Écrire Un militant détenu se voit refuser toute rencontre avec un avocat

Peter Biar Ajak, militant et universitaire sud-soudanais, a été arrêté par le Service de la sécurité nationale (NSS) à l’aéroport international de Djouba le 28 juillet. Il est actuellement détenu au siège du NSS à Djouba. Il n’a pas été informé du motif de son arrestation et n’a pas encore été autorisé à consulter un avocat.

Peter Biar Ajak est un universitaire sud-soudanais qui a étudié à Harvard, un militant et le président du Forum des jeunes leaders sud-soudanais. Il a été arrêté par des agents du NSS à l’aéroport international de Djouba samedi 28 juillet, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Aweil pour participer au forum des jeunes qu’il avait organisé. Peter Biar Ajak est un fervent détracteur du gouvernement sud-soudanais.

Lors de son arrestation, les agents lui ont présenté un mandat d’arrêt dont la date remontait à au moins une semaine.

Même si sa famille a été autorisée à lui rendre visite au siège du NSS à Djouba, Amnesty International craint qu’il ne soit détenu à l’isolement. Il n’a pas été autorisé à consulter un avocat. Il doit encore être déféré devant un tribunal et le motif de son arrestation demeure flou. Cependant, son arrestation serait liée au fait qu’il organisait un forum des jeunes à Aweil.

Depuis le début du conflit armé interne au Soudan du Sud en décembre 2013, des centaines de personnes, pour la plupart des hommes, sont détenues sous l’autorité du Service de la sécurité nationale (NSS) et de la Direction du renseignement militaire dans divers centres de détention à travers la capitale, Djouba. Nombre d’entre elles sont incarcérées dans la catégorie « prisonniers politiques » car elles sont accusées d’avoir communiqué avec l’opposition ou de l’avoir soutenu.

Amnesty International a recueilli des informations sur de nombreux cas de détention arbitraire par le NSS dans divers centres, où les détenus sont souvent victimes d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements – certains sont détenus au secret sans pouvoir consulter un avocat ni communiquer avec leurs proches. D’autres ont été victimes de disparition forcée. Dans le centre de détention du siège du NSS, près de Djébel, les détenus consomment des aliments peu variés (haricots et ugali) et la plupart d’entre eux dorment par terre. Certains sont roués de coups, en particulier pendant les interrogatoires ou à titre punitif. En raison des mauvaises conditions de vie dans les prisons, ainsi que d’un accès insatisfaisant aux soins médicaux, la santé des détenus se détériore bien souvent.

Détention prolongée et arbitraire, disparitions forcées et torture et autres mauvais traitements sont fréquemment employés par les autorités au Soudan du Sud depuis que le conflit a éclaté en décembre 2013. Toutefois, il semble que ceux qui sont perçus comme affiliés à l’opposition soient de plus en plus ciblés depuis les affrontements entre les forces du gouvernement et de l’opposition à Djouba en juillet 2016, dans le cadre de la campagne anti-insurrectionnelle de plus en plus virulente menée par le gouvernement contre ses opposants réels ou présumés.

Au Soudan du Sud, l’environnement politique tolère de moins en moins la critique des actions et des politiques du gouvernement, ce qui se traduit par l’intimidation, le harcèlement et la détention de militants de la société civile, de défenseurs des droits humains et de journalistes indépendants. Cela a engendré un climat d’autocensure parmi les médias et les défenseurs des droits humains où, du fait d’une surveillance d’État omniprésente, les gens ne se sentent plus assez en sécurité pour parler librement et ouvertement du conflit qui déchire le pays.

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