et de sa famille à obtenir des informations à propos de lui, de sa détention et des mesures qu’ils pourraient prendre pour faciliter sa libération. Ce n’est que le 17 novembre 2024 qu’Ahmed al Doush a été autorisé à téléphoner à son épouse. Il a ensuite été autorisé à téléphoner chaque semaine à sa famille.

Cependant, depuis janvier 2025, ces appels ont été interrompus et sont désormais sporadiques. Il a déclaré à ses proches que ses communications avec eux étaient restreintes par les autorités à titre de sanction pour avoir demandé à son épouse des informations sur des personnes qui avaient récemment été libérées en Arabie saoudite.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Monsieur le Ministre

Je vous écris pour vous faire part de ma vive inquiétude pour la santé mentale du ressortissant britannique Ahmed al Doush, qui est détenu arbitrairement et purge une peine de cinq ans de prison prononcée à l’issue d’un procès inique. Ahmed al Doush a été arrêté à l’aéroport international King Khalid de Riyadh le 31 août 2024 alors qu’il allait rentrer au Royaume-Uni avec son épouse et leurs trois enfants après un séjour en Arabie saoudite.

Les autorités saoudiennes n’ont partagé aucun document judiciaire avec sa famille, y compris les jugements rendus en première instance et en appel. Ahmed al Doush a informé ses proches que sa détention était liée à des activités anciennes sur les réseaux sociaux et à ses prétendus liens avec un opposant saoudien en exil avec qui il n’a aucune relation, si ce n’est qu’il connaît son fils.

D’après les informations que les autorités saoudiennes ont communiquées au Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire le 2 mai 2025, Ahmed al Doush était accusé d’avoir commis des « infractions terroristes » et a été inculpé au titre des articles 34 et 43 de la Loi de lutte contre le terrorisme – les mêmes dispositions qui ont été utilisées dans des cas similaires de criminalisation de l’expression sur les réseaux sociaux.

Le Groupe de travail s’est déclaré « convaincu par les éléments montrant que la détention de M. al Doush fait suite à ses publications de réseaux sociaux et à ses liens supposés avec un détracteur connu du gouvernement d’Arabie saoudite, et que son arrestation et son maintien en détention en découlent ».

Ahmed al Doush n’a été autorisé à communiquer avec sa famille que par téléphone et de manière restreinte. Il a indiqué à son épouse en avril 2025 que les autorités pénitentiaires lui avaient ordonné de seulement prendre des nouvelles d’elle et de ses enfants lors des appels, et lui avaient dit que s’il évoquait quoi que ce soit d’autre, notamment ses conditions de détention, sa santé, ses procédures judiciaires ou les charges retenues contre lui, l’appel serait coupé et il serait sanctionné.

Sa famille a signalé qu’il avait récemment été privé de contact avec elle pendant près de trois semaines car il avait parlé en anglais à ses enfants.

Le Tribunal pénal spécial utilise régulièrement des dispositions floues de la législation sur la cybercriminalité et la lutte contre le terrorisme, qui assimilent l’expression pacifique d’opinions à du « terrorisme ».

Amnesty International recueille des informations sur la répression croissante de la liberté d’expression en Arabie saoudite, qui cible des personnes de nationalité saoudienne comme étrangère, dont beaucoup sont condamnées à de lourdes peines de prison pour avoir simplement exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Les autorités saoudiennes doivent libérer Ahmed al Doush immédiatement et sans condition.

Dans l’attente de sa libération, elles doivent empêcher de nouvelles violations de ses droits à un procès équitable et veiller à ce qu’il puisse communiquer régulièrement avec sa famille et ses avocats.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

VOS APPELS : anglais et arabe. Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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