Écrire Un ressortissant franco-égyptien détenu doit être libéré

Le ressortissant franco-égyptien Amr Abdelfattah est détenu en Arabie saoudite depuis plus de deux ans.

Il a été interpellé en juin 2024 en raison d’un visa invalide alors qu’il effectuait le pèlerinage du Hadj. Il a été jugé par le Tribunal pénal spécial et a appris au cours du procès qu’il était également inculpé d’infractions liées à la liberté d’expression.

En août 2026, son avocat en France a appris qu’il avait été condamné à « des années » de prison, sans plus de précisions sur la peine spécifique ni les motifs de cette condamnation.

Depuis son arrestation, les autorités saoudiennes lui ont refusé la possibilité de consulter pleinement un avocat, l’ont soumis à des séquences répétées de torture et de mauvais traitements, l’ont détenu au secret et l’ont à plusieurs reprises privé de tout contact avec sa famille.

Elles doivent le libérer immédiatement.

Amr Abdelfattah est un ressortissant franco-égyptien, père de trois enfants, ingénieur et spécialiste en télécommunications et professeur d’université, qui vit en France depuis 2009. Il s’est rendu en Arabie saoudite pour la première fois en juin 2024 pour effectuer le pèlerinage du Hadj avec son épouse.

Le 16 juin 2024, Amr Abdelfattah a tout d’abord été détenu au poste de police de Haram à La Mecque, avant d’être transféré le lendemain à la prison centrale de Dhahban, près de Djedda. Selon son avocat en France, il a régulièrement subi des actes de torture et des mauvais traitements tout au long de sa détention, et des sources crédibles ont rapporté avoir vu des marques de violences physiques sur son corps. Son avocat en France a informé Amnesty International que le 23 août 2024, il avait été jeté contre un mur et menacé de mort pendant un interrogatoire. Le 23 décembre 2024, il a été bloqué et battu par six agents portant des masques, a perdu connaissance et a été emmené à l’hôpital.

Le 11 mars 2025, il a été contraint de courir les pieds attachés et privé de nourriture pendant 24 heures. Entre décembre 2025 et janvier 2026, il a été menacé et agressé par des codétenus. Le 11 mai 2026, des gardiens l’ont roué de coups après qu’il eut demandé le transfert d’un détenu qui représentait un danger pour les autres prisonniers. Il présentait des blessures visibles sur le visage et le corps.

Amr Abdelfattah souffre de problèmes de sommeil et d’astigmatisme, mais n’a pas pu avoir ses lunettes depuis janvier 2025. Il a déclaré à sa famille que du fait des violences répétées et des périodes d’isolement dans des conditions éprouvantes, il souffre désormais de douleurs dorsales, de difficultés au niveau des jambes et d’une mobilité réduite de la main gauche. Il n’a pas passé d’examen médical adéquat ni reçu de traitement adapté pour ces symptômes.

À partir de septembre 2024, trois mois après son arrestation, Amr Abdelfattah a été autorisé à passer chaque semaine un appel téléphonique de 15 minutes à son épouse, mais ces appels étaient surveillés et interrompus dès qu’il tentait d’évoquer les conditions de sa détention ou l’évolution de son dossier.

Entre le 5 août 2025 et le 5 avril 2026, tout contact avec sa famille était interdit, y compris par téléphone. Depuis, les contacts ont repris de manière restreinte. D’après sa famille, il est uniquement autorisé à parler arabe pendant les appels, afin que les autorités pénitentiaires puissent surveiller les conversations.

Amnesty International recueille des informations sur la répression de la liberté d’expression en Arabie saoudite à l’égard de personnes de nationalité saoudienne comme étrangère, dont beaucoup sont condamnées à de lourdes peines de prison pour avoir simplement exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression.

J'agis

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Monsieur le Ministre,

Je vous écris afin de vous faire part de ma vive inquiétude quant à la détention et aux violations du droit à un procès équitable d’Amr Abdelfattah, ingénieur en télécommunications franco-égyptien incarcéré en Arabie saoudite depuis le 16 juin 2024 après avoir été arrêté alors qu’il effectuait son pèlerinage du Hadj.

Amr Abdelfattah a été interpellé par des agents des forces de sécurité saoudiennes à La Mecque ; ils lui ont demandé de présenter son permis pour le Hadj et l’ont informé que le document qu’il possédait n’était pas valide. Sa famille a par la suite explqué à Amnesty International qu’ils avaient été victimes d’une arnaque au visa, un problème qui a concerné d’autres pèlerins voyageant pour le Hadj.

Lorsqu’Amr Abdelfattah a été traduit en justice devant le Tribunal pénal spécial, près d’un an après son arrestation, il a appris qu’il était également accusé de plusieurs infractions liées à la liberté d’expression, notamment d’« outrage au gouvernement du Royaume », « offense au chef de l’État » et violation de la loi antiterroriste pour avoir « fait l’éloge de personnes détenues » ; aucune de ces infractions n’est reconnue par le droit international.

Sa famille pense que ces accusations découlent de propos qu’il a tenus devant un policier après son arrestation.
Le Tribunal pénal spécial est connu pour bafouer les droits à une procédure régulière et utilise fréquemment des dispositions vagues de la législation sur la cybercriminalité et la lutte contre le terrorisme, qui assimilent l’expression pacifique d’opinions à du « terrorisme ».

Amr Abdelfattah n’a pas été autorisé à bénéficier des services d’un·e avocat·e tout au long de la procédure judiciaire ; la plupart des audiences se sont déroulées en l’absence de son avocat ou de représentants du consulat français. En août 2026, son avocat en France a appris qu’il avait été condamné à « des années » de prison, sans plus de précisions sur la peine spécifique ni les motifs de cette condamnation.

Par ailleurs, je suis très inquiet·ète au sujet des allégations selon lesquelles Amr Abdelfattah a été soumis à des actes de torture et des mauvais traitements pendant sa détention à la prison centrale de Dhahban. Les gardiens l’ont roué de coups, obligé à courir avec les pieds attachés et privé de nourriture. En décembre 2024, il a perdu connaissance après avoir été frappé par des gardiens et a été conduit à l’hôpital. Il souffre aussi d’une grave détresse psychologique depuis son arrestation.

Les autorités saoudiennes doivent libérer Amr Abdelfattah immédiatement et sans condition. Dans l’attente de sa libération, elles doivent empêcher de nouvelles violations de ses droits à un procès équitable, veiller à ce qu’il puisse communiquer régulièrement avec sa famille et ses avocats, et mener rapidement une enquête indépendante et efficace sur ses allégations de torture et de mauvais traitements.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

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