Écrire Un tribunal prolonge la détention d’un jeune homme de 45 jours

Le 16 novembre, un tribunal du Caire a décidé une nouvelle fois de prolonger la détention du prisonnier d’opinion Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein de 45 jours.

Le 16 novembre, un tribunal du Caire a décidé que Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein serait maintenu en détention 45 jours supplémentaires. Ce jeune homme a été déféré à 12 h 45, heure locale. Parmi ses avocats figure l’ancien candidat à l’élection présidentielle Khaled Ali. Son frère, Tarek Tito, a expliqué à Amnesty International que la défense avait présenté ses arguments et que le juge avait renouvelé l’ordre de détention à 14 h 15.

Mahmoud Hussein est actuellement détenu à la prison de Tora, au Caire.
Près de 145 000 personnes de 138 pays ont signé la pétition d’Amnesty International pour demander sa libération. Il a été arrêté le 25 janvier 2014 dans un bus, alors qu’il rentrait chez lui, parce qu’il portait un t-shirt aux couleurs de l’« Action en faveur d’une nation sans torture » et une écharpe affichant le logo de la « révolution du 25 janvier ». Il a été battu en détention et contraint, sous la torture, à faire des « aveux » filmés.

Aux termes du droit égyptien, la période de détention précédant un procès pour des charges passibles de la réclusion à perpétuité ou de la peine de mort peut durer deux ans. Mahmoud Hussein est accusé d’appartenir à un groupe interdit, de détenir des armes et d’avoir reçu de l’argent en contrepartie de sa participation à une manifestation. Ces accusations sont forgées de toutes pièces.

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Régulièrement, Mahmoud Hussein écrit des lettres et fait des dessins pour d’autres prisonniers politiques détenus dans toute l’Égypte. Il a adressé deux lettres et envoyé un dessin à Amnesty International. Selon sa famille, la direction de la prison lui a retiré son matériel de dessin et ne lui fournit pas de vêtements d’hiver.

Le 8 octobre, cet étudiant de 19 ans a vu son ordre de détention prolongé de 45 jours. Il a été battu pour la dernière fois le 14 juillet à la prison d’appel du Caire. Son frère a expliqué que deux gardiens l’avaient frappé à l’estomac et giflé lorsqu’il avait voulu récupérer ses effets personnels après avoir appris son transfert prochain vers un autre établissement carcéral.

Selon sa famille, il avait déjà reçu des coups dans cette prison un an auparavant. Ses proches ont indiqué avoir déposé des plaintes auprès du parquet général pour actes de torture et autres mauvais traitements. Le ministère public a déclaré avoir ouvert une enquête à ce sujet mais, d’après le frère et l’avocat de l’intéressé, la famille n’a pas encore été informée de l’avancée de la procédure. Le jeune homme a été transféré vers la prison de Tora, au Caire, le 25 juillet.

Il a été arrêté le 25 janvier 2014, trois ans après le soulèvement de 2011, parce qu’il avait participé à une manifestation organisée dans le centre de la capitale égyptienne contre les Frères musulmans et le régime militaire. Il rentrait chez lui en bus lorsque les forces de sécurité ont bloqué le véhicule à un poste de contrôle à El Marg, dans la banlieue nord-est du Caire. Il a été appréhendé car il portait un t-shirt aux couleurs de l’« Action en faveur d’une nation sans torture » et une écharpe affichant le logo de la « révolution du 25 janvier ».

Sa famille et son avocat ont raconté qu’il avait demandé la raison de son arrestation et qu’il avait alors été passé à tabac par cinq policiers en civil qui l’avaient traîné par les pieds jusqu’à un petit poste de police situé à proximité. Là, ils avaient continué à le frapper une demi-heure durant avant de l’emmener au poste de police d’El Marg, où ils avaient continué à lui asséner des coups de poing et de matraque pendant environ une heure. Cette pratique est connue sous le nom de « cérémonie d’accueil » dans les postes de police et les prisons.

Mahmoud Hussein a ensuite été placé dans une cellule avec environ 50 personnes, selon son avocat. Cette cellule, à l’intérieur du poste, est pourtant conçue pour accueillir 16 détenus. D’après ce que Mahmoud Hussein a rapporté à son avocat et à son frère, ses codétenus l’ont frappé et menacé pendant environ trois heures, encouragés par les policiers, jusqu’à ce qu’il soit conduit auprès d’agents de la sécurité nationale, qui l’ont interrogé sur place. L’un d’eux lui a dit qu’il lui donnerait des « aveux » à réciter devant une caméra. Mahmoud Hussein a refusé d’obtempérer, déclarant qu’il n’avouerait pas des infractions qu’il n’avait pas commises. Il a ensuite été battu et on lui a infligé des décharges électriques sur le dos, les mains et les testicules pendant quatre heures. Il a finalement indiqué à l’agent qu’il « avouerait » tout ce qu’on lui demandait pour que cessent les tortures. L’agent a alors filmé Mahmoud Hussein « avouant » des accusations forgées de toutes pièces : « appartenance à un groupe interdit », « détention de cocktails Molotov et de grenades à main », « participation à une manifestation non autorisée en contrepartie d’une somme d’argent ».

Le lendemain, Mahmoud Hussein a été conduit au bureau du procureur de la sûreté de l’État au Caire, qui est chargé d’enquêter sur les infractions liées aux questions de sécurité nationale. Il a nié toutes les accusations portées à son encontre et déclaré qu’il avait été torturé et contraint de faire des « aveux ». Cependant, le procureur n’a pas réclamé d’examen médicolégal, ni ordonné l’ouverture d’une enquête sur ses allégations de torture. Mahmoud Hussein a passé six jours au commissariat d’El Marg avant d’être emmené à la prison d’Abu Zabaal, où il a été battu à son arrivée. En mai 2014, il a été transféré vers la prison d’appel du Caire. Il est actuellement détenu à la prison de Tora, toujours au Caire.

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