Le matin du 11 décembre 2025, la Cour suprême des États-Unis a refusé de prononcer un sursis sur la base du recours formé contre le protocole d’injection létale du Tennessee. L’exécution de Wayne Nichols s’est déroulée peu après à la prison de sécurité maximale de Riverbend à Nashville. Il a été déclaré mort à 10 h 39, selon l’administration pénitentiaire.
Les autorités ont diffusé une déclaration du beau-frère de la victime au nom de la famille, remerciant la police, le parquet et les services carcéraux pour leurs « efforts inlassables afin d’obtenir justice ». « Cela fait 37 ans que nous attendons, dans l’espoir que justice soit rendue [...] Aucun châtiment ne pourra jamais compenser la perte de la vie [de notre proche] ni le préjudice causé à notre famille [...]. Mais ceci est un début. Nous sommes soulagés que ce cauchemar soit terminé et sommes réconfortés par l’idée qu’il ne pourra plus jamais faire de mal à qui que ce soit d’autre. À l’avenir, notre famille se concentrera sur les souvenirs heureux de [notre proche] et ne sera plus jamais retraumatisée par ce monstre. »
Quelques jours plus tôt, le 2 décembre, le gouverneur Bill Lee a signé une proclamation pour la Journée des droits de l’homme, à l’approche du 77e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Citant le préambule de la DUDH, selon lequel « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde », et affirmant que « l’État du Tennessee maintient son engagement sans faille en faveur des droits civils et humains pour tous les citoyens », le gouverneur Lee a proclamé le 10 décembre 2025 « Journée des droits de l’homme au Tennessee » et a encouragé les citoyens à se joindre à lui dans « la digne observance de cette Journée ».
Le 9 décembre, le gouverneur Lee a diffusé une déclaration publique, affirmant notamment : « Après avoir mûrement réfléchi au sujet du recours en grâce formulé par Harold Wayne Nichols, et examiné le cas de manière rigoureuse, je confirme la condamnation prononcée par l’État du Tennessee et ne prévois pas d’intervenir. »
Les avocats de Wayne Nichols ont répondu : « Nous sommes profondément attristés et gravement déçus par la décision du gouverneur Lee de refuser d’accorder une grâce à Wayne Nichols. Wayne a passé des décennies à rendre des comptes pour ses actes, à œuvrer à transformer sa vie, et à devenir une personne extraordinaire à laquelle des fonctionnaires carcéraux, des responsables religieux et de nombreuses personnes autour de lui ont accordé leur amitié et leur confiance.
Cette décision néglige les innombrables preuves de la réadaptation de Wayne, ainsi que la conviction de jurés et de procureurs qu’il ne devrait pas être exécuté, et les graves problèmes, non résolus, soulevés dans une procédure en cours, notamment des questions sur le protocole de mise à mort au Tennessee et l’accès à des informations et registres en matière d’exécution . »
Depuis que la Cour suprême fédérale a approuvé les lois révisées relatives à la peine capitale en 1976, 1 653 personnes ont été exécutées aux États-Unis. Les 46 exécutions menées aux États-Unis cette année représentent le total le plus élevé depuis 2012, et ont eu lieu dans 11 États (Alabama, Arizona, Floride, Indiana, Louisiane, Mississippi, Oklahoma, Caroline du Sud, Tennessee et Texas).
Cette exécution était la troisième de l’année au Tennessee. Les 16 exécutions auxquelles le Tennessee a procédé depuis 1976 se sont déroulées depuis avril 2000.
Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances.