Écrire Risque pour la santé d’un manifestant placé en détention à cause d’un t-shirt contre la torture

Portrait de Mahmoud Hussein alors qu'il a été libéré de prison en Egypte

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous dans le cadre bleu et envoyez-le au Procureur général, Hamada al Sawi par email : p.spokesman@op.gov.eg
Vous pouvez aussi envoyer votre message en copie à l’ambassade d’Egypte à Bruxelles : eg.sec.be@hotmail.com

Vous pouvez aussi personnaliser votre courrier avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il parvienne aux destinataires. Veillez à ce que votre courrier soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions faire un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre mail.

Mahmoud Hussein, un manifestant qui avait déjà passé deux ans en détention provisoire arbitraire pour avoir porté un T-shirt dénonçant la torture, a de nouveau été arrêté le 30 août 2023. Libéré sous caution en 2016, il a ensuite été déclaré coupable d’accusations forgées de toutes pièces et condamné par contumace à une peine de prison par un tribunal d’exception dans le cadre d’un procès inique entaché d’allégations de torture. Il est détenu à la prison Badr 1 dans l’attente de son nouveau procès et les préoccupations quant à sa santé sont vives. Mahmoud Hussein est détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits fondamentaux, notamment pour avoir porté un T-shirt contre la torture.

Il doit donc être remis en liberté immédiatement et sans condition.

Les forces de sécurité ont arrêté une première fois Mahmoud Hussein, alors âgé de 18 ans, le 25 janvier 2014, au lendemain des manifestations marquant le troisième anniversaire de la révolution du 25 Janvier. Elles l’ont stoppé à un poste de contrôle dans le quartier d’El Marg, dans le nord du Caire, alors qu’il rentrait chez lui après les manifestations à bord d’un bus, et ce de manière arbitraire au motif qu’il portait un T-shirt arborant le slogan « Nation sans torture » et une écharpe avec le logo de la révolution du 25 Janvier.

Amnesty International a documenté le fait qu’à la suite de son arrestation en 2014, des agents de l’Agence de sécurité nationale lui ont infligé des actes de torture et des mauvais traitements, notamment en lui assénant des coups et des décharges électriques sur les mains, le dos et les testicules. En conséquence, il a « avoué » sous la contrainte appartenir à une organisation interdite, détenir des cocktails Molotov et des grenades, et participer à des manifestations non autorisées, ses « aveux » étant filmés. Le lendemain de ces « aveux » devant la caméra, Mahmoud Hussein a été emmené pour être interrogé par le service du procureur général de la sûreté de l’État. Il a nié toutes les accusations portées à son encontre et déclaré qu’il avait été torturé et contraint de faire des « aveux ».

Cependant, le procureur n’a pas réclamé d’examen médicolégal, ni ordonné l’ouverture d’une enquête sur ses allégations de torture. Mahmoud Hussein a passé six jours au commissariat d’El Marg avant d’être emmené à la prison d’Abu Zabaal, où il a été battu à son arrivée. En mai 2014, il a été transféré à la prison de Tora, au Caire, où on l’a de nouveau passé à tabac à deux reprises au moins. Il a finalement été transféré à la prison des investigations de Tora, toujours au Caire. Il a été maintenu en détention provisoire sous le numéro d’affaire 715 de 2014, à El Marg, et déféré au tribunal le 31 janvier 2016. Le 24 mars 2016, il a été libéré sous caution pour la somme de 1 000 livres égyptiennes (environ 30 euros).

Mahmoud Hussein est actuellement détenu à la prison de Badr 1, située à 70 kilomètres au nord-est du Caire, où, selon les recherches d’Amnesty International, les prisonniers se plaignent de conditions cruelles et inhumaines, notamment de privation délibérée de soins médicaux, d’exposition au froid extrême et de surveillance constante via des caméras. Les visites des familles ne sont autorisées que tous les deux mois, pendant 20 minutes, et il faut parler à travers une vitre, ce qui empêche tout contact direct et physique avec ses proches. Cela enfreint les règlementations carcérales en vigueur en Égypte, qui prévoient des visites d’une durée minimum de 45 minutes pour les prisonniers en détention provisoire.

La nouvelle arrestation de Mahmoud Hussein s’inscrit dans une vague de recrudescence d’interpellations visant des détracteurs et des proches de dissident·e·s habitant à l’étranger. En août 2023, les autorités ont arrêté les pères d’Ahmed Gamal Ziada, journaliste égyptien basé en Belgique, et de Fagr al Adly, militant ayant la double nationalité allemande et égyptienne, qui vit en Allemagne. Tous deux ont été interrogés sur les activités militantes de leurs fils. Un autre militant et ancien détenu, Ahmed Hamdy al Sayed, également connu sous le nom de « Gika », a de nouveau été arrêté en juin 2023 puis soumis à une disparition forcée jusqu’au 27 août, date à laquelle le parquet a ordonné son placement en détention dans l’attente d’une enquête sur des accusations forgées de toutes pièces de « diffusion de fausses nouvelles ».

L’opposant bien connu Hisham Kassem est détenu arbitrairement depuis le 20 août dernier uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Le 16 septembre, il a été déclaré coupable de diffamation, d’« outrage » à des fonctionnaires et d’autres accusations à caractère politique, et condamné à six mois d’emprisonnement assortis d’une amende. Le 2 septembre, un militant connu, Mohamed Adel a été condamné à quatre ans d’emprisonnement sur la base d’accusations infondées de « diffusion de fausses nouvelles ». Ces arrestations et poursuites acharnées illustrent le manque de volonté des autorités de mener de véritables réformes, malgré la libération récente d’une poignée de détracteurs et le lancement qui a tant tardé du Dialogue national avec les entités de l’opposition politique en mai 2023.

Selon les estimations d’Amnesty International, du 1er août au 13 septembre 2023, au moins 385 personnes accusées d’appartenance à des organisations terroristes, de « diffusion de fausses nouvelles » ou d’« utilisation abusive des réseaux sociaux » ont été arrêtées, interrogées par le service du procureur général de la sûreté de l’État et placées en détention dans l’attente d’investigations.
Des charges similaires portées dans le cadre de nouvelles affaires ont été présentées par le service du procureur général de la sûreté de l’État contre 17 personnes maintenues en détention provisoire prolongée, une pratique connue sous le nom de « rotation ». Au cours de la même période, ce service a libéré 47 personnes détenues pour des motifs politiques, dans l’attente d’investigations ou à la faveur d’une amnistie présidentielle.

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